‹ Le costume en FranceChapitre 116 sur 117 · CHAPITRE XVII 1. ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII 1. ï

bottes larges; Phabit des hussards était bleu de ciel, en 1760; on les mit ensuite en habit vert, avec shako et culottes rouges. Les dragons avaient le chapeau en 1740, sans pour cela renoncer au bonnet. Lorsqu'ils se coiffaient du chapeau, ils mettaient leur bonnet sur la tète de leur cheval. L'uniforme était rouge pour tous les régiments. Une ordonnance de 1763 leur assigna Thabit vert à aiguillettes, la veste de drap chamois et le casque â crinière, garni de poil par le bas. Les dragons, par ce changement, devinrent un des plus beaux corps de Tarmée française. Lorsqu'ils servaient à pied, afin de se distinguer de l'infanterie, ils s'affublaient majestueusement de leur manteau, relevé en arrière par les coins.

Des compagnies de mineurs, embryon de notre génie militaire, étaient jointes à l'artillerie. Leur mise était gris de fer; mais bientôt elle se confondit avec celle de l'artillerie, qui était bleu de roi, avec la veste et la culotte rouges. Les mineurs eurent la veste et la culotte grises avec l'habit bleu.

Dès les premières années du règne de Louis XVI, l'habillement militaire arriva à un point qui demeura presque fixe, jusqu'à la fin des grandes guerres de Napoléon I". Tout ce qui était superflu fut balayé, tout ce qui n'avait pas une utilité pratique fut supprimé. Les ministres de Louis XVI poursuivirent un plan logique. Les légions de troupes légères furent transformées en compagnies de chasseurs à cheval et à pied. On

supprima d'un trait de plume les luxueux escadrons

qui avaient été rattachés au service de la Maison royale :

mousquetaires, chevau-légers et gendarmes disparurent comme par enchantement. L'usage de la queue et de la poudre fut sévèrement prohibé. Le bonnet a poil tomba dans un discrédit mérité, après une existence éphémère, et cela ne fut pas sans peine; les grenadiers des gardes suisse et française furent seuls autorisés à les conserver. Les accessoires furent soumis à un règlement; le fourniment fut fixé à deux buffleteries se croisant sur la poitrine; la garde Fig. .72. - Garde française ; 17a, (chére^i.)- royale et la cavalerie seules gardèrent le ceinturon. « Tous les régi-

i'ig- i7i- — Garde suisse: 1766 (Ciiércau).

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mcnts français, Tartillerie exceptée, eurent la culotte, le gilet et la veste de couleur blanche, les longues guêtres en drap noir pour l'hiver, en toile blanche pour Te'té. La culotte et la vesie des artilleurs furent bleu de roi comme leur habit. L'habit fut à la française, avec les revers agrafés jusqu'au tiers de leur longueur et les pans retroussés. Les épaulettes n'étaient encore que des pattes; c'est seulement quelques années après 1779 que l'on inventa l'épaulette à franges. L'habit des gardes françaises, qui était bleu, eut, au lieu de revers, des brandebourgs blancs. »

La coiffure fut le chapeau à cornes nouveau modèle (le lampion) que le costume civil nous a déjà montré ; on le rendit militaire en y ajoutant un pompon de laine et une cocarde (la cocarde, signe distinctif de l'état militaire, avait commencé à paraître sous Louis XV). Le casque fut maintenu pour des bataillons de chasseurs de création récente ; mais il était de cuir bouilli, avec une chenille noire en guise de cimier et une visière recouverte de peau. Ces chasseurs à pied portaient le frac vert et le gilet chamois. Les dragons, modifiés, eurent la veste blanche, la culotte de peau et les bottes longues.

Enfin, les curiosités telles que la tenue des Cent- Suisses furent supprimées. Un vent de révolution souffle sur le monde.

Les généraux de la République et de Napoléon V^ vont promerîer à travers l'Europe entière l'uniforme français et la cocarde tricolore. Tous les peuples apprendront à connaître l'habit à la française et le bonnet des grenadiers. Les guerres seront si rudes que les guerres

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