GAP
Schmidt lith
large nœud s’étale par-dessus le mouchoir de cou non croisé, mais retenu par deux boutons ; la couleur de ce nœud tranche sur le blanc de la chemise. Un tablier étroit en châlong, dans le genre et le goût italien ; une jupe assez courte, peu gonflée, d’étoffe unie et de couleur sévère, des bas rouges très épais et formant comme un pli de pantalon sur le soulier noir à forte semelle, dont la patte retombante se termine en pointe, montrant son revers orné de quelque broderie, et ses cordons non attachés, selon la coutume dalécarlienne, tel est ce costume de haut caractère. Les femmes en cérémonie le complètent par une paire de gants en mitons, laissant les doigts à nu, et ayant le haut poignet du gant de cheval ; souvent une ceinture, étroite comme une lanière, fort longue, s’enroule à la taille, laissant retomber bas sur le côté du tablier ses bouts terminés en petites floches. Le corsage est le même pour les femmes mariées ou non; mais il est de couleur rouge pour les épousées, et les filles, qui le portent bleu pour tous les jours, et le prennent noir dans le costume de toilette.
N° 42. — Scanie, district de Jerrestad,
Cet exemple fragmentaire complète les figures de
fiancés, n° 18, pl. ayant pour signe le Chien de fusil, et n° 29, pl. À couronné. La jaquette, vue de dos, est ornée d’une broderie en couleurs représentant un panier de fleurs ; le col vidé, de forme pure, bordé de dentelle, nécessite le pli particulier du bord du chapeau, relevé par derrière, Cette toilette nuptiale, ainsi que le montre le fouet tenu sous le bras, et que nous reproduisons d’après Forsell, est le type originaire des deux exemples dont nous le rapprochons ; l'artiste suédois ne montre pas ce fiancé botté, mais chaussé de souliers légers, ornés d’un petit nœud de rubans ; les bas sont blancs, et la jarretière de laine qui fixe la culotte courte, est ornée de floches de couleurs variées, indépendamment des bouts pendants terminés en un petit gland de même sorte,
N°0 48. — Islande,
Jeune fille de Reykiavik, en costume de cérémonie. —
Les jours de fête, le corset en drap, de couleur toujours foncée, souvent noir, est enrichi de galons de velours, brodés d'argent par devant et par derrière, Au bas de la robe sont disposées quatre fines rangées de bandes de velours rouge, Un collet noir en car-
can, rappelant le collet monté du seizième siècle, enserre et cache entièrement le cou; il est décoré d’une broderie d'argent à dessin régulier. Un second collet, issu du corsage de la robe, s’élevant par derrière comme le col vidé, mais dont la raideur est tempérée par la courbure en dehors de son évasement, est orné de la même façon. (Le détail de ces broderies typiques se trouve en fragments au bas de la planche, où l’on voit aussi l'exemple de la chaussure portée par cette fille en grande toilette : chaussure qui n’est qu'un morceau de peau ayant une couture sur le pied et derrière le talon, le tout retenu au moyen d’une lanière passant par des œillets. Ce soulier islandais, fait avec une peau de phoque, est peu dispendieux ; la paire coûte cinquante centimes.)
Les Islandaiïses, qui, les jours ordinaires, ne cachent point leur chevelure blonde, la font disparaître entièrement dans leur grande toilette ; elles s’enveloppent étroitement la tête d’un mouchoir en soie noire, bordé de rouge, au haut duquel s'élève un morceau de toile fortement empesée, se recourbant comme le cimier d'un casque. On présume que c’est de cette vieille coiffure scandinave que proviennent certaines coiffures normandes.
Le poignet de la manche est orné d’un galon d'argent dans le genre de ceux du corsage, et cette manche, fendue assez haut, à l’orientale, aux revers de l’avant-bras, a toute une rangée de boutons pour clore cette ouverture, lesquels boutons ont toute la figure de grelots en or, dans le genre des n° 81 et 87, pl. B $. La ceinture, fixée par une boucle, est chargée d’ornements d'argent ou d’or, ayant la figure de feuilles de chêne, de plaques taillées en cœur et en losange, sur lesquelles les jeunes filles font graver leurs initiales et celles de leur fiancé. (Le n° 79, pl B $S, qui est un ornement de ceinture filigrané, montre combien ces décorations sont souvent d’un goût byzantin très prononcé.) Un collier d’or, posé sur le collet monté, et aboutissant à une chaînette qui soutient un médaillon en pendeloque sur la poitrine, achève cette parure, dont le cérémonial se complète par le grand mouchoir tenu à la main,
L'industrie manufacturière étant à peu près nulle en Islande, la plupart des objets usuels sont fabriqués dans l’intérieur des familles ; la femme y foule le drap, vadmal. La vie des pêcheurs islandais, lutte contre la nature et les éléments, est une existence de privations et de souffrances continuelles ; la terre aux montagnes de glace, aride et volcanique, souvent battue par une mer oragense, est sans fleurs ;
l’homme n’est jamais certain d'y faucher assez d'herbe, sa seule récolte, pour n'être pas réduit à tuer lui-même une partie de ses vaches et de ses chevaux, faute de foin pour les nourrir. Il a donc fallu, ainsi que le remarque M. Xavier Marmier, bien des jours de pêche et bien des livres de poisson pour payer toutes”ces broderies de velours et ces
ceintures d'argent dont se parent les Islandaises. Ces parures se transmettent d’une génération à l’autre ; le dimanche, quand les filles de pêcheurs, portant ainsi l’héritage de deux siècles, s’en vont à l’église, on les prendrait d'autant plus facilement pour de grandes dames, qu’elles font grand usage du cheval dont l’emploi est commandé par l’état du pays.
(Voir, pour ce qui se rattache à l'Islande, les n°5 65, 67, 69, 72, 74, 79, 83, 86 et 87,pl. B S.)
(Voir, pour la provenance des documents et les renseignements bibliographiques, la notice de la pl. BS.)
BS
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