LÉON. — GALICE. — ASTURIES. — ARAGON. — VIEILLE-CASTILLE
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 No% 1 et 10. Nos 4 et 7.
Maragatos de Villafranca del Viergo, Asturiennes. province de Léon. N° 5.
Nos 2,3, 8et9. : Aragonais; crieur public de village. To Galiciens ; les n°5 2 et 3 de la province d’Orense ; 86 les n° 8 et 9, de la province de Lugo. Castillan, paysan des environs de Valladolid, N'% 1 eb 10. — Les Maragatos occupent les montagnes d’Astorga, dans la province de 5 5 54
Léon, au nord de la Vieille-Castille. C’est une tribu ancienne, aujourd’hui dispersée dans les villages, mais ayant conservé un caractère, nn costume et des mœurs qui diffèrent de ceux de ses voisins. Ces montagnards ne vivent qu'entre eux, ne se marient qu'entre eux, sont soumis à des règles dont personne ne s’écarte, et professent un véritable mépris pour tout ce qui leur est étranger. Il semble qu’un pacte tacite survit à leur dispersion.
Les mœurs tenaces des Maragatos ainsi que leurs occupations héréditaires attestent la haute antiquité de leur race. Leur nom et quelques faits historiques font attribuer à cette tribu une origine mauresque, dont le costume des femmes, robustes et courageuses, semble encore être un vivant souvenir.
Le Maragato a un tempérament sec; il est maigre de visage, alerte et vigoureux. La profession de la plupart est celle de muletiers, arrieros; mais c’est un arriero d’un caractère exceptionnel en Espagne, car il ne chante jamais sur les chemins en conduisant ses mules. Il est à croire que ceux des Maragatos qui, comme celui représenté sous le n° 10 parcourent
les localités en vendant du poisson frais, des conserves, des huiles, n’ont pas la même taciturnité. Les Maragatos modernes sont déjà un type très altéré; s'ils ont conservé, en général, la jaquette serrée au corps par une ceinture, les larges culottes attachées au genou, assez amples pour pendre par-dessus la jarretière qui est invariablement rouge; s'ils ont toujours des guêtres de drap fixées avec des boutons, ils n’ont plus la fraise qu’on leur a connue autrefois, ni le chapeau pyramidal représenté sur une médaille que les antiquaires disent celtibérienne, et font remonter à l’époque de la domination carthaginoïise. Ils portent maintenant le chapeau tronqué à bords assez larges, toujours orné de cordons, jamais de rubans. En Espagne on donne le nom de Maragato au costume lui-même.
N® 2, 8,8 et 9. — Galiciens. — Le n° 2 est un paysan de la province d’Orense, les trois autres sont de la province de Lugo, en pleine Galice, Nous renvoyons à la notice de la planche ayant pour signe le Patin, pour ce qui concerne les Gallegos dans leur caractère général. Ceux que nous représentons ici appartenant à la province de Lugo, dont la principale ville Santiago a été appelée e7 orinal de España, fournissent l’occasion de compléter ce que nous avons dit au sujet de ce pays de montagnes, au climat humide exigeant des précautions dont le costume fermé des habitants est une des conséquences. Le parapluie en est une autre, dans un pays d’averses. Celui du paysan est en coton et de grande dimension. L’homme auquel il appartient et qui est assis à terre a l’un de ces gilets dont on fait montre, qui font partie du costume endimanché et que l’on porte sans la veste. Selon l’usage général, ce gilet est en drap rouge avec des ornements soutachés dans le dos ; il est passé par-dessus la ceinture, et lorsqu'il est, comme ici, l’objet principal de la parure, les jeunes gens ne le boutonnent guère. La culotte de ce paysan est à poches sur le côté; le bas n’est pas boutonné et laisse passer le caleçon de toile. Le col droit de la chemise dépasse le col du gilet et, selon l'habitude aussi, n’est point assujetti par une cravate. Le n° 3 représente un jeune paysan célibataire, comme l'indique la disposition de sa montera ; les pompons en sont dirigés vers la droite, ce qui est le contraire pour les gens mariés, Ce Galleso robuste, bien pris dans sa taille moyenne, porte;gn costume sombre, égayé seulement par des rangées de boutons dorés, dont les pièces, de couleurs apparentées, composent un ensemble du meilleur goût que nous ayons rencontré jusqu'ici. Au n° 8, on voit un Gallego d’un âge beaucoup plus avancé; celui-ci, sauf la coiffure, porte le costume complet comme celui que nous venons de voir ; il a la veste à larges revers et à poches extérieures, le gilet traditionnel, rouge, à revers noirs, la ceinture à plusieurs tours par-dessus le gilet. La culotte en drap épais est large, non boutonnée jusqu’en bas pour ne pas gêner l'articulation du genou; elle laisse voir le caleçon qui est pris dans les guêtres, lesquelles sont de drap, bordé en haut de velours. Cette culotte disgracieuse donne à ce Gallego une tournure qui n’explique que trop les romanceros populaires courant sur les Galiciens. T1 y a entre autres une sakirilla où il s’agit d’un Galicien inquiet de se voir en mal d'enfant, plaisanterie que, nous le répétons, la tournure de notre vieux Gallego fait comprendre. Ce paysan a un gourdin, garrotte, garni de clous de laiton; c’est une véritable
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