‹ Le costume en FranceChapitre 26 sur 117 · CHAPITRE IV. 6i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 6i

et celle-ci, bien enveloppée, premièrement par un fourreau, secondement par une courroie, troisièmement par une toile très blanche et cirée, était renforcée vers le milieu par de petites croix saillantes. Le vêtement que les Francs mettaient par-dessus tous les autres était un manteau blanc ou bleu de saphir, à quatre coins, double et taillé de telle sorte que, quand on le posait sur les épaules, il tombait par devant et par derrière jusqu'aux pieds, tandis que sur les côtés il atteignait à peine les genoux. Dans la main droite, ils portaient un bâton de pommier avec une pomme d'or ou d'argent ciselé. » La saie gauloise, la saie bariolée, virgata sagula, a remplacé le lourd manteau germain. « Le sévère empereur, dit ailleiirs notre auteur en parlant de Charlemagne, qui trouvait la saie plus commode pour la guerre, ne s'opposa pas à ce changement. Cependant, quand il vit les Frisons vendre des manteaux écourtés aussi cher qu'on vendait les grands, il ordonna de ne leur acheter à ce prix que de longs et larges manteaux. »

Le luxe fut poussé, dans la période carolingienne, à un très haut degré. Les fréquents rapports qui s'établirent avec l'Italie sous Pépin et sous Charlemagne renouvelaient le goût de l'apparat. Les Francs passaient, au dire d'Ermoldus Nigellus, pour des coupeurs, des tailleurs parfaits. La soie et les fourrures sont fréquemment employées; ces dernières sont la martre, la loutre, le chat, le loir, l'hermine et la belette ou vair. Les femmes, les membres du clergé eux-mêmes se couvrent de pelleteries ou se confectionnent des bonnets fourrés.

Les vêtements mentionnés par les auteurs sont : La ca^e, qui dérive de la caracalla, surtout très pauvre ou très riche, commune aux clercs et aux laïques, aux hommes et aux femmes; les tuniques ajustées, le camsilis, qui est de lin, le sarcilis, qui est de serge; le theristriim ou chainse, manière de camisole; la camisia [chemise)', les gants [jpanti^mqffulœ, d'où moufles) avec ou sans doigts; le mouchoir {manipiiliis],

Charlemagne promulgua plusieurs édits sévères contre le luxe de Thabillement; lui-même prêchait d'exemple. Le moine de Saint-Gall nous rapporte le récit d'une chasse où l'empereur donna une leçon de simplicité aux seigneurs qui l'accompagnaient : « La journée était froide et pluvieuse. Charles portait un habit de peau de brebis... Les grands arrivant de Pavie, Mosaïque de qù les Vénitiens avaient apporté des pays

S'-Jean de Latran. ,, ^ ^ .. i • u j ii/-v

d outre-mer toutes les richesses de 10rient, étaient vêtus d'habits d'oiseaux de Phénicie, de plumes provenant du cou, du dos et de la queue des paons, entourées de pourpre de Tyr et de franges d'écorces de cèdre. Sur quelques-uns brillaient des fourrures de loir... Aussi revinrent-ils déchirés par les épines et par les ronces, trempés par la pluie et tachés par le sang du gibier. » Sur l'ordre de Charlemagne, ils -durent garder sur eux cet attirail qui, lorsqu'ils s'approchèrent du feu, se plissa, se rétrécit, et, finalement, se rompit de toutes parts. Charles, plein de finesse, dit au serviteur de la cham-

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