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COSTUMES ET USAGES POPULAIRES

Voir, au sujet des n°° 40, 41, 43, 44, 45, 46 et 47, la notice de la pl. B T, concernant les Lapons.

N° 33. — Sudermanie, paroisse de Wingâker.

Marchande ambulante. — Cette femme porte le pardessus d'hiver, vêtement en peau de mouton conservant son poil, très bien coupé et maintenu par une ceinture de drap rouge. La coiffure, arrangée par-dessus le bonnet cachant entièrement les cheveux, est, selon l'usage local, en laine frangée, pittoresquement disposée. (C’est une marchande de tissus et de laine en pelote.

Nos 34, 35 et 36. — Dalécarlie, paroïsse de Leksand.

Famille en toilette du dimanche (costume d’été). — L'homme, un Danneman, le paysan libre et propriétaire du sol qu'il cultive, porte le costume le plus riche de la contrée. Il se compose “d’une espèce de redingote à assez larges épaulettes, bien compée, retenue à la hauteur de la ceinture de manière à laisser voir le gilet de même drap, bleu bordé de rouge. Une broderie de soie jaune simule une grande agrafe sur l’épaulette, et on la retrouve de même là où s'attache le vêtement. A cette toilette appartient une cravate blanche, longue comme un cache-nez, dont les bouts sont mis au dedans du gilet. La culotte et les bas sont blancs ; la jarrettière fine, de couleur vive, est, selon l’usage le plus général, à bouts pendants. Forsell en représentant ce costume, donne à ce paysan une coiffure qui diffère de celle que l’on voit ici. Le chapeau droit tronqué assez bas, a, dans son dessin, d’assez larges bords, et en place du bourdalou simple, des

gansés fins et blancs s’entrecroisant en plusieurs tours sur le noir du chapeau.

La femme porte le corsage bas, lacé sur le devant, d’un usage général en Dalécarlie. (Voir le détail pl. B$S, n° 64.) La chemise, retenue au-dessus du corsage par une boucle en cuir, s'ouvre en deux larges revers décorés d’une broderie en couleur faite avec de la laine; un fichu de lingerie, enveloppant le cou, est pris sous cette chemise. Le bonnet bordé de dentelle, couvrant toute la tête et cachant entièrement la chevelure, est celui de la femme mariée. Le corsage est de couleur éclatante, magnifiquement brodé, laine sur laine, parfois soie sur soie, Le tablier de chalong rayé est de ceux dont il est parlé n° 26, pl. A couronné, et dont la couleur désigne la saison, La ceinture, qui paraît appartenir au tablier, est un long ruban noué sur le côté; y formant un nœud à bouts pendants ; quelque gaine ou sac de cuir brodé en couleurs, pend d'ordinaire à cette ceinture, sous le tablier. La jupe, assez courte, généralement rayée, est de couleur sévère ; les bas sont blancs; le soulier, dont le détail est fourni par le n° 36, rappelle le brodequin chinois dont il est parlé n° 26, pl. À couronné.

Le bonnet en béguin de la petite fille se rapproche par la coupe du bonnet blanc de la Kallarna, la fille non mariée ; il est ouvert sur lanuque de façon à laisser passer les nattes de cheveux. L'enfant parait tenir à la main le livre de cantiques dont la mère porte l’enveloppe, un mouchoir à carreaux bleus, nommé. baklappen, ou enveloppe du livre,

La garde-robe d’un ménage dalécarlien est considérable, car les costumes changent selon les solennités. La couleur des habits, ordinairement blancs ou noirs, est dans les grandes circonstances, le bleu. A la mort d’un parent les femmes prennent le tablier jaune; c’est un signe du deuil chinois. Quant à la coutume des jeunes filles de porter des bonnets ouverts par derrière pour laisser passer leurs cheveux en tresses, et de renoncer à cette parure dès qu’elles se marient, elle est dans les mœurs écossaises. Walter Scott, dans son poème de la Dame du lac, montre une jeune fille qui, en se mariant, supprime ses tresses de cheveux ornées de rubans.

N° 37. — Province de Bleking.

Toilette de jeune femme, costume d'été. — Les coïffures féminines sont souvent compliquées ; elles exigent de l'adresse et de l’habitude ; aussi les jeunes femmes se rendent-elles le service de se coïffer l’une l’autre. Autrement on s'adresse à une paysanne que l’on rencontre dans chaque village, où elle fait profession de coiffer ; elle en a appris le métier, et vient procéder à la toilette de tête.

La coiffeuse dispose ici la natte circulaire qui s’ajuste au haut de la tête et borde le bonnet de lingerie sur le devant. Le petit corsage, non encore fermé, que l’on voit à la patiente qui se considère en un petit miroir, est ordinairement de soie noire ou de velours, bordé de larges rubans de soie blanche ou d'argent ; clos, ce corsage prend bien la taille, de manière à la faire valoir. Les manches assez volumineuses de la chemise restent apparentes ; le col replié est fermé par une agrafe d’orfèvrerie, double bouton du genre des n% 19 et 20 de la planche de bijouterie. La pièce de soie frangée que cette femme tient sur ses genoux esb un grand fichu qui se pose sous le corsage, se. croise sur la poitrine un peu au-dessous de cette agraïe, et dont les bouts, dépassant le corsage, se prolongent sous le tablier. Ce dernier, fort large, cache en grande partie la jupe, ordinairement urossie d’un certain nombre de jupons. Le soulier mignon n’est décoré que d’un léger nœud en coque divisé par une très petite boucle d'argent.

Les femmes mariées portent des bagues, mais les jeunes filles n’en ont jamais, même quand elles sont fiancées ; on ne leur en voit en public que lorsque leurs bans sont publiés à l’église, En revanche, elles font usage de colliers en perles et de jolies aiguilles.

Les femmes de la province de Bleking passent pour être les plus jolies de la Suède. Leur costume, qui ne contrarie pas la liberté des mouvements, ajoute à leurs grâces naturelles. Le col dégagé, le fichu pris sous le corsage, le bonnet ajusté, rapprochent ce costume de celui des matelots.

Le mariage, dans cette contrée, donne lieu à des scènes singulières. Lorsque la fiancée entre dans la chambre nuptiale accompagnée de flambeaux, au son de la musique, des chants, elle trouve le lit au milieu dela chambre sur un grand trépied. Le marié, pris dans le rond des garçons d'honneur qui se mettent autour de lui,.doit franchir ce cercle, pour arriver à sa fiancée, en sautant par-dessus les mains jointes de ces jeunes gens. C’est en commun que les mariés reçoivent le lendemain les cadeaux de noce : du bétail pour la ferme, un cheval avec son équipage, et des armes de toute sorte servant de symbole pour rappeler à la femme qu’elle doit suivre son mari dans le combat aussi bien que dans la paix, et qu'il lui appartient de défendre avec lui l’honneur de toute sa génération.

N°5 38 et 39. — Dalécarlie, paroisse de Rattvik,

Paysan et fille endimanchés. — Dans cette localité de

mineurs, le paysan à beaucoup de rapport avec ceux de Mora, de Leksand, etc. La physionomie de l’homme diffère peu, et sa toilette, toutefois plus sévère, est d'un caractère analogue à celle de l’habitant de Leksand. Habit, gilet et bas de même couleur, d’un noir violacé ou brun ; culotte semblable ou couleur de peau de daim. Le bourdalou du chapeau brun est un cordon dont les bouts se terminent en glands. Le vêtement est bordé de rouge, y compris le petit collet droit.

La coiffure féminine est d’un caractère particulier, Par-dessus le bonnet de lingerie bordé d’une dentelle, le béguin de Mora, les femmes portent un bonnet de laine noire, gansé de rouge, dont la forme en pointe rappelle certains pileus asiatiques, et dont la figure se conserve lorsque ce bonnet superposé est en toile blanche. Le béguin, selon l’usage en Dalécarlie, clos par derrière pour la femme mariée, est ouvert sur la nuque pour le passage de la double natte des cheveux de la fille non mariée.

Le costume des Dalécarliennes de Rattvik est peut-être celui qui, dans sa rusticité, conserve le plus pûrement le caractère original. Le corsage est la ceinture franche, lacée sur le devant, soutenue par de véritables bretelles attachées de chaque côté ; un

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