LES VALAQUES
Les Valaques et les Moldaves, ne formant qu’un seul peuple, les Roumains, — sont devenus la race prépondérante sur le bas Danube et dans les Alpes transylvaines ; ils débordent même dans les pays environnants. 4
Le moindre paysan valaque se croit descendu des patriciens de Rome et se refuse à considérer les Gètes et les Daces comme ses ancêtres : par sa grâce et sa souplesse, il se distingue en effet des hommes du nord et se rapproche plutôt des peuples méridionaux.
Les femmes sont la grâce même, soit qu’elles observent les anciennes modes nationales, soit qu’elles aient adopté la toilette moderne. « À ces avantages extérieurs, » dit M. Élisée teclus, « la Roumaine ajoute une intelligence rapide, une gaieté communicative qui en font la Parisienne de l'Orient. »
Les femmes valaques sont aussi des agents irrésistibles des progrès des Roumains eur les bords du Danube pour l’assimilation des races voisines, Comme le dit un proverbe de la Serbie : « Dès qu’une Valaque est entrée, toute la maison est valaque. » Les jeunes Slaves de religion grecque les demandent fréquemment en mariage de préférence à leurs compatriotes, d'autant plus qu’il leur suffit alors d’une somme moins forte pour acheter leurs fiancées.
En Hongrie, il est encore certains comitats où le marché du mariage se fait publiquement, avec la naïveté des anciens jours. A Topanfalva, dans le haut bassin de l’Aranyos, les jeunes-gens accourent de plusieurs lieues à la « foire aux filles » qui se tient en juillet, le jour consacré aux patrons saint Pierre et saint Paul. Elles sont là par centaines, en compagnie de leurs parents et de leurs amis, couvertes de leurs atours, assises sur leurs coffres de vêtements, ayant même tout auprès le bétail qui leur est accordé en dot, Le notaire, campé sous un arbre, attend le moment de rédiger des contrats. On a compté jusqu’à cent quarante fiançailles dans une seule foire.
No 6 descendant jusqu'à la cheville, et munie de larges manches; c’est la pièce principale du costume, L'en- Jeune fille valaque d'Orsova : Hongrie. colure, le plastron, le bord des manches et le bord
inférieur de la camasia sont plus ou moins richement
Les cheveux, entremêlés de fleurs et de rubans, ont un brodés; les dames roumaines introduisent parfois
bandeau noué sur le côté de la tête. Pendants d’oreil- dans ces broderies des pièces de monnaie d’or et d’arles. Collier de grosses perles; en Roumanie, les gent. Cingatoria, ceinture de laine tricolore à laquelle femmes riches portent trois rangées de pièces de tient le catrintia, tablier aux longues franges multimonnaie en or, tandis que celles d’une position infé. colores, aussi nommé, selon les contrées, fota ou zade.
rieure n’en ont qu’une seule composée de pièces d’ar-
En hiver, la femme valaque porte une camisole en gent. Le collier d’une rangée a une valeur de quatre
peau d'agneau, sans manches, ressemblant beaucoup à cinq cents marks, et celui de trois rangées de mille au peptarin des hommes. Cisme ou ciobote, chaussures à douze cents, Cumasia, longue chemise de lin blanc de cuir,