‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 152 sur 173 · COSTUMES POPULAIRES, XIX° SIÈCLE · texte numérisé non relu

COSTUMES POPULAIRES, XIX° SIÈCLE

N°s 4, 6, 7, 10, 11, 13, 20 et 21,

Coiffures du dix-septième siècle,

Nos 9, 12, 14, 15, 16,17, 18 et 19.

Détails de ces coiffures,

Nos 1, 2,3 et 5.

Costumes de la première partie du siècle.

Type moderne.

En vertu du traité de Westphalie, l’Alsace (d’Z/sass ou Ælsass, pays de l'TID) fat cédée à la France en 1648, moins Strasbourg, ville libre et impériale, que Louis XIV ne réunit à notre pays qu’en 1681.

Quelques années avant cette annexion, une sévère hiérarchie séparait rigoureusement les classes de la société alsacienne ; comme au moyen-âge, des lois somptuaires et de minutieuses ordonnances réglaient l’étalage du luxe, en déterminant la qualité de la soie, du velours, des rubans, de la fourrure, le degré de richesse des bijoux et des joyaux, que les austères Zandvogts toléraient chez leurs administrés. Leurs ordonnances s’occupèrent même des perruques, lorsque la mode vint de se couvrir la tête avec cet édifice de crin.

La première des six catégories qui divisaient la population, se composait de la riche noblesse alsacienne, des sénateurs, des Ammeïster (échevins) et des Sfadmeister (municipaux). Cette classe avait la précieuse faculté de pouvoir s'habiller selon ses convenances et sa fantaisie, mais il lui était essentiellement recommandé de donner le bon exemple et de ne pas abuser de son privilège, de peur d’exciter l’envie des classes inférieures.

La même recommandation était adressée à la bourgeoisie, non moins favorisée dans le choix de ses accoutrements; mais cette classe ne souffrait pas de ces quelques restrictions, habituée qu’elle était à toujours observer dans ses habits une simplicité relative, Comme le disent les légendes de /’ Alsace française, Recueil de ce qu'il y a de plus curieux dans Strasbourg, ouvrage à gravures de la fin du dix-septième siècle, la haute bourgeoisie a toujours « con- « servé une manière ancienne eb modeste dans ses habillements ; les dames emploient dans « leurs vêtements, qui sont très propres et magnifiques, la soie, l’or et les dentelles, mais cela « avec tant de modération qu’elles en sont louables. »

On trouve une preuve évidente de la richesse de la population dans le détail des règlements somptuaires de cette époque. Il était alors une coiffure, déjà en usage au seizième siècle, que le sénat permettait de porter ; on la nommait berdel et elle consistait en une sorte de tiare, simple ou de formes diverses, selon la position sociale des personnes ; brodée d’or ou d'argent, garnie, pour les classes élevées, de perles et de pierres fines, sa valeur atteignait généralement trois à quatre cents florins. Ainsi, sans parler du prix des chaînes d’or, des colliers et des bagues dont elle pouvait se parer, la simple coiffure d’une dame de haut rang ou d’une femme riche des classes plébéiennes, formait alors un véritable trésor qui se transmettait dans les familles.

Comme cette riche coiffure était pour ainsi dire obligatoire aux noces et aux grandes fêtes, elle devint un article de location pour les femmes qui devaient s’en parer, sans avoir le moyen d’en faire l'acquisition.

Les hommes portaient aussi ce bonnet, coiffure commode par elle-même et ayant encore l’avantage de pouvoir être décorée plus ou moins richement, de manière à représenter le rang de la personne qui en faisait usage.

Lorsque Strasbourg fut réunie à la France, les hommes suivirent les modes françaises, mais les femmes, surtout celles appartenant à la bourgeoisie, restèrent fidèles au costume traditionnel de leurs mères ; cet état de choses se maintint jusqu’à la Révolution.

L’accoutrement des campagnards, fort simple pendant le moyen-âge, ne s'enrichit que lorsque les lois somptuaires cessèrent d’être en vigueur et lorsqu'il fut permis aux dernières classes d'apporter quelque luxe ou quelque originalité dans leurs vêtements. Ce costume s’est conservé et perfectionné à travers beaucoup de générations, tout en subissant l'influence du goût dominant de chaque époque, mais c’est surtout aux femmes que revient l'honneur d’avoir conservé la tradition dans toute son intégrité,

Néanmoins, depuis bon nombre d'années, le costume alsacien disparaît : les campagnardes risquent encore le petit tablier blanc, les larges rubans de soie sur la tête, mais on ne voit

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plus les jupons écarlates, les larges chapeaux de paille enrubanés, ni les longues tresses de

cheveux, les tabliers de soie et le corset bariolé,

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