CHAPITRE IV
es
tumée à les porter, comme lui, constamment de fer. Sur son bouclier, on ne voyait que du fer. Tous ceux qui entouraient le monarque, le gros même de Tarmée avaient des armures analogues, suivant leurs moyens. » Ajoutons que Charle- >^ <§L-^ magne avait la stature d'un géant de neuf pieds.
Les historiens nous apprennent que Louis le Débonnaire avait les mêmes mœurs que son père: '(Jamais on ne voyait l'or briller sur ses habits, si ce n'est dans les fêtes. A ces jours-là, il portait une chemise et des hautsde-chausses bro-
Fig. $1. — Charles le Chauve (Louandre).
dés d'or ; il avait sur la tête une couronne et tenait dans sa main un sceptre. »
Nous avons moins de renseignements sur Charles le Chauve. Il affectait, paraît-il, de s'habiller à la mode des Grecs, et cette parure étrangère déplaisait aux Francs.
Sous la seconde race, les cheveux étaient taillés courts, à la romaine; la longueur de la chevelure n'a
plus du moins de signification hiérarchique. Les insignes de royauté sont le bâton impérial, le globe, le manteau [■pahidamentum] et la couronne d'où pendaient, à droite ou à gauche, des fils de perles. Le paludamentum, grand manteau bleu ou blanc, long par derrière et court sur les côtés est un symbole de Tinvestiture royale. Les jours de fête dont parlent les auteurs sont les jours de cour plénière, curiœ coronatœ^ véritables galas du temps.
On rencontre dans les chroniqueurs plusieurs mots dont nous devons donner Pexplication. Le rock est un gilet de fourrure assez long que les Francs mettaient par-dessus leur tunique en hiver. Le mot est germanique aussi bien que le terme de hosa\heiise), qui semble désigner des bottes molles de couleur. La brogne et le halsberg (d'où haubert] sont deux objets qui font partie de Téquipement militaire. La brogne était, d'après la définition de Quicherat, une cuirasse qui se portait entre les deux tuniques, une sorte de corselet garni d'écaillés de métal ou de gilet renforcé par des lames de métal. Le haubert était une chemisette de mailles garnie d'épaulettes de fer qui protégeait le cou. Les bambergues des Francs étaient des jambières de cuir ou de métal.
Complétons l'armement par la lourde épée hunnique à double tranchant et une sorte de morion de métal.
Les pirates normands se civilisèrent avec une grande rapidité. Ils apparaissent sur notre sol couverts de peaux, et portant leur barbe et leurs cheveux longs. Nous les retrouvons bientôt rasés, proprement mis et