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c’est AMedesti, le modeste ; le second c’est Giulian, le joyeux ; la mère c’est Firense, la florissante, la fille aînée, en plein âge, c’est Jacinta, la fleur.
Les instruments du pifferaro, littéralement « jouer du fifre », sont la flûte, la musette et le tambour de basque, dont le trio s’augmente souvent du triangle aux mains d’un jeune garçon; c’est-à-dire, pour le quatuor, la fistula, l’utricularis bia, le cantabricum tympanum, et le trigonum, tout antiques ; et on peut croire que les péfferari que Pinelli nous montre dans les rues de Rome, en 1817, allant de madone en madone, faire une pause symphonique devant la petite chapelle où brûlait toujours une lampe entretenue par les fidèles, y faisaient encore retentir plus d’un rythme qui avait dû être familier aux divinités païennes logées, jadis, à la même enseigne.
Nos Italiennes appellent la coiffure plate si typique que l’on voit ici et dans l’autre planche, n° 2, 3, 6, 7 et 8, l'amandille, que nous écrivons sur la consonance, nos renseignements s’y arrêtant forcément. Ama, en latin veut dire moissonner, et amandus, amænus, agréable à la vue, eb la mendicula c’est la mandille, En italien le sens de m#anto, la mante, s'étend à celui de voile, prétexte. L’amandille est bien d’ailleurs une coiffure de moissonneuses.
Le fichu qui enveloppe la tête de la paysanne de Loreto, n° 5, pl. HB, est le fascelete, probablement de l'italien fascettino, petit paquet, et fasciare, entourer, environner ; en somme, du latin /ascia, fascis, et son diminutif fasciola. Le mouchoir de cou porte d’ailleurs ce même nom de fascelete, d’un caractère générique. La camisa en toile est la tunique à longues manches, souvent très larges et flottant autour des bras dont le type originaire est ionien, et dont les Romains laissèrent l'usage aux femmes. Pour obvier à la gêne des manches trop larges, les paysannes font usage d’une espèce de brassard d’étoffe que l’on voit particulièrement à l’avantbras de la femme d’Ostie, n° 2, pl. HB. On appelle ce bracelet des manches, manec, du latin manicæ, de l'italien, manicottolo, manche pendante, et manicolto, manchon. C’est ce bracelet retenant la large manche à la hauteur de l’arrière-bras, qui lui fait former les espèces de gig'ots libres qui donnent aux costumes des Italiennes l’un de leurs principaux caractères.
On ne connaît point d'exemple antique du corset palissadé dont ces paysannes font souvent usage. Elles appellent simplement corset cette pièce du corsage lorsqu'elle est renforcée de jones plutôt que de baleines, ce qui la rapproche du corsaletlo, cuirasse. Pour désigner les autres corsages, montant plus ou moins haut, on emploie, sans distinction, le terme de jaquette, en italien c’est la casaque, casacca.
La ceinture, portée communément, est la scixda, expression toute latine, et dont le sens est bien l'antique, scindo, trancher, diviser, retenir.
La robe, c’est-à-dire la jupe, c’est la veste, le vestis latin, l’habit fait de toute étoffe qui sert à couvrir.
L’étoffe est la panne, de pannum, drap, linge, et de panniculus, chiffon ou drapeau, haïllon ou guenille. Le tablier est de toile, d’étoffe légère, parfois de velours. Les tabliers les plus riches sont des espèces de tapis, avec ornements tissés ou brodés, ou encore appliqués, que la
paysanne confectionne elle-même, et que nos Italiennes appellent des tabliers artistés. Le nom de cette pièce importante de la parure est du latin le plus pur : c’est le scenalis, le décoratif, le théâtral.
Le châle, du type de ceux des femmes de Cervara et Cociara, n® 6 et 8, pl. HB, est le fasceletione, de fascetto, paquet, fasciata, bandage, et fusciure, entourer, environner, peut-être aussi fascio, fardeau, et pour la terminale, du latin {onus, ton de couleur et de l’italien fonica, tunique. Encore peut-être aussi de fascino, fascinazione, sorcellerie ; car ces paysannes ont souvent offert plus d’un rapport avec les Bohémiennes classiques, et plus d’une à su jouer chez nos devanciers le rôle de la Zngara, sachant lire dans la main des crédules l'avenir des gens en commençant selon la tradition par y mettre le vieux teston de bon où mauvais augure, selon que, la main ouverte, il se présentait croix ou pile. Elles sont d’ailleurs facilement enclines aux superstitions, et l’on ne sait Jusqu'où elles se croient elles-mêmes quand la chiromancienne prophétise. |
Selon nos dames, on donne à ceux qui portent le soulier de cuir du type de celui de la femme de Cervara, n° 6, ou toute chaussure forte le nom de 7ugeurs. C’est le jugarius du latin, le bouvier, celui qui conduit les bœufs sous le joug, le jugator qui les attelle. Quant aux chaussures de la famille des carbatines, surtout en nsage chez les montagnards, ce sont des scarpes.
Le collier est le cannac ou canac, dont le nom provient peut-être du fil de chanvre, le cannabis sur lequel les perles métalliques sont enfilées, comme il se pourrait encore que cette joaillerie bruissante soit le cano, cantum employé par Cicéron dans le sens de chanter.
Les boucles d'oreille sont des rocchines. Rocco veut dire crosse, en italien, et recino, encore selon Cicéron, rechanter, chanter une seconde fois.
Le long bonnet retombant du paysan de Loreto, n° 1, que l’on rencontre de même sorte en Espagne, et qui se porte avec ou sans le chapeau, se nomme barrettino, ce qui parait dû à sa couleur qui est celle de la barrette des cardinaux.
Documents photographiques.
Voir, pour le texte : Chateaubriand, Voyage en Italie, Lettres adressées à Joubert. — M. Francis Wey, Rome. — M. Ernest de Toytot, les Romains chez eux (Correspondant, ocfobrenovembre 1867).
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ESPAGNE