‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 117 sur 173 · DT · texte numérisé non relu

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massue, qui, maniée par le bras robuste d’un Gallego, est vraiment redoutable. La campagnarde, n° 9, porte un costume de peu de caractère et sur lequel nous n’insisterons pas. C’est une femme âgée, de condition misérable, pour laquelle sont passés les jours de la Gallegada, les belles soirées de jiesta où l’on montre si volontiers et bien dégagés le bas blanc ou bleu et le soulier à petits talons et à petites boucles. Cette femme est coiffée d’un mouchoir ample, d’un fichu brodé en couleurs ; sa jupe, selon l'ordinaire, n’est pas semblable à son corsage; le grand tablier, le manteo, d’étoffe commune comme le reste, la cache d’ailleurs presque complètement ; les souliers sont presque des bottines qui ne sont pas attachées.

N° 4et 7. — Asturiennes, — Ces deux femmes représentent deux variétés des types populaires, L'une, le n° 4, est une campagnarde; son costume chaud, en laine et drap, bien clos, répond aux nécessités locales; le principado de Astürias dont, d’ailleurs, le climat est sain, est un pays de montagnes abruptes où il fait plus froid que dans tout le reste de l’Espagne. Ce costume est typique. Le mouchoir de soie qui couvre la tête est noué sous le chignon. Le dengue porté par les Asturiennes est le même que celui des Gallegas, leurs voisines ; il est en drap rehaussé de bandes de velours. Les bijoux sont aussi de même sorte, et en aussi petite quantité. Les souliers sont à boucles, mais les bas foncés diffèrent de ceux des alertes Gallegas,

Le n° 7 représente une de ces Asturiennes comme on les voit à Madrid; c’est une bonne endimanchée, Un grand nombre d’Asturiens sont domestiques comme les Galiciens. Celle-ci a un mouchoir de coton noué sur la tête; son mouchoir d’épaules en filet de laine avec franges est brodé en couleurs, le corsage a des manches fermées par des poignets de velours brodé. Le tablier court et étroit est en velours orné d’appliques de rubans d'argent, La jupe est en indienne ou en laine; la chaussure n’est rien moins qu'élégante.

N° 5. — Aragonais, — Celui-ci est un pregonero, crieur public de village. Il a les cheveux coupés courts, le mouchoir de couleur roulé en corde, la chemise sans cravate, la veste portée si souvent sur l'épaule, le gilet, la large ceinture, la culotte de cuir, les bas bleus ne montant pas au genou, souvent coupés à la cheville de manière à laisser le pied nu dans la chaussure de chanvre tressé, les a/pargatas attachées avec des rubans noirs. C’est le costume des contrebandiers des Pyrénées qui, dit une chanson populaire sur ces héros à tromblon et à cartouchière, « sont des hommes de cœur; ce qu'ils chargent en Catalogne, ils le vendent en Aragon. »

N° 6. — Paysan des environs de Valladolid. — Cet habitant de la Vicille-Castille porte un de ces costumes dont l’aspect peut être attribué aux traditions militaires. La Castille qui doit son nom aux châteaux-forts (eustillo) dont elle s'était hérissée dès le IX® siècle fut une vieille terre de combats plus renouvelés encore là que dans les autres parties de l’Espagne. La monfera rappelle le casque, les guêtres de cuir prennent le pied comme les grèves de fer; le manteau en drap grossier, d’une coupe si particulière ressemble à une casaque d'homme d'armes du dix-septième siècle, Ce costume convient au caractère de vens qui, au dire

d’un voyageur du siècle dernier, échangent entre eux des titres honorables quand ils sabordent. « Lorsqu'un laboureur en rencontre un autre dans les champs, il le salue gravement, et lui dit : bonjour, seigneur chevalier. L'autre répond avec le même sérieux et sur le même ton ; et le tout se passe avec autant de majesté que l’entrevue de deux monarques. » Ües honnêtes gens de la terre, ces paysans, qui se donnent du Don, entre eux, ont de sérieuses vertus, et valent mieux que ces autres bons Castillans, les mendiants vus à Burgos par Théophile Gautier, qui semblent, en général, se croire aussi quelques gouttes de sang noble dans les veines. « Ce que l’on voit le plus à Burgos, dit-il, ce sont les guenilles et les haillons sous lesquels s’abritent les mendiants castillans, qu’on a comparés à des tas d’amadou séchant au soleil. Tout cela est si sec, si inflammable, qu’on les trouve imprudents de fumer et de battre le briquet. Les petits enfants de six ou huit ans ont aussi leurs manteaux, qu'ils portent avec la plus ineffable gravité. » Pourvu, dit la chanson populaire, que le Castillan ait

du vin, de l'ail, du blé et de l’orge, il ne quitte pas sa place en juillet, ni son manteau en janvier.

(Aquarelles de MM. Garcia et J. Bastinos, d'après des composihions de Becker et des documents photographiques. Voir pour le texte, Voyage en Espagne, par M. le baron Ch. Davillier, illustré par Gust. Doré.)

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