‹ Le costume en FranceChapitre 88 sur 117 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

torsade. On connaît les boucles frisées de M"'« de Sévigné, qui accompagnaient si bien certains visages. On mêlait là dedans des rubans et on posait sur le tout un petit bonnet ou une toque de velours à plume, ou un mouchoir de dentelle, ou bien plus tard une coiffe,

Fig. 150. — Largillière et sa famille, d'après un tableau du Louvre.

véritable guimple en voile qui revenait se nouer sous le menton.

La cornette des belles années du règne fut une simple passe bouillonnée qu'on plantaittoutdroit surlesommet de la tête; « elle y formait des rayons et les bouts étaient assez longs pour tomber sur la gorge après qu'ils avaient été noués. Tout cela se portait fort en arrière à cause de l'amas de boucles et de frisures qu'il y avait sur le front. » C'est la coiffure Maintenon.

A la fin du siècle, on se servit de Pécharpe pour protéger la tête contre les intempéries, on Pappela cape, mante ou coiivj^e-chef. M"*' de Fontanges donna son nom à une nouvelle coiffure en hauteur fort compliquée qui prenait les cheveux sur le front et en composait un savant édifice dont presque chaque mèche avait son nom dans le dictionnaire des coiffeurs d'alors.

Enfin, en 1714, ce beau monument s''effondra; la coiffure redevint subitement plate et la coiffe basse.

11 faut remarquer que les femmes prirent en général pour modèle les maîtresses du roi. On pourrait ainsi diviser Phistoire de leur toilette en trois périodes correspondant aux règnes de M"'*' de Montespan, de M"« de Fontanges et de M™*^ de Maintenon. Sous la première, les modes se distinguent par un cachet de somptueuse élégance; sous la seconde, par une grâce particulière, mignarde et coquette; sous la troisième par une austérité qui répondait à la tristesse des années sombres de la fin du grand règne. D'ailleurs la cour de Versailles donnait le ton à TEurope entière. Mais ce qui fait la difficulté de dessiner nettement le costume de ce temps, c'est d'abord ce fait que l'ornement l'emporte sur le principal; c'est ensuite que l'initiative individuelle a de plus en plus de part aux créations Journalières de la mode. Une personne hardie qui se montrait avec quelque nouveauté bizarre était aussitôt imitée par tout un petit cercle, comme s'il n'y eût pas eu d'autre moyen de tenir son rang que de changer quotidiennement de tenue.

L'habillement moderne est créé, les principales pièces du costume ne changeront plus. Il va venir une

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