CHAPITRE PREMIER
iS
gens qui ont pénétré jusqu'au cœur de la Gaule et de la Germanie.
« Les Germains, dit César, se couvrent de peaux de rennes et de vêtements courts, laissant à nu la plus grande partie du corps. » — « Le vêtement national, dit Tacite ; est une saie fixée par une agrafe (fîbiila] ou par une épine. Nus du reste, les Germains passent les journées entières autour du foyer. Les plus riches se distinguent par un vêtement qui ne flotte pas comme celui des Sarmates et des Parthes, mais qui serre le corps et en dessine les formes. Ils portent aussi des peaux de
bêtes, plus grossières (/ze^g^Z/^ewfer) sur les rives du Rhin, plus recherchées [exqiiisitiiis] dans Pintérieur du pays. Ils font choix de bêtes fauves et sur les peaux qu'ils en tirent jettent des fourrures tachetées d'animaux sauvages. Les femmes sont habillées comme les hommes, si ce n'est qu'elles se couvrent le plus souvent de manteaux de lin enrichis de pourpre, et que la partie supérieure de leurs vêtements, au lieu de s'allonger en manches, laisse paraître leurs bras et leurs épaules; leur sein même est à découvert...
« Quelques-uns se servent de glaives ou de grandes piques. Leurs lances, qu'ils appellent framées, sont armées d'un fer étroit mais acéré. Le cavalier n a que
Fig. S- Fibules gauloises.
Fig. 6. — Bracelet gaulois.
(E. Chantre, VAffe de broiiie.)
le bouclier et la franiée. Les gens de pied lancent des
traits. Ilssontnus ou à peine embarrasse's d'un sayon (sagiilo lœves] ; la vanité du costume leur est inconnue. Peu portent des cuirasses ; à peine un ou deux sont couverts d'un casque de cuir ou de fer. »
Aussi Germanicus représente-t-il à
ses soldats que les barbares qu'ils "vont combattre n'ont
ni casques, ni cuirasses, et que leurs
boucliers ne sont revêtus ni de cuir
ni de fer et ne consistent qu'en un
tissu d'osier ou en de minces planchettes peintes.
Strabon dit des Belges, c'est-àdire des habitants de nos provinces
du Nord et de la Flandre, qu'ils
portent des saies et de larges braies
[braccœ]. Au lieu de tuniques, ils
ont des vestes à manches, fendues
sur le côté, qui tombent jusqu'au
milieu du corps. La laine de ces
pays est rude et à longs poils ; les
Belges en tissent des saies épaisses
qu'ils appellent lœnœ. Leur armement consiste en un
long glaive, pendu au côté droit, un bouclier allongé.
Agrafe gauloise.
{Rev. arch.)