LA VIERGE
'Église primitive multiplia les images du (ûli^* Christ. Le moyen âge se plut à répéter la ^à/sî^ figure de Marie. Par leurs nombreuses reproductions de la Vierge, les sceaux témoignent du pieux enthousiasme de l'époque.
Dès la première moitié du douzième siècle, ils la représentent dans sa gloire, en buste, à mi-corps, debout, assise, seule ou portant l'enfant Jésus, rappelant la tradition grecque ou conforme à la manière latine; ils figurent son Assomption et son Couronnement. De nombreuses Annonciations, la naissance de Jésus, l'Adoration des mages, des pietà, la Vierge au pied de la croix et puis au tombeau du Christ, nous racontent sa vie terrestre.
La Vierge seule. — Nous étudierons d'abord la Vierge seule, son vêtement et ses attributs.
Quelques types offrent l'image de Marie debout ou à mi-corps, de face, les deux mains ouvertes devant la poitrine, la paume en dehors, c'est-à-dire dans un geste d'adoration. C'est la Vierge orante dont les
LA VIERGE ET LES SAINTS
sceaux cTAdalbert d'Uzès, évêque de Nîmes, en 1174,
— de l'abbaye de Pontlevoy, en 1255, fournissent des exemples.
Parfois, une seule main reste orante, tandis que l'autre tient un sceptre fleuronné ou bien un fleuron; nous citerons à ce sujet les sceaux de l'abbaye de Cormeilles, en 1243, — du chapitre de Noyon, en 1174.
— Une main est orante et l'autre tient un livre au sceau du prieuré de Longpont, au douzième siècle.
On voit une Vierge de face, les mains jointes, dans le type du chapitre de Condé, en 11 63.
Les deux mains de la Vierge tiennent un livre ouvert devant la poitrine, sur le sceau de l'abbaye de Beaugency, en i3oo. Et, détail curieux, ses deux mains paraissent couvertes de son vêtement, comme les mains qui, dans l'antiquité, signifiaient le respect.
Marie tient un livre et un sceptre fleuronné dans les types de l'abbaye de Vicogne, en 1149 (fig. 461),
— de l'abbaye de Bonne-Espérance, en 11 55 (fig. 465).
— Le sceptre fleuronné devient un simple fleuron aux sceaux du chapitre de Noyon, en 1209, — de la prévôté de Watten, en 1279.
Au lieu d'un livre, la Vierge tient avec le sceptre un monde crucifère dans le type du chapitre de Notre-
Fig. 460.
D'après le sceau
de l'abbaye
de Pontlevoy,
Fig. 461.
D'après le sceau de l'abbaye
de Vicogne, 1 149.
Dame de Rouen, au douzième siècle ; — une croix,
dans celui du chapitre de Senlis, en I2i3 (fig. 466); — une couronne fermée, sur le sceau du chapitre de Tournay, en 1257.
La Vierge est assise sur des sièges de différentes formes : tantôt sur un simple banc, comme au sceau du chapitre de Corbeil, en 1222; tantôt sur un banc garni d'un coussin, comme au type du chapitre de Rouen au douzième siècle. Le sceau du chapitre de Saint- Jean de Lyon, en 1307, offre un banc à dossier. — Dans un type du chapitre de Paris, en 1259, la Vierge repose sur un siège d'architecture.
Elle est dans une chaière au sceau de l'abbaye d'Homblières, en 1223.
Le sceau de l'abbaye de Vicogne, en 1149, la représente sur un pliant. Marie est assise sur un arcen-ciel dans le type de l'abbaye de la Charité d'Angers, en 1232 (fig. 463). D.
Un nimbe entoure d'ordinaire la tête de la Vierge seule; lorsqu'elle est figurée sans la couronne, le nimbe ne manque jamais; ce nimbe est des plus simples, fort rarement perlé.
Fig. 463.
après le sceau du chapitre de Paris, 135g.
LA VIERGE ET LES SAINTS
Fig. 463.
Si nous considérons la coiffure, nous distinguerons les Vierges ne portant que le voile et les Vierges couronnées.
Le voile consiste dans une pièce d'étoffe légère posée sur la tête, cachant la naissance des cheveux et retombant sur les épaules. C'est un diminutif du pallium féminin chez les Carolingiens. Il se croise le plus souvent sur le devant du cou; d'autres fois ses deux extrémités ^^A^ retombent séparées, une sur chaque I232'
épaule. Des exemples de voile croisé devant le cou se voient aux sceaux de l'abbaye de Bonne -Espérance, en 1 155 (fig. 465), — du chapitre de Condé, en n63. — Les extrémités du voile tombent sur chaque épaule, dans le type du prieuré de la Charité-sur- Loire, en i2o3.
Chez les Vierges couronnées, la couronne se porte sur le voile ouvert ou croisé que nous venons de décrire. Elle comporte quatre fleurons, comme le démontrent les sceaux du chapitre de Paris, en 1259 (fig. 462), — du chapitre de Senlis, en 1213 (fig. 466). On remarque toutefois un diadème sans fleurons et décoré de pierres précieuses dans le type de l'abbaye de Fontgombaud, en 1268.
Fig. 464.
D'après le sceau de l'abbaye
de Fontgombaud, 1268.
Dans les figures de la Vierge seule, la chevelure se trouve complètement cachée. Nous ne connaissons qu'une seule exception où les cheveux débordent le voile. C'est le sceau de Notre-Dame de Parisien 1259 (fig. 462), qui le fournit.
Le vêtement de corps de la Vierge comporte deux tuniques et quelquefois un manteau.
La tunique extérieure, la seule apparente, consiste dans la stola, sorte de dalmatique ceinte ou déceinte, portant sur certains sceaux une bordure d'étoffe précieuse autour du cou, aux manches et au bas de la jupe. Elle est encore ornée, mais rarement, d'un clave, parement vertical semblable au parement de la chasuble sacerdotale.
Le sceau du chapitre de Noyon, en 1209, offre une large ceinture plate, des manches richement décorées et relevées de perles.
Un tour de cou précieux avec un parement vertical se voit au sceau du chapitre de Condé, en 11 63.
La stola constitue dans certains types le seul vêtement extérieur de la Vierge seule. Nous citerons à ce sujet les sceaux du chapitre de Condé, — de l'abbaye d'Eaucourt, en 1162, — du chapitre de Corbeil, en 1222.
Sur certains sceaux, la stola change de nature. Elle devient le bliaud collant et déceint, à longues manches pendantes, que nous avons vu figurer dans l'habillement féminin au douzième siècle. Les types de l'abbaye
LA VIERGE ET LES SAINTS
Fig. 465.
D'après le sceau de l'abbaye
de Bonne-Espérance,
de Vicogne, en 1149 (%• 4^0» — de l'abbaye de
Pontlevoy, en 1255, constatent ce
sacrifice à la mode de l'époque.
Lorsque la Vierge seule revêt
un manteau, ce vêtement comporte
des modèles différents.
Une chape attachée devant la
poitrine par un fermail se voit
aux sceaux de l'abbaye de Bonne- Espérance, en 11 55, — de l'abbaye
d'Étrun, en 1204.
Le manteau philosophique porté
sur une épaule et roulé autour de
la taille, à la façon du manteau des apôtres, figure dans le type du chapitre de Noyon, en 1209, — de l'abbaye d'Homblières, en 1223.
Les sceaux du chapitre d'Arras, en 1200, — de l'abbaye de Morienval , en 1 275 , offrent un manteau posé sur les deux épaules, les bords écartés sans attache apparente. Dans le type de Marie, abbesse de Sainte- Croix de Poitiers, en i3g6, la Vierge porte un manteau semblable tout semé de fleurs de lys.
Un manteau attaché sur l'épaule comme la chlamyde
antique drape la Vierge du chapitre de Senlis, en 121 3.
Fig. 466.
D'après le sceau du chapitre
de Senlis, 131 3.
On trouve enfin une Vierge revêtue de la pénule, dans le type de l'abbaye de Messines, en 1296.
Nous ne saurions parler en détail de la chaussure de Marie. Autant qu'on peut le voir sur les sceaux, le
soulier paraît fermé. Il est la plupart du temps indistinct.
En terminant ce qui regarde la Vierge sans l'enfant Jésus, il faudrait peut-être citer des exemples où des personnages raccompagnent. Nous renverrons seulement au sceau de Gérôme, général des frères Mineurs, en 1277, sur lequel la Vierge au cénacle figure entourée des apôtres, ou bien au sceau de la Faculté de médecine de Paris, en 1398, qui la représente entre quatre docteurs.
Fig. 4^7.
D'après le sceau de la Faculté
de médecine de Paris, i3yS.
La Vierge mère. — Certains établissements religieux ont conservé dans leur imagerie de la Vierge mère la tradition de l'église byzantine. Ils représentent Marie assise, tenant l'enfant Jésus assis de face entre ses genoux; la tète couverte simplement d'un voile, ou d'un voile et d'une couronne, et le voile est tantôt croisé devant le cou, tantôt ouvert. Ces Vierges ne sont pas nimbées. Elles portent la dalmatique seule ou recouverte d'une chape, ou bien le vêtement extérieur consiste en un manteau ouvert, rarement en une pénule.
LA VIERGE ET LES SAINTS 387
La coiffure de la Vierge de l'abbaye de Coulombs, en 1232, offre le voile seul; de plus, la colombe descend sur la tête de Marie, par allusion au nom de Coulombs. Sur le sceau du prieuré de Sauceuse, en i2o5, la Vierge porte la couronne fleuronnée. Dans le type du chapitre d'Evreux, au douzième siècle, on remarque un diadème sans fleurons.
La Vierge tient Jésus des deux mains, comme au sceau du chapitre de Soissons, en I23i (fig. 468), ou d'une seule main comme dans le type de l'abbaye de Coulombs; alors la main restée libre porte un fleuron.
En i2o5, le prieuré de Sauceuse offre une Vierge grecque revêtue de la chape fermée devant la poitrine. Sur le sceau de l'abbaye de Montebourg, au douzième siècle, on remarque un manteau ouvert. La Vierge porte une pénule dans le type déjà cité de l'abbaye de Coulombs.
Marie est assise sur un arc-en-ciel dans le type de l'abbaye de Montebourg, au douzième siècle, — sur un pliant, au sceau du chapitre d'Evreux. — Le sceau du chapitre de Soissons représente un siège d'architecture à dossier. — La Vierge sort à mi-corps d'un nuage sur le sceau de Geoffroi, prieur de la Charité-sur-Loire, en 1210.
Jésus, nimbé du nimbe crucifère, quelquefois dépourvu de cet attribut, bénit de la droite. L'autre main tient le livre de la loi, un monde surmonté d'une croix, ou s'appuie tendrement sur le genou de sa mère.
L'Enfant divin tient le livre, sur le sceau de l'abbaye de Coulombs, — un monde crucifère sur le sceau du prieur de la Charité-sur- Loire, en 1210. — Dans le .type du chapitre de Soissons, en I23i, il dépose de chaque main une couronne sur la tête des bienheureux martyrs saint Gervais et saint Protais.
Fig. 468. — D'après le sceau du chapitre de Soissons, i23r.
La Vierge latine est celle que nous connaissons tous, la plus répandue, la Vierge qui porte son enfant sur un bras.
Les sceaux la représentent à mi-corps , assise, debout. Les Vierges debout appartiennent surtout au quatorzième siècle et sont bien moins fréquentes que les Vierges assises.
Un nimbe simple entoure d'ordinaire la tète de la
LA VIERGE ET LES SAINTS 389
Vierge latine. Il est perlé dans le type de l'abbaye du Bec, en 1221, et semble crucifère sur un sceau de la ville de Narbonne, en 1243.
La coiffure consiste dans le voile seul ou recouvert de la couronne. Comme dans les figures précédemment étudiées, le voile est tantôt croisé devant le cou , tantôt ouvert, ses extrémités retombant librement sur chaque épaule. Rappelant dans les plus anciens types le grand voile juif, sa forme se rapproche, surtout au quatorzième siècle, du couvre-chef que portaient les dames.
Nous citerons seulement, comme exemple du voile drapant le devant du cou, le sceau de l'abbaye de Mont-Étif, en 1220. Le voile long se voit au type de G. de Bousies, prévôt de la Capelle à Bruxelles, en i25i. Un sceau de Barthélémy de Mantoue, chanoine de Cambrai, offre le voile court, le couvre-chef.
La couronne est ouverte et comporte quatre fleurons comme les précédentes. On remarquera toutefois une couronne byzantine fermée, sur les sceaux de la ville de Narbonne, en 121 8 (fig. 472), — du chapitre de Beaumont-sur-Oise, en 1252.
La Vierge de l'abbaye de Breteuil, en 1 183 (fig. 469), porte un diadème serti de perles, cerclant un haut bonnet surmonté des quatre fleurons habituels.
Les exemples de la couronne reposant sans l'intermédiaire du voile sur les cheveux flottants sont fort rares; nous en avons rencontré dans les types de
3qo
Fi g. 469.
D'après le sceau de l'abbaye
du Gard. i36j.
l'abbaye du Gard, en 1367 — et d'André, évèque de
Cambrai, en i3g3.
Bien qu'au moyen âge la chevelure tombant en
liberté soit l'attribut de la virginité, Marie la cache d'ordinaire sous le voile.
L'habillement apparent de la Vierge latine comporte les mêmes pièces que nous avons rencontrées chez la Vierge seule : la tunique,
seule ou recouverte du manteau.
L'ancienne stola richement bordée autour du cou,
aux bras et à la jupe, se voit aux
sceaux de l'abbaye de Breteuil,
en 11 83, — du prieuré de Longpont, en 1160. Les manches sont
larges.
Une autre variété du même
vêtement, à manches étroites, la
jupe ample et plissée, attachée par
une ceinture plate, se voit aux
sceaux de l'abbaye du Bourg- Moyen, en 1235. Chez la Vierge de ^ „ . ,
J 1 ° Fig. 470. — D upres le sceau
l'abbaye du Bec, en 1221, les plis de r^y* * Bwteoii, nu. du corsage retombent sur la ceinture. Le type de l'abbaye de Breteuil de i2o5 offre une attache rectangulaire à pendants, fermant un tour de cou d'étoffe précieuse. Au quatorzième siècle, la tunique rappelle le surcot
LA VIERGE ET LES SAINTS
3qi
déceint que portaient alors les dames, comme aux sceaux de l'abbaye de Boulogne, en i3oo, — de l'abbaye de Notre-Dame de Vertus, au quatorzième siècle,
— du chapitre de Melun, en i3o8 (fig. 474). ~,j^, Le type de l'abbaye de Boulogne présente une encolure ouverte en cœur, avec un fermait sur la bordure.
La Vierge figurée sur un sceau de Renaud de Ghore, chanoine de Cologne, en i337, semble revêtue de la cotardie.
Le manteau philosophique forme le vêtement extérieur de la Vierge au sceau de l'abbaye de Breteuil, en 1 183 (fig. 469.)
— Dans les types du chapitre de Mantes, en 12 10, — de l'abbaye du Bec, en 1221, une chape fermée remplace le manteau. — Sur le sceau du chapitre de Graçay, en i3o8, on rencontre la pénule. Mais au quatorzième siècle, on habille la Vierge, la Vierge debout surtout, de la chape féminine à bords écartés, retenus par une bride. Les sceaux de l'abbaye de Cherbourg, en 1282, — du chapitre de Melun, en i3o8 (fig. 474), en offrent des exemples.
D'ordinaire, la Vierge latine porte Jésus d'une main; l'autre main tient un sceptre fleuronné, dans le type de l'abbaye de Notre-Dame de Clairfontaine, en 1237; — un fleuron, au sceau du chapitre de Reims, en 1224; — une tige de lis, sur le sceau du
Fig. 471- D'après le sceau
de l'abbaye
de Notre-Dame
de Vertus,
xiv« siècle.
chapitre de Laon, en 1403 ; — une fleur, sur celui de l'abbaye de Vicogne, en i3i6.
Assez souvent, elle offre une pomme à son fils, et c'est dans ce geste que la figurent les types du chapitre de Melun, en i3o8 (fig. 474), — de Marie de Dampierre, religieuse de Flines, en 1281.
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Fig- 472. — D'après le sceau de Nar bonne, 1218.
Une Vierge tenant un monde crucifère se voit au sceau du prieuré de Ham, en i3o3.
Quelquefois Marie tient son enfant des deux mains. Le sceau de l'abbaye de Cantimpré, daté de 1207, en offre un exemple; ou bien une main soutient le bras bénissant de Jésus, comme au sceau du prieuré de la Charité-sur-Loire, en 1209. On la représente encore, au quinzième siècle, tenant le petit pied de l'Enfant-Dieu.
Dans certains types comme les sceaux de Nar-
LA VIERGE ET LES SAINTS 393
bonne, en 1218 (fig. 472) et 1243, la main restée libre prend la position de la main orante , ou bien la Vierge l'appuie sur sa poitrine.
Quant aux différents trônes qui reçoivent la Vierge latine, bancs, chaises, pliants, sièges d'architecture, nous ne répéterons pas ce qui a été dit au sujet de la Vierge seule. Mentionnons seulement un pliant décoré de pommettes sur le sceau de l'abbaye de Saint- Pierre-sur-Dives, en 1280; — une stalle de boiserie sur le sceau du chapitre de Reims, en i363 ; — un siège à la romaine dans le type du chapitre de Cambrai, en i322. — Au sceau de Jean, prieur du Bois- Seigneur-Isaac , en 1456, nous la rencontrons assise entre deux arbres, dans un croissant supporté par des ondes.
La Vierge, debout, porte Jésus sur le bras. Assise, elle le tient posé sur un genou. Quelquefois, cependant, on voit F Enfant debout sur le siège à côté de Marie, ou prenant son point d'appui sur sa mère.
L'abbaye de Valseri, en 1292, représente dans son type l'Enfant debout, les pieds sur le banc. Il se tient tout droit sur le genou de sa mère au sceau du chapitre de Courtrai, en i33o.
Jésus est représenté la tète nue, entourée du nimbe crucifère ou du nimbe simple. Toutefois, cet attribut n'existe pas toujours. Nous ne trouvons qu'un seul exemple de l'Enfant couronné, sur le sceau de l'abbaye de Breteuil, en u83 (fig. 469).
Presque toujours Jésus bénit le monde de la droite. La main restée libre tient un livre, le livre de la loi, sur le sceau de l'abbaye de Breteuil, en n83 (fig. 469); — une pomme, symbole de rédemption, dans le type du chapitre de Melun, en i3o8 (fig. 474); — la croix de l'Eglise triomphante au sceau de Narbonne, en 1218 (fig. 472); — un monde crucifère au sceau de l'abbaye de Lieu-Notre-Dame, en 1379. — On voit un sceptre fleuronné dans sa main, sur le sceau d'Isabelle, abbesse des Prés, à Douai, en 14 17.
Au quatorzième siècle, Jésus a été quelquefois représenté embrassant sa mère, sa figure effleurant la
joue dans un baiser, comme on peut le voir au contre-sceau de Hugues de Besançon, évoque de Paris, en i32Ô. C'est en s'inspirant de ce sujet que les maîtres italiens ivâpVcb ont produit des chefs-d'œuvre inimitables.
le contre-sceau T r. 1 . t A
de Hugues La vierge latine ne reste pas toujours
de Besançon, • i ' s% i . • j
évoqué isolée. On la rencontre servie par des anges
de Paris, i326. r r\ 11 • > 1 • 1
ceroferes, ou 1 encensoir a la main, sur les sceaux de l'abbaye de Cherbourg, en 1282, et du chapitre de Melun, en i3o8 (fig. 474). D'autres fois, les anges prient ou jouent d'instruments divers. Un sceau des communes de Frise, en i338, figure la Vierge assise, gardée par deux hommes d'armes. Dans le type de l'abbaye de Cercamp, en i352, Marie, debout, portant Jésus, abrite sous les pans de son manteau huit moines agenouillés.
LA VIERGE ET LES SAINTS
Fig. 474.
D'après le sceau du chapitre
dtMelun, i3o8.
Après avoir parlé de la Vierge seule et de la Vierge mère, nous dirons quelques mots des scènes terrestres et célestes où figure la Mère du Rédempteur.
Dans l'Annonciation , Marie , debout, écoute les paroles de l'archange, la tête couverte du pallium, habillée de la stola, la main droite en orante et la gauche tenant un livre, comme au type de l'abbaye de Belval, en 1262.
La tête sous un voile croisé devant le cou, elle porte la pénule
par- dessus la tunique, au sceau de l'abbaye de Molesme, en 1245.
Marie, déjà nimbée, reçoit le messager céleste, assise sur un banc garni d'un coussin, dans le type de Guillaume, prieur de Corneliano (?), en 1258.
On ne rencontre la Vierge agenouillée devant un prie -Dieu qu'au seizième siècle, comme, par exemple, sur les sceaux des évêques de Tournay.
En dire plus long sur l'Annonciation serait répéter ce que nous avons écrit au chapitre du Christ; nous y renvoyons le lecteur.
La Visitation se voit au sceau des frères Mineurs de Toulouse, en 1274.
Fig. 475.
D'après le sceau
de l'abbaye de Belval,
Nous avons déjà montré, dans la Nativité, la Vierge reposant sur son lit et tenant la main de Jésus couché dans la crèche, en présence de saint Joseph, (fig. 41 5). D'autres sceaux, tels que celui des Dominicains de Beauvais, en i3o3, reproduisent une variante où la présence de l'Enfant divin n'est pas indiquée. La Vierge dort, un ange l'encense pendant son sommeil ; saint Joseph la contemple.
Une Adoration des mages se trouve au sceau de Laurent, abbé de Notre-Dame de la Capelle, en i35c). La Vierge couronnée, assise de profil dans une chaière, présente son fils à l'adoration des rois. Au-dessus de sa tête brille l'étoile miraculeuse.
Les types du gardien des frères Mineurs de Toulouse, en 1274, — de Gazon de Savigny, évêque de Laon, en 1297, figurent la Présentation au Temple. Leur petite taille ne se prête guère à l'étude. On distingue sur le premier la Vierge, revêtue du long voile traditionnel, tenant son enfant sur l'autel.
Le Christ nous a fourni l'occasion de parler de sa mère et de saint Jean au pied de la croix, abîmés dans leur douleur, la Vierge recouverte du long voile juif. C'est dans ce même vêtement que, sur le sceau de Jean du Chemin, prieur de Saint-Sauve de Valenciennes, en 1 5 17, elle tient son fils mort sur ses genoux; qu'on la retrouve avec les deux Marie, au tombeau du Christ ressuscité, dans les types de Guillaume, patriarche de Jérusalem, en 11 37, — du prieuré du
LA VIERGE ET LES SAINTS 397
Saint-Sépulcre, en 1240, — de Jean le Doux, abbé du Saint-Sépulcre de Cambrai, en 1268.
Un sceau de l'abbaye de la Montagne-de-Sion, à Jérusalem, en 1290, représente la mort de la Vierge. Deux apôtres, dont l'un est saint Jean sans doute, assistent dans ses derniers moments la mère du Sauveur. Au-dessus, le Fils de Dieu, nimbé du nimbe crucifère, recueille dans ses bras l'âme de la Vierge sous la forme d'une petite figure nimbée.
L'Assomption, le premier terme de la vie glorieuse de la Vierge, figure sur le sceau de la chambrerie de Louis de Beaumont, évêque de Paris, en 1480. Quatre anges transportent au ciel la Vierge debout, enveloppée d'un grand voile, les mains jointes.
Plusieurs de nos monuments nous font assister au Couronnement de Marie par son fils. Nous n'insisterons pas sur une composition si connue. La Vierge nimbée ou sans nimbe, assise sur un bisellium, côte à côte avec le Christ, les mains jointes, le corps légèrement penché, la tête fléchie et voilée, porte la tunique seule ou recouverte du manteau. — Jésus dépose lui-même la couronne sur la tête de sa mère, au sceau d'Antoine, évêque de Durham, en 1298. — — Quelquefois, un messager céleste vient remplir cette fonction; alors le Christ bénit, comme dans le type du prieuré du Lay, en 1342. — Au sceau des frères Mineurs de Sanguesa, en i3o3, la main divine répand ses bénédictions sur la tète de la Vierge.