GAULE OU FRANCE MÉROVINGIENNE (49O
Fig- 35- Sceau de Childéric.
Nous avons dit, dans le premier chapitre, que les descriptions des populations de la Gaule par les auteurs classiques semblaient convenir aussi bien aux races germaines qu'aux races gauloises. Les hordes transrhénanes, franques, burgondes ou gothiques, apparaissent sur notre sol, au moment de la décrépitude de TEtat romain, sous des dehors qui frappent les Gallo-latins d'effroi. L'absorption par les races déjà romanisés, de ces populations, toutes venues de l'est de l'Europe, se fit selon des lois fort diverses. L'empire romain, depuis le Danube jusqu'en Espagne, est rempli, depuis l'an 3/5, par des Goths, tantôt colons, tantôt ennemis, tantôt auxiliaires de cet empire. Lorsque Ataulfe, chef des Wisigoths et frère d'Alaric, épousa, dans Narbonne Placidie, fille de Théodose et sœur d'Honorius (41 31, un an après son entrée en Aquitaine, il parut assis, selon l'usage romain, à côté de sa fiancée, en costume de reine. Il portait lui-même la toge et le vêtement romain d'apparat, que nous avons décrit. Le luxe de Théodoric II, à qui échut (453) le royaume
d^Ataulfe augmenté de la provine toulousaine, a été décrit dans les termes les plus hyperboliques par le poète et rhéteur chrétien Sidoine Apollinaire. A la pompe royale, qui est calquée sur celle du Bas-Empire, aux gardes du corps, vêtus de fourrures, se mêlent de véritables barbares, qui marchent toujours ceints d'une épée, vêtus de peau et de toile et chaussés de bottes en cuir de cheval attachées haut par des lanières entre-croisées.
Des Burgondes, établis à Touest du Jura depuis 41 3, le même Sidoine dit seulement qu'ils employaient le beurre rance comme pommade, et que leur roi Sigismer portait un justaucorps de soie blanche et un manteau teint de pourpre. Comme les Goths, les Burgondes étaient des populations ^s^^ relativement douces et faciles à civiii- ^
ser. Il ne faut pas d'ailleurs se figurer les barbares du v* siècle comme jouant le rôle de conquérants terribles parmi des vaincus. Depuis longtemps, ils coudoyaient les Gallo- Romains; ils étaient leurs « hôtes ». «. Les Bur-
Fig. 36.
Fibule franquï.
(L'abbé Cochet.)
gondes vivaient avec les Romains non
Fig. 37. — Fibule mérovingienne.
comme avec des sujets, mais comme avec des frères, » dit P. Orose. Ils les imitaient 'dans leurs mœurs et leurs costumes. Mais les Francs priment en importance toutes les autres populations qui se mêlèrent à nos races. Sous le