MAIRES ET ÉCHEVINS
Initiale du xive siècle,
tirée du ms. fr. n° 2092,
a la Biblioth. nat.
armi les sceaux que les villes nous ont transmis, quelques-uns représentent un personnage principal, debout au milieu d'un groupe, ou à cheval et suivi d'une troupe armée. Que ce personnage, tout couvert de fer, brandisse son épée ou que, revêtu du costume civil, il tienne à la main une branche, symbole d'autorité, il figure, sous ces deux aspects, le chef de la commune, le mayeur, le maire accompagné du corps échevinal. D'autres fois, le mayeur occupe seul le champ du sceau. D'autres fois encore, les
monuments sigillographiques le s^jp . c^2 reproduisent en buste, tantôt
Êw^&C isolé, tantôt arrnmrvurnfi He têtes
isolé, tantôt accompagné de têtes
Fig. 297.
Le maycur
de Capdenac,
Fig. 298.
D'après le sceau
de Metz,
cTéchevins. Enfin, sur certains sceaux de villes, on remarque plus spécialement des bourgeois, en pied ou
assis, répondant selon les pays à la désignation de pairs, d'échevins, de jurés, de consuls.
L'imagerie particulière aux membres de l'assemblée que Ton appelait dans nos provinces du nord le magistrat commence dès le douzième siècle. L'étude de leur habillement dans ses rapports avec l'élément civil ne sera pas sans
utilité pour l'histoire du costume national.
Les maires ont la tête nue, les cheveux courts sur le front, longs sur les côtés et par derrière, comme la noblesse les portait, comme les ecclésiastiques les portent encore de nos jours. La coiffure des échevins offre plus de variété. Les uns laissent leur tête découverte à la façon des maires, d'autres mettent un bonnet ou un chapeau ; certains font usage d'un chaperon ou bien de la coiffe, sorte de béguin attaché sous le menton, et tout à fait semblable au béguin de nos enfants. Nous donnons ici diverses coupes de chaperon
Fig. 299.
D'après le sceau
de Compicgnc.
111* siècle.
Fig. 3oo.
D'après le sceau de
Sois son s, xn« siècle.
Fig. 3oi.
D'apr«.s
le sceau
de boulions,
Fig. 3o2.
D'après
le sceau de Doullcns,
MAIRES ET ECHEVINS
d'après des sceaux des quatorzième et quinzième siècles. Certaines têtes échevinales, malgré leur facture
Fig. 3o3.
Chaperon de i3i3.
fi
Fig. 304. Fig. 3o5.
Chaperon de i352. Chaperon de i368.
Fig. 3o6.
Chaperon de 1437.
Fig. 307.
D'après
le sceau
de Meulan,
xii* siècle.
Fig. 3o8.
D'après le sceau
de Meulan,
xii* siècle.
barbare, frapperont certainement les artistes par leur caractère, et leur rappelleront plutôt les types de la colonne Trajane que les têtes vulgaires des modèles d'atelier.
L'habillement apparent des maires comporte deux tuniques, des chausses, le manteau et quelquefois la cotardie. Au douzième siècle, époque des robes longues, la tunique supérieure se nomme le bliaud. C'est un vêtement étroit des bras et descendant au poignet, ajusté de la poitrine, à jupe plissée, fendue devant et derrière, tombant avec ampleur jusqu'aux pieds et même beaucoup plus bas (fig. 309). Une ceinture ornée le retient à la taille ; un bouton le ferme à l'encolure. Le bliaud cache entièrement la tunique de dessous, tantôt complétant seul le vêtement extérieur, comme au type de la commune de Wailly, en 1195, tantôt accompagné d'un manteau posé sur une épaule et attaché sur l'autre par une bride lâche, par une agrafe, comme sur les sceaux de Corbie et d'Hesdin; ou bien encore
il est recouvert d'une cotardie, sans manches, semblable à celle que Ton voit au sceau de la ville de Saint-Pol. Les chausses sont collantes.
Dès le treizième siècle, le bliaud fait place au surcot, tunique plus courte, s'arrêtant à mi-jambe, garnie aussi d'une ceinture, et laissant apercevoir le vête-
Fig. 3oq. — I.c maire de Corbie, 1228.
ment de dessous, la cotte, qui se révèle par un pan de jupe d'étoffe légère, dépassant à peine le bord de la première tunique. Les surcots ne sont pas tous taillés sur le même patron, ils diffèrent surtout par les manches. Ainsi le sceau de la ville d'Avesnes offre un surcot avec des manches ajustées; elles sont larges dans le type du mayeur de La Rochelle.
Comme le bliaud, le surcot est quelquefois recouvert d'un manteau court, selon la mode du temps. On