FIN DU XIV^ SIÈCLE. LES PREMIERS VALOIS
Nous avons vu que, de Philippe le Bel à Philippe de Valois (i32S), on retrouve, légèrement modifiées, les traditions du siècle précédent, qui lui-même semblait garder, par l'ampleur de son costume, quelque lointain souvenir du monde antique; mais dans la seconde période du xiv« siècle, ou plus exactement vers 1840, aux mauvaises heures de la guerre contre les Anglais, un changement s'opère tout à coup sous une influence qu'il est diflficile de déterminer. « Aux environs de cette année, dit un continuateur de Guillaume de Nangis , les hommes, et particulièrement les
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en costume de ville (ijôo) nobles, les écuyers et leur suite, (Quicherat). quelques bourgeois et leurs ser-
viteurs prirent des robes si courtes et si étroites qu'elles laissaient apercevoir ce que la pudeur ordonne de cacher. Ce fut pour le peuple une chose très éton-
io8 LE COSTUME EN FRANCE.
nante... » « La révolution fut radicale, dit Quicherat; aux longues tuniques fut substituée, sous le nom de jaqiiet ou jaquette, une étroite camisole qui n^atteignait pas les genoux. L'habit de dessous fut un pourpoint ou un gipon, justaucorps rembourrés qui avaient leurs ouvertures, celui-ci sur les côtés, celui-là pardevant. Les chausses, mises à découvert dans presque toute leur longueur, allèrent s'attacher aux braies, vers le haut des cuisses. «
La nouvelle mode, fort pratique si elle n'était pas hygiénique, serrait les membres et découpait les formes avec une élégance inconnue jusqu'alors; elle fut pour cette cause adoptée par la jeunesse et dénigrée par les gens de sens rassis et d'âge mûr. Philippe de Valois, qui vit le changement se faire sous ses yeux, ne céda pas à l'attrait de ces nouveautés; il garda la longue robe, et, à son exemple, les hommes de loi, attachés aux traditions par métier et par goût, se séparèrent nettement du vulgaire versatile. La magistrature fit ainsi ce qu'avait fait le clergé, et les clercs ou gens de plume s'enorgueillirent d'être qualifiés de gens de robe ou de robe longue, quoiqu'ils n'eussent pas tous la même tenue.
Le caractère des jaquettes fut d'être parfaitement ajustées au corps; on n'y arrivait souvent qu'à grand renfort d'étoupe placée sous le gipon ou sous le pourpoint; elles étaient serrées par une ceinture fort audessous de la. taille. Cela faisait que le corps avait l'air d'être couvert d'un morceau d'étoffe élastique et que les cuisses sortaient d'une petite jupe bouffante dont on fit souvent une pièce à part. Pour les manches, le