CHAPITRE XIV
REGNE DE HENRI IV, REGNE DE LOUIS XIIi; MINISTÈRE DE RICHELIEU (1589-1643)
Le règne de Henri IV fut une pe'riode de transition lente.
Il fallut les horreurs de la guerre civile aux portes même de Paris d'alors pour produire le premier moment d'arrêt dans cette progression artificielle du luxe. Au fond, Tavènement au trône d'une nouvelle branche et la fin de la famille des Valois creusa un fossé profond entre la société qui se réclame du grand nom de la Renaissance et la société naissante qui inclinait vers un idéal monarchique plus largement assis. Pendant ce règne, le costume des hommes fut à peu près ce qu'il était sous Charles IX et Henri III, tout en prenant insensiblement un cachet plus sévère. Les formes n'ont pas foncièrement changé; l'a cour ne fut pas essentiellement modifiée, grâce au caractère du prince; la toilette féminine surtout continua d'être un étonnant mélange d'étoffes de mille nuances, un ruineux assemblage de chiffons chamarrés. .
Pour bien marquer qu'il y a cependant des indices d'un retour à des formes relativement plus naturelles, disons tout de suite qu'il s'est fait une sorte de détente dans le costume masculin. La parure efféminée des mignons disparut complètement : les protestants don-
nèrent le ton à leur tour, proscrivirent les bizarreries de forme et les couleurs voyantes, et inaugurèrent une ère de simplicité qui ne laissait pas que de réserver
Fig. 131. — Henri IV et Marie de Médicis (d'après une gravure du temps).
une bonne place à Pélégance et à la recherche. D'autre part, les catholiques se piquèrent au jeu et les Parisiens du temps de la Ligue introduisirent plusieurs réformes dans* leur habillement. « A Paris, dit un document contemporain, on voit une si grave réformation au retranchement du luxe, qu'il est impossible de le croire à ceux qui ne le voyent, et semble plustost