‹ Le costume en FranceChapitre 15 sur 117 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

brodée de soie et peut être enrichie déplumes; la peau de castor semble avoir été en usage [castorinatœ vestes], quoiqu'on ne sache pas si ce mot désigne une fourrure ou du drap noir.

Si Ton veut se figurer le costume des empereurs chrétiens, des gouverneurs de province, des hauts dignitaires des cours du Bas-Empire, il faut se rappeler que Constantinople est la vraie capitale du monde civilisé de cette époque et que le luxe est décuplé par l'apport des modes orientales. Les fonctionnaires étincellent; on dirait des satrapes, couverts de pierreries et d'or, et toutes les fois que la hiérarchie et les minutieuses étiquettes du palais le permettent, leur exemple est suivi au dehors.

Les lois somptuaires sont impuissantes. Valentinien et Valens interdisent aux simples particuliers de faire broder leur vêtements; l'usage de la pourpre remplace aussitôt celui des broderies, si bien que les empereurs prennent le monopole de la fabrication de cette matière et poursuivent la contrebande. Gratien prohibe les étoffes d'or. Théodose les habits de soie.... C'est en vain; chacun voudrait être un petit Justinien. Et cela malgré la misère qui précéda le renouvellement de la société antique et le changement de face du monde!

La tunique si commode, est naturellement restée l'habillement qu'on porte habituellement sur le corps. Ce qui distingue les classes sociales les unes des autres, c'est le vêtement jeté sur ce dessous : plus le manteau est étoffé plus le rang de celui qui s'en couvre en impose. Lebirre et le cuculle sont la livrée des esclaves. Le manteau est

porté court par les gens du commun : c^est alors la vieille saie qui persiste; les fonctionnaires ont la pe'nule, qui a gagné en ampleur et que les sénateurs romains euxmêmes ont endossée, la trabea, sorte de toge majestueuse, ou la dalm'atiqiie. « La trabea, dit Quicherat, était moins ample que la toge dont elle avait la forme ; elle se drapait autour du corps de manière à former une poche sur la poitrine; un pan était ramené sur le bras gauche. » Quant à la dalmatique, c'était une tunique flottante à larges manches ;... encore une importation étrangère, comme le nom l'indique !

Voilà, en apparence, des formes bien simples; mais n'oublions pas que les étoffes étaient surchargées d'ornements; tuniques et manteaux étaient enrichis de broderies, d'applications, de franges et de passementeries ruineuses. Signalons enfin quelques traits du costume féminin.

La pièce fondamentale de ce costume est la tunique, la stola ceinte ou talaire, et la dalmatique. On ne voit de manches aux tuniques que vers le v siècle. La dalmatique et l'ample pallium se prêtent aux ornements les plus luxueux. Les plus simples sont ces deux bandes qui partent du cou pour descendre jusqu'au bas de la robe et qu'on voit si souvent représentées. A part les riches bijoux et certaines pièces très ouvragées comme la ceinture, il n'y a pas de différence capitale- entre le costume d'une femme mise sans recherche et le costume courant d'un homme de la même classe, sinon que celui-ci est nécessairement bien plus court.

Costume militaire du Haut et du Bas-Empire. —

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