LA BRIDE
n dessus de tète avec frontail et sous-gorge, deux montants, le mors et les rênes, telles sont les pièces composant la bride du moyen âge, bride fort simple, sans muserolle ni gourmette apparente. Ces pièces ressemblent presque toutes à
celles que nous employons aujourd'hui, le mors et les rênes demandent seuls quelques explications.
Le mors jusque vers la fin du treizième siècle a ses branches longues, droites ou coudées en arrière, de façon à communiquer à son action une grande puissance , reliées
ensemble à leur extrémité par une traverse où s'attachent les rênes. Si Ton peut prendre pour type
Fig. lyi.
D'après le sceau
de Jean, comte de
Bcaumont, 12 17.
Fig. 192.
D'après le sceau
de Robert IL duc de
Bourgogne, 1273.
Fig. 193.
D'après le sceau
de Charles d'Anjou.
roi de Sicile, 12S0.
la bride figurée sur le sceau de Charles d'Anjou, roi de Sicile, en 128g,
Fig. 194.
D'après le sceau
de Henri d'Avaugour,
cette traverse était percée près de chaque branche d'un trou où la rêne était arrêtée par un touret. Au
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lieu d'une seule traverse il en existe quelquefois deux ; alors les rênes se fixent à la plus basse.
La différence de ce mors avec celui du quatorzième
siècle et des suil'addition, à l'extrébranche, d'un andésormais la rêne, servent la même sance d'action et a de changé que le
Fig. 195.
D'après le sceau
de Jean de Chalon.
i3oi.
vants consiste en mité de chaque neau où s'attachera Les branches conlongueur, leur puisleur traverse. Il n'y point de départ des
renés.
Il est plus difficile d'expliquer comment celles-ci finissaient à la main du cavalier, cachée, la plupart du temps, par le bouclier. Aux douzième et treizième siècles, les rênes se terminaient habituellement par un
Fig. 196.
D'après le sceau
de Gui de Lusignan,
Fig. 197.
D'après le sceau de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne. 1 4.12.
Fig. 198.
D'après le sceau
d'Airaery, vicomte
de Thouars, 1204.
anneau de métal de grande dimension, quelquefois par un nœud. A partir de cette date, on les perd de vue jusqu'au quinzième siècle, où elles sont fermées par une boucle.
Les anciennes rênes étaient ordinairement faites de
cuir. Quelques-unes, ce qui est fort rare, paraissent entièrement confectionnées en chaînette. A partir de la fin du quatorzième siècle, avec les représentations d'apparat, les rênes, simples jusque-là, s'élargissent pour mieux se couvrir de broderies, elles se bordent
Fi g. 199.
D'après le sceau
de Cliarles-Quint.
Fig. 200.
D'après le sceau
de Philippe le Beau.
ardiiduc d'Autriche. 1483.
Fig. 201.
D'après le sceau
de Charles le Téméraire.
duc de Bourgogne. 1468.
de franges, se découpent, se festonnent, et alors elles aboutissent au mors par l'intermédiaire d'une chaîne ; ou si les rênes ordinaires sont conservées, elles se compliquent de doubles rênes de parade , artificielles, sans action, qu'on attache d'habitude à l'extrémité supérieure de la branche.
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