CHAPITRE II
lois, Zénodore, le premier que nous connaissions, sculptait dans la ville des Arvernes le colosse du Mercure local et était appelé à Rome par Néron, L'influence politique de la Gaule est incessante : le toulousain Bec intronise Vespasien ; le pieux Antonin sort d'une famille de Nimes.
Au premier siècle de Pempire, la Gaule fait les empereurs; au second, elle fournit des empereurs gaulois; au troisième elle essaie de se séparer, de former un empire galloromain. Mais ce qui nous intéresse, c''est de voir Tassimilation progressive qui fut le fait de la conquête romaine.
Bientôt après, toutes les villes de quelque importance étaient des chefslieux de départements romains; tout le monde était client de l'administration romaine; la bourgeoisie nouvelle, ainsi créée portait le vêtement romain, tous ceux du
Fig. 17- Le dieu Tarann {Rev. celtique).
moins qui avaient le titre envié de citojrens romains.
Quant aux autres, comme le dit Quicherat, « ils empruntaient à leurs dominateurs les modes de fantaisie qu'il était permis à un homme libre de s'approprier. »
Ainsi , dès le commencement de ce volume, nous avons à parler de cette chose étrange et diverse qu'on appelle la mode.
Un monde qui sort de la barbarie et de l'inconscience se jette dans le dilettantisme aux premiers jours de son
Fig. 18. — Populations du Danube.
Bas-relief d'Adam-Clissi (Revue archéol.).
éveil. Car la mode est un dilettantisme, une inclination à la nouveauté, une recherche factice de mœurs insolites ou exotiques, un symbole de la versatilité des goûts de l'homme. Le caractère national du costume , qui £t des raisons d'être naturelles et hygiéniques, est perdu ou du moins bien obscurci quand les influences de la mode se font sentir, — influences souvent réciproques, comme nous allons le voir. — Il arrive un moment où on peut dire qu'il n'y a plus ni costume romain ni costume gaulois. La civi-