‹ Le costume en FranceChapitre 23 sur 117 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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le goût en était oriental. A la foire de Saint-Denis, fondée en 629 par Dagobert, se faisait rechange des marchandises orientales contre les saies de laine à long poil, les capuchons, les tuniques sans manches, les vêtements pauvres et solides.

Les femmes de qualité sont ornées comme des châsses (cf. les mosaïques de Ravenne). Leurs tuniques de dessous {c ami s a), leurs tuniques de- dessus, décorées de callicules , segments, claves,etc. ; leur pallium;la large bande qui passait sur leurs

épaules comme un fichu rigide et retombait par devant, leur tour de cou {monile) surchargé d'orfèvrerie; leurs manchettes (manicce) terminées par des bracelets, leurs voiles {ma/ors), leurs turbans {ricimis), leurs coiffes (ciifea), étaient autant de prétextes à broderies et à l'application de pierreries.

Désormais, nous Pavons dit, les braies désignent des culottes courtes, continuées par des jambières dans lesquelles Quicherat reconnaît les tubraqiies, ou par de véritables bas, primitivement appelés tibialia, puis calcice (d'où chausses), et qui, avant d'être tissés d'une pièce, étaient taillés dans des étoffes souples. Les chaus-

Fig.. 44. — Couronne des rois Gotlis. (Lasteyrie, Trésor de Guerra\ar.)

sures en usage sont le soccus, soulier sans lien, \a.caliga militaire et monacale, munie de bandelettes, le campagiis, pantoufle à oreille qui est d'apparat et se voit portée par les rois et les évêques; ajoutons le carpisculiis (escarpin). Enfin, d'après Quicherat, tous les indigènes de la Gaule portaient des gants au vr siècle; on les appelait mants. Cet usage semble avoir été connu des Celtes; en tout cas, les Germains l'adoptèrent pour un temps. .

Charles Louandre [Arts somptuaires) a fort bien résumé l'histoire des modes pendant la période mérovingienne :

« Une lutte constante entre les modes barbares et les modes romaines, dit-il, la prédominance de ces dernières dans les costumes d'apparat, la séparation du costume laïque et du costume clérical, un goût singulier et tout à fait barbare pour le clinquant, tels sont les points saillants de l'histoire du costume dans cette période qui se termine à Pan 75 i et restera toujours, malgré les efforts de l'érudition, enveloppée de tant de ténèbres. »

Iconographie. — Les monuments figurés authentiques sont en effet bien rares encore pour cette période.

Les médailles ne fournissent guère de documents fidèles. M. François Lenormant dans son excellent volume sur les Monnaies et médailles qui fait partie de notre Collection, a traité la question du monnayage mérovingien avec sa compétence ordinaire (p. 206 et 599). Pour ce qui est des types, on se bornait en Gaule à imiter les dernières espèces impériales frap-

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