CHAPITRE XVI
Malgré tout, le costume masculin a trouvé des formes dont il ne sortira pas de longtemps : leur logique s'impose; leur commodité et leur élégance les préservent contre Tinnovation. La mode versatile s'en prend aux pièces secondaires et les façonne à son gré, sans cor-
Fig. 151. — Costumes sous la Régence (Paul Lacroix).
rompre la forme des pièces capitales. L'habit, la veste et la culotte ont une longue vie devant eux.
Costume masculin. Pièces principales. Régence. — Il y eut deux façons d'habit : l'une légère, flottante et débraillée; l'autre lourde, ajustée et apprêtée. Les mièvres personnages qui se promènent dans les tableaux de Watteau, ont leur taille élancée dissimulée sous de souples habits de soie, sous des redingotes brillantes et ténues ; mais nous connaissons bien par les innom-
brables gravures du temps, la redingote raide inaugurée dans les vingt premières années du siècle, Thabit à jupe qui, boutonné ou non, faisait à partir de la taille des plis immuables, le plus souvent disposés en arrière.
La veste était un gilet long à basques :
elle arrivait jusqu'au milieu des cuisses, dépassée de peu par Thabit; elle était munie de poches : on la portait déboutonnée dans le haut, dans ridée de montrer la richesse de la chemise et de la cravate de dentelle. Bientôt, sous le nom de jabot, ces deux parties n'en firent plus qu'une quand on eut imaginé de garnir la chemise elle-même de dentelles plissées et tuyautées de façon à former un nuage blanc dans l'entre-bâillement de la veste. La main, qu'on passait dans cette échancrure pour se donner une contenance quand on ne s'appuyait pas sur l'épée, sortait d'une manchette également ornée de fines dentelles.
La culotte s'arrêtait au genou. L'habit boutonné,
Fig. 152. — Costume de seigneur sous la Régence.