‹ Le costume en FranceChapitre 22 sur 117 · CHAPITRE III. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. S

qui désignaient la classe des Illustres dans la hie'rarchie romaine. » Ces habits sont ceux que nous avons déjà décrits, la chlamyde, rattachée sur Tépaule droite, et la tunique courte, à manches ornées, ceinte de deux écharpes.

Par contre, une coutume d^origine germaine prévaut : c'est la coutume de porter les cheveux longs. Porter sa chevelure pendante sur les épaules est la marque de l'homme libre. C'est subir une dégradation que d'être privé de cet ornement. (La tonsure est un châtiment déjà mentionné par Tacite comme un trait des lois germaines.) Les cheveux courts sont aussi la marque du servage. De là sans doute, par un passage naturel, la tonsure adoptée comme signe distinctif par les moines, les clercs, et tous ceux qui, en prenant l'habit ecclésiastique, font vœu d'obédience et d'humilité.

La nouvelle noblesse des conquérants tient à sa prérogative de porter les cheveux longs et la barbe longue également; elle se distingue par là nettement de tous les personnages d'ancien régime, parmi lesquels le clergé s'est volontairement rangé, qui suivent encore l'usage romain.

Sous la seconde race, le costume du clergé n'est pas encore fixé, quoiqu'il soit défendu aux clercs de se montrer en public avec l'armement et le vêtement des laïques. Le blanc est la couleur réglementaire du costume ecclésiastique et des néophytes; mais, pour mieux marquer leur rang, les personnages du clergé, qui font en quelque sorte partie de la cour, étalent un grand luxe. L'évéque Berthramm se promène, en attirail romain,

FlfEUClSYCCOMMA

sur un char à quatre chevaux. Saint Ouen rapporte que saint Eloi, « plus par bienséance que par goût, « se

couvrit de vêtements magnifiques. Ceux de dessous étaient de fin lin orné de broderies et de clinquant. Ses robes de dessus étaient d'étoffes fort riches et plusieurs tout en soie [holosériques]; Thabit entier n'était qu'un tissu d'or et de broderies. Les manches, richement ouvragées, se terminaient par des bracelets d'or et de gemmes. Pareille était la ceinture ; pareiîle encore la bourse qui y était attachée. Les habits de soie ou tissus en oret ornés de perles, les franges d'or, sont souvent men-

Fig. 43. — Costume consulaire.

(Louandre, op. cit.)

tiennes. Chilpéric reproche à Prétextât d'avoir soustrait une bordure de robe tissue de fils d'or. Ces étoffes provenaient fréquemment des ateliers gallo-romains; mais

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