LE COSTUME DU MÉDECIN DANS LES PAYS-BAS
Ainsi que l’a justement noté notre éminent ami, M. Paul Richer, dans son magistral ouvrage sur l Art et la Médecine, la médecine, aux Pays-Bas et dans les Flandres, a eu les mêmes débuts qu en France : l’œuvre des artistes en témoigne amplement. On y voit, comme chez nous, " les médecins à haut bonnet et à robe longue, les chirurgiens à robe courte, et aussi, les barbiers, pédicures, mciseurs ou étuvistes sans Oublier les charlatans de tout poil et de tout acabit, marchands d’oviétan ou colporteurs de drogues mirifiques, arracheurs de dents ou extracteurs de pierres de tetes .
Celui qui sait de quelle importance était, autrefois, 1 examen d’un certain liquide physiologique pour la diagnose des maladies, ne saurait être surpris de trouver souvent représente lunnal comme un des attributs professionnels dont le praticien pouvait le plus
lequel il est assis, le maigre mobilier qui meuble la pièce où il se tient, montrent le peu de cas qu’il fait de la mise en scène, pour impressionner la clientèle de miséreux qui recourt à ses bons offices.
Par contre, la mise du Æédecin de Van Ostade, n’est pas dépourvue d’une certaine recherche. On se sent en présence d’un savant, dont la physionomie exprime la finesse, en même temps que la bienveillance, avec peut-être une légère pointe de souriant scepticisme.
Notre personnage est vêtu d’une sorte de robe de chambre assez ample pour lui permettre l’aisance de ses mouvements, et qui laisse apercevoir au-dessous d'elle ùn justaucorps noir, avec le col rabattu et les manchettes plates. Il a adopté pour coiffure une calotte de forme bizarre, posée négligemment sur le chef, et qui jure un peu, convenons-en, avec son habitus extérieur, plutôt grave. La canne à pomme d’or, que l’on aperçoit dans un coin du tableau, laisse à deviner que, lorsqu’il ira faire ses visites de ville, il ne manquera pas de revêtir un costume de circonstance, porté avec toute la dignité qui convient à l’exercice d’un sacerdoce.
Poursuivant notre promenade rétrospective, nous voici en présence d’un tableau qui nous donne une représentation fidèle du riche habillement que revêtait parfois le médecin qui donnait ses soins à une malade de condition aisée. Il s’agit de l’œuvre de Gérard Dou, connue sous le nom de la Femme hydropitjuc, et qui est un des joyaux du
collègues du professeur apparemment, ont un rabat et des manchettes en dentelle, qui marquent la haute situation qu’ils devaient occuper dans la hiérarchie professionnelle (V. p. 3).
Au siècle suivant, il est toujours de mode de se faire peindre donnant une leçon d’anatomie ; mais, fait observer à ce propos le D'Triaire, " le talent, le sentiment artistique, l’habileté d’exécution manquent souvent à ces œuvres. Le plus ordinairement, les groupes de nos confrères de cette époque ne se recommandent guère que par leurs belles perruques et leur costume d’apparat Il y a plus de laisser-aller, une allure plus dégagée, moins de déférence vis-à-vis du professeur.
“ Quelques-uns gardent leur chapeau sur la tête, ce qui était autrefois le
reste dans la symbolique humoristique...
En somme, Jan Steen est le peintre qui est le plus représentatif de la vieille mentalité en Hollande... Il emprunte toujours ses sujets à la réalité ”. On a comparé Steen à Molière ; ses docteurs rappellent, en effet, les types de notre immortel comique, les Diafoirus, les Purgon, “ ignorants et pédants, souvent prétentieux, presque toujours grotesques ”. Le
Un disciple de Jan Steen, mais qui est loin d'être son égal er , R. Brackenburgh, a représenté, sur une de ses toiles qui s< ; au Musée Boïjmans, à Rotterdam, un “ grand diable d( :in, dégindandé, débraillé, à l’habit râpé, au chapeau déformé
manières ; prenant leur rôle plus au sérieux, ils inspireront plus de confiance.
Le médecin de S. van Hoogstraten appartient à cette catégorie de praticiens qui ne se permettent aucune plaisanterie ou équivoque grivoise, et se contentent d’exercer en conscience un métier qui n’a pas que des charmes.
Gabriel Metsu, qui vécut dans l’intimité de J. Steen, mais sans partager ses goûts crapuleux < 3 >, nous montre un médecin qui en impose, dès l’abord, par la dignité de sa tenue : “ grave, majestueux, tout de noir vêtu, avec une robe très ample et très longue, une calotte sur le crâne, surmontée d’un haut chapeau de feutre â bords relevés ",
Le même artiste a peint une
VIII d’Angleterre, John Chambers.
On sait aue Holbein fit deux séiours dans le Rc
témoignage comme celui d un artiste probe, et qui ne sait rien dissimuler. C'est l’année même de sa mort que Holbein fixa l’image de notre illustre confrère, alors dun âge très avance, et que, néanmoins, l’artiste, beaucoup plus jeune que son modèle, précéda dans la tombe.
Entre temps, Holbein avait peint une de ces toiles aux larges dimensions, un de ces tableaux corporatifs comme les Flamands aimaient à en composer, et qui représente la ghilde des barbierschirurgiens de Londres, venant rendre hommage à leur souverain.
Malgré l’absence de pièces probantes, il semble que c’est en i5z| 2 que Holbein entreprit cette composition, où est représenté Henri VIII remettant au doyen de la compagnie l’acte qui confirme et renouvelle ses privilèges. Le monarque est assis, couronne en tête ; devant lui, se tient the master of the Guil? (p. 16).
Le maître de la ghilde, qui reçoit la charte royale, les autres personnages, parmi lesquels on reconnaît Chambers et Butts, sont groupés autour de leur chef de file. L’inscription qui fait allusion à la peste de Londres, dont Holbein fut une des victimes, a vraisemblablement été ajoutée après la mort de l’artiste, survenue en 1043.
Nous ne chercherons pas à établir un parallèle, autrement que pour servir de transition, entre le peintre que nous venons d’étudier et celui que nous allons aborder. Si Holbein s’est plu à pourtraire ses contemporains, Hogarth n’eut que dédain pour le portrait ; il avait horreur de ce qu’il appelait malicieusement “ la condition de fabricant d’effigies ”. Par contre, Hogarth fut un observateur et un moraliste
ips de Molièi isfonandrès, ( raient faire <
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