‹ Le costume en FranceChapitre 29 sur 117 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

portant des gants de fourrure. Lorsque Louis le Débonnaire octroya le baptême à He'rold, roi des Danois, à sa femme, à son fils et à sa suite, Hérold fut revêtu d'une chlamyde de pourpre ornée de pierreries et de broderies.

Le roi le ceignit de sa propre épée ; « à chacun de ses bras, dit Ermoldus Nigellus, étaient attachées des chaînes d'or ; des courroies enrichies de gemmes entouraient ses cuisses ; des brodequins d'or enfermaient ses pieds ; des gantelets blancs ornaient ses mains ». Son épouse reçut de la reine Judith une tunique entièrement brodée d'or , un bandeau , un collier, un cercle d'or pour le cou, des bracelets, d'autres cercles pliant pour les cuisses et une cape d'or.

Ceci nous amène à parler du costume des femmes. Il se composait de deux tuniques ou robes; celle de dessous, étroite et longue, avait les manches étroites et fermées au poignet. Celle de dessus, flottante et relativement courte, avait des manches larges et coupées au coude. L'une et l'autre étaient décorées des éternels claves, callicules, etc. Une ceinture, placée sous les seins, retombait par devant ; c'était un objet alourdi par des ornements d'une extrême richesse. Un voile brodé, presque talaire, cachait la chevelure.

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Fig. 52. — Matrones carolingiennes.

(Louandre.)

Comme le dit Louandre, ce costume élégant dans son décor garde pourtant dans son ensemble quelque chose de sévère et de monacal. Les nudités germaines ont disparu. Le voile est si ample quMl sert de manteau, de paîlium, enveloppe le corps et en dissimule les formes. La figure seule se montre à découvert ; on sent Tinfluence du christianisme qui, en imposant une certaine mise aux personnes qui franchissent le seuil de l'église, condamne par cela même les autres.

Iconographie. — Nous n'avons pas encore de sceaux, ni de médailles pour nous renseigner d'une façon authentique. Il faut nous en tenir aux miniatures des manuscrits. Ceux de la première moitié et du milieu du ix^ siècle nous représentent l'empereur Lothaire et le roi Charles le Chauve entourés de leur suite.

Nous avons fait reproduire deux exemplaires différents des portraits de ce dernier, et celui d'un prince franc d'après un canon de l'église de Metz, de la fin du IX'' siècle. Il n'existe aucune image authentique de Charlemagne, excepté peut-être la célèbre mosaïque du triclinhim ou salle à manger du pape Léon III à SaintJean-de-Latran, à Rome, œuvre de

Fig- 53- — Matrone carolingienne (Louandre).

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