CHAPITRE VIII
pourpoint les a longues, comme la cotte et le chainse auxquels il succède, étroites et e'vasées au poignet; la
Fig. 90-91. — Pierres tombales de Saint-Yved-de-Braine et de l'abbaye d'Eu (1379-1415). (S. Prioux, op. cit.)
jaquette les a courtes comme le surcot et le bliaud ; mais on les agrémente de longues lanières pendant bas.
Sous le règne de Charles VI (1380-1422), la ceinture remonta à sa place logique, tandis que le collet
"o LE COSTUME EN FRANCE.
s'agrandit et s'évasa singulièrement, et que les manches se changèrent en larges entonnoirs, transformés bientôt eux-mêmes en gros ballons, lorsqu'on reprit l'usage de les fermer au poignet. Le jaquet eut alors plusieurs équivalents: le hainselin et la Inique, non pas la huque que nous avons décrite, mais une casaque courte, sans ceinture et sans manches. Les chausses devinrent collantes ; on les nouait au pourpoint par des aiguillettes. Les vêtements de dessus furent assez variés. La cloque ou cloche était une cape de voyage. Le manteau à parer ou à la royale était l'antique manteau enveloppant le corps entier, fendu à droite et se retroussant sur le bras gauche. La houppelande prit la place de la housse. C'était une robe de chambre garnie de manches qui traînaient Jusqu'à terre, ceinte, il est vrai, mais fendue par devant; elle laissait voir le bas du corps serré dans les chausses, au point qu'il aurait semblé nu si le bariolage des étoffes n'eût rempli l'office de tatouage et déguisé les formes. On fit des houppelandes de toutes les longueurs et comme c'était la pièce la plus apparente du costume, on entassa dessus les plus somptueux ornements, emblèmes chevaleresques, fleurs, animaux, devises, lacis de perles, etc. On vit le duc de Bourgogne porter une houppelande de velours noir sur la manche gauche de laquelle se dessinait, en or, une branche de rosier portant vingt-deux roses formées de saphirs entourés de perles et de rubis ; et, une autre fois, une houppelande de velours cramoisi sur laquelle était brodé en argent un grand ours dont le collier, la muselière et la laisse étaient aussi tracés par un semis de pierres précieuses.