CHAPITRE XVI
largement ouvert; un collet rabattu semblable aux nôtres est tout ce qui reste des pèlerines tombées en désuétude. La redingote de fatigue prit alors le nom de
Fig. 154. — Costumes et coiffures de la Régence. (Paul Lacroix.)
lévite. On la renforça, en lui donnant un triple collet et en la faisant boutonner en double croisé.
Sous Louis XV, on avait déjà porté des couleurs assez sévères et des étoffes d'usage, velours, draps et lainages, sauf Pété où le nankin et le coutil étaient de fort bon
2o8 LE COSTUME EN FRANCE.
ton. Sous Louis XVI, il en fut à peu près de même; les soieries légères, la toile blanche et Tindienne venaient égayer le costume dès que la saison le permettait.
Fin du règne de Louis XVI. — C'était le commencement d'une pente mauvaise. L'étiquette se relâchait visiblement à la cour. Plusieurs personnages haut placés donnaient l'exemple d'un dédain exagéré pour la toilette de cérémonie. « On n'estima plus que le négligé, » dit Quicherat. Ajoutons bien vite qu'il s'agit du négligé le plus recherché du monde, d'un négligé savamment combiné. L'habit à la française et le frac, toujours coupés sur le même patron, furent cependant comme des vêtements nouveaux quand on les tailla dans toutes sortes d'étoffes, déteintes inconnues, bariolées et audacieuses; étoffes charmantes en elles-mêmes, mais qui faisaient sur le dos d'un grand seigneur un assez ridicule effet.
Les gilets, ou vestes sans basques, se prêtèrent aux mêmes compromissions. Les étoffes Japonaises ne furent pas plus historiées que ne le furent les gilets vers 1790. Il n'est chose qu'on n'y ait brodée.
Avec la lévite à l'anglaise enûn, on simula une tenue de débotté très goûtée; on endossait cette lévite avec d'étroites culottes de peau et tout un costume accessoire combiné à l'avenant.
Coiffures, chapeaux et souliers. — L'imposante toison qui fut la perruque du grand règne se morcela sous la régence; on en divisa les flots bouclés en trois parts; la touffe de derrière, serrée par un ruban fut baptisée la queue, ou nattée sous le nom de bout-de-rat à moins qu'elle ne restât flottante sous le nom de^înan-