CHAPITRE XIV
La jupe des femmes ne cessa pas pour cela d^être un
Fig. IJ7. — Costume d'un gentilhomme de la suite du roi Louis XIII (d'après Crispin de Pas).
vrai monument ; par-dessus Pimposante vertugade, les
cottes et la robe faisaient trois ou quatre enveloppes superposées, aussi diverses par le tissu que par leur couleur. A côté de Pimportation des tissus étrangers ou «exotiques, nous voyons l'industrie de la soie devenir nationale, surtout dans Timportant centre de Lyon; la soie brochée se fabriquait à Paris même. Henri IV propagea activement la culture du mûrier; on en acclimata jusque dans le jardin des Tuileries. Les corsages furent taillés sur le même patron que précédemment; mais, notable modification, les dames fixèrent en arrière de la table des sortes de ballons ou de coques bouffantes intermédiaires entre les paniers et le manteau de cour, et garnirent de deux coques analogues le haut du corsage. Cela faisait Tefîet des élytres des insectes, du hanneton par exemple, entr'ouvertes sur le fin tissu des ailes.
Nous avons dit que la fraise et le collet étaient encore en pleine extravagance; les manches, mancherons et bourrelets y adaptés ne sont guère plus raisonnables qu'aux temps immédiatement antérieurs; les pieds eux-mêmes sont torturés par la vogue du soulier à pont, garni d'un haut talon et d'une pièce qui rejoignait ce talon à la semelle; ils ont peine à porter cet édifice montrueux dont la vertugale était l'énorme base. Encore une dizaine d'années et cet édifice va s'écrouler tout d'un coup... Sans doute la persistance de cette mode s'explique par l'avantage qu'elle présentait aux femmes maigfes de cacher l'absence des formes, et aux grasses d'amincir leur taille en élargissant les hanches. N'est-il pas curieux que nous l'ayons vue reparaître en i855 avec le même cachet d'exagération? Toutes les