‹ Le costume en FranceChapitre 87 sur 117 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

de pairie ou de chevaliers du Saint-Esprit, de haute magistrature ou de deuil.

L'extrême prodigalité de rubans sur tous ces objets est un fait digne de remarque. L'épaule, Pouverture du pourpoint, les canons, la ceinture même des rhingraves et des chausses où ils s'étagent à la place de la braguette tombée en désuétude, en sont copieusement garnis.

Le roi ayant manifesté qu'il n'aimait pas le grand feutre que son père avait si bien porté et s'étant décidé, quoique avec peine, à porter les perruques (ce fut en 1673 et encore n'aima-t-il pas qu'on poudrât les siennes, ce qui devint si fort à la mode après 1700), les chapeaux furent bas de forme et à bords plutôt étroits. Nous disons étroits en pensant au développement de ces bords de feutre qu'on voit aux chapeaux des élégants de 1620, par exemple; mais leur développement était encore bien suffisant pour qu'on pût y enrouler bellement de grandes plumes. A la fin du règne on retroussa ces bords sur trois côtés et la plume ne tarda pas à être supprimée. Ainsi fut créée une forme universellement connue que nous retrouverons au chapitre suivant.

La botte eut son beau temps sous Louis XIII et Louis XIV, non pas toujours la botte militaire, mais une botte bâtarde, où il entrait bien autant de dentelles que de cuir, épanouie à mi-jambe en un évasement (genouillère] qui devait fort gêner la marche. C'est à la fin du règne qu'on revint aux bottes militaires, on les fit très fortes et pesantes. Ce seront les dernières : désormais nous ne verrons plus que pieds chaussés de souliers, et des plus fins. Ceux qu'on adopta pour aller

avec les premières culottes et les bas tirés furent les hauts souliers à la cavalière qui garnissaient tout le cou-de-pied. Bottes et souliers étaient à bout carré.

Costume féminin. — Pendant les années de la Jeunesse de Louis XIV, les femmes eurent des robes fort ouvertes avec des devants de fines étoffes bouillonnées. Le fichu de cou se transforma en un grand col blanc rabattu en pèlerine et qu'on pouvait garnir fort richement. Les corsages s'en allaient mourir en pointe et étaient terminés par une bosse artificielle qui rappelait la panse des mignons de Henri IIL Mais, en i65o, le beau sexe en vint, comme le sexe fort, à préférer à ces engins \q justaucorps qui ne différait guère par sa coupe du pourpoint masculin ni de la hongreline.

De 1660 à 1680, on n'était pas une élégante si on ne laissait voir la jupe du dessous, qu'on tenait étroite, sous le retroussis de la jupe du dessus, la friponne sous la modeste, Y>^\xv appeler chacune par son nom. Celle du dessus qui venait ainsi se draper en pans écartés était garnie d'une queue des plus longues et se nommait manteau (manteau de cour).

Dans les dernières années l'étroitesse du corsage et l'ampleur des jupes superposées devinrent choquantes. Le manteau se drapa d'un seul côté ; le corsage acquit des basques; tantôt on l'ouvrit [gourgandine), tantôt on le ferma. Pendant tous ces changements les manches étaient demeurées demi-longues.

Le chaperon était descendu dans la rue et devenu la coiffure des femmes du commun seulement.

Au temps de la Fronde, la coiffure formait un cône légèrement incliné derrière la tête et couronné d'une

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