CHAPITRE IX
tronqués, ces pains de sucre, ces bonnets de derviches, montés sur des carcasses de fil d'archal et toujours garnis de toiles fines et de gaze, depuis le bas jusqu^à la pointe. Ces gazes empesées ou linons faisaient office de voile, se repliaient en cornes aux oreilles et avançaient sur le visage en auvent rigide comme la cornette des religieuses. Cette mode insensée fit fureur Jusqu'en 1470.
D'aussi étranges aberrations de la mode en présagent de plus bizarres encore. L'homme s'éloigne de plus en plus des formes dictées par la logique. L'amour de la singularité l'entraîne; l'émulation produit de déplorables effets. Les vêtements, les armures ne répondent plus à aucun but hygiénique ou défensif. Chacun, enfin, est à la merci de la mode qu'on inaugure cette année à la cour ou que les marchands mettent habilement en faveur pour écouler leurs marchandises. Le moyen âge est fini : nous entrons sous d'étranges auspices dans les temps nouveaux.