‹ Le costume en FranceChapitre 27 sur 117 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

bre : « Frotte un peu notre habit dans tes mains et « rapporte-nous-le. » Montrant alors aux assistants ce vêtement qu'on lui avait rendu entier et propre : « Quel est maintenant, dit-il, le plus précieux et .

le plus utile de nos vêtements?

Est-ce le mien, que Je n'ai acheté qu'un sou, ou les vôtres, qui vous ont coûté plusieurs talents? »

Le même auteur nous apprend que les successeurs de Çharlemagne, au moins jusqu'à Charles le Gros, restèrent fidèles à cette simplicité de mœurs.

Eginhardnous a laissé la description du costume

de Charlemagne : u Ce costume, dit-il, était celui de sa nation , c'est-à-dire le costume des Francs. Il portait sur la peau une chemise de lin et des haut-dechausses de même substance; par-dessus, une tunique bordée d'une frange de soie; aux Jambes, des bas serrés

f ig. 50. — Charles le Chauve (Louandre).

avec des bandelettes ; aux pieds, des brodequins. L'hiver, un justaucorps de peau de loutre ou de martre lui couvrait les épaules et la poitrine. Il revêtait par-dessus la saie des Vénètes et était toujours ceint de son épée, dont la poignée et le baudrier étaient d'or ou d'argent. Quelquefois il en portait une enrichie de nierreries, mais seulement dans les fêtes solennelles, ou lorsqu'il avait à recevoir des députés. Il n'aimait pas les costumes des autres peuples, et jamais il ne voulut en porter, si ce n'est toutefois à Rome, lorsqu'à la demande du pape Adrien d'abord, puis à la prière du pape Léon, son successeur, il se laissa revêtir de la longue tunique, de la chlamyde etde la chaussure des Romains. Dans les grandes fêtes, ses habits étaient brodés d'or et ses brodequins ornés de pierres précieuses; une agrafe d'or retenait sa saie, et il marchait ceint d'un diadème étincelant d'or et de pierreries; mais, les autres jours, son costume était simple et différait peu de celui des gens du peuple. »

Pour la tenue de campagne de Charlemagne, demandons des renseignements au moine de Saint-Gall : « Dans les rangs des soldats, dit notre auteur, on distingue Charles, cet homme de fer, la tête couverte d'un casque de fer, les mains garnies de gantelets de fer, sa poitrine de fer et ses épaules de marbre défendues par une cuirasse de fer, la main gauche armée d'une lance de fer, la main droite toujours étendue sur son invincible épée. L'extérieur de ses cuisses, à la place que les autres, pour plus de commodité, dégarnissaient même de courroies, il l'avait entouré de lames de fer. Que dirai-je de ses bottines? Toute l'armée était accou-

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