CHAPITRE IX
avoir été à Pusage exclusif des gens de la campagne. De ce nombre sont le jiipel, casaque étroite ; la sor-
Fig. loî. — Isabeau de Bavière.
qiienie qui fut dès lors notre souquenille, sarrau de toile que les pâtres mettaient sur leur habit, tandis que d'autres s'affublaient d'un lodier ou couverture de lit; Idi panetière, sac en toile qui se portait autour du corps
Fig. 104. — Cheminée du musée de Cluny.
(xv" siècle.)
en ceinture; les gamaches, ou fourreaux de jambes en cuir, en feutre et en toile. » (Quicherat.)
Costume féminin. — Jetée sur la cotte, la robe des femmes fut, pendant les deux règnes qui nous occupent, collante par le corsage et ouverte par devant, puis dans le dos, avec des revers brodés sur les épaules. On
cachait ce qui paraissait de la peau par cette échancrure au moyen d'une petite pièce de velours [tassel) et d'un léger fichu, gorgereite ou gorgias. Mais des exemples partis de haut autorisèrent plus d'une femme à découvrir ses épaules et sa poitrine, ce qu'on avait point vu depuis les temps barbares.
Arrivons au trait caractéristique du costume féminin au xv" siècle : la coiffure. « Les dames et damoiselles de l'hostel de la reyne, écrivait Juvénal des Ursins en 1417, menoientgrands et excessifs estats, et cornes merveilleuses, et avoient de chascun costé, au lieu de bourlées [atours], oreilles • si larges que quand elles voulloient passer l'huis d'une chambre, il falloit qu'elles se tournassent de costé et baissassent. » A cet édifice succéda, vers 1428, le hennin proprement dit. C'étaient ces bonnets, de forme cylindrique, si fréquents dans les miniatures et tapisseries du temps, qui s'élevaient certainement à 70 centimètres de hauteur; ces cônes