CHAPITRE II
lisation procéda en effet, aux premiers siècles de notre ère, sur notre sol, comme elle procède encore vis-à-vis des tribus sauvages, par la séduction de la nouveauté. La toge, que nous n'avons pas à décrire, plut aux Gaulois autant que
le titre honorifique qui leur donnait le droit de la porter.
I Is coudoyaient dan s les rues, pavées à la romaine, des gens du commun portant des braies ou bien habillés de ces tuniques qui, par un phénomène inverse, furent de mise à Rome sous Bassien et longtemps après lui, et lui valurent le surnom de Caracalla.
La caracalla, telle
Fig. 19. • — Colonne Trajane.
(Froehner, Rothschild, éd.)
que les Gaulois la portaient, était courte et dégagée, et faite de plusieurs bandes d'étoffes cousues ensemble; pour raccommoder aux habitudes civiles, Bassien la fit confectionner ample et traînante. Les Romains s'amusèrent de cette folie; tout le monde voulut essayer des nouvelles tuniques, qu'on appela antoniniennesK Cet
I. Voir Strabon, IV, iv, 3, Martial, I, xciii, 8, oia elle est appelée palla gallica.
JO
exemple est bien connu; on en peut citer d'autres. Marc Antoine portait des chaussures gauloises {gallicœ, d'où galoche], souliers bas, n'allant pas à la cheville, avec une semelle épaisse et une petite empeigne découverte
Fig. 20. — Colonne Trajane (Frœhner).
sur le devant du pied. Auguste, par hygiène, adopta les braies barbares qu'il portait comme une culotte collante, et beaucoup de textes et de monuments prouvent que l'usage des braies, des caleçons blancs ou de couleur, fut très répandu à Rome. Plutarque nous montre Cecina haranguant son armée dans le costume d'un chef gaulois, avec des bracelets et des anneaux. Gallien s'affublait d'une perruque d'un blond ardent. Bientôt d'ailleurs, la toge elle-même tombe en discrédit dans la Rome nouvelle. Elle est remplacée dans