F SAVOIE
La Savoie, avant la révolution française, était divisée en sept provinces : la Savoie propre, le Genevois, le Faucigny, le Chablais, la Maurienne, la Tarentaise et la province de Carouge.
Dans les montagnes, les villages sont absolument séparés du monde pendant l'hiver. Par une sorte de compensation, nombre de Savoyards emploient ce temps à s’instruire. La moyenne des connaissances esb plus grande dans ces contrées que dans les régions basses de la plaine, et autrefois, la Savoie, comme les Hautes-Alpes, avait le privilège de fournir d’instituteurs les départements riverains du Rhône; actuellement, la plupart des émigrants chassés de leur patrie par la nécessité, ont pour industrie le petit commerce de détail.
D’après les statistiques, en deux siècles, la population des hautes vallées de la Savoie à diminué d’un quart, tandis que celle des plaines basses, d’Annecy, de Moutiers, de Chambéry, s’est accrue dans la même proportion.
No 5. croisé ; culotte recouverte de fortes guêtres fixées au-dessous du genou par une lanière de cuir; larges chaussures ; habit à gros boutons muni de poche sur les côtés.
Montagnard des environs de Saint-Jean de Maurienne.
Sur le bonnet de laine, un chapeau de feutre à larges aïles ; l’aile postérieure, plus importante, doit couvrir entièrement le cou lorsqu'elle est rabattue; gilet
(Les n°5 1, 2, 3, 4, 5 et 6 sont de la première partie du siècle.)
MACONNAIS,
Le département de Saône-et-Loire a été formé de l’Autunois, du Mâconnais, du Châlonnaïs et du Charolais.
Les habitants de ce département conservent, de nos jours, quelques-uns ,des caractères distinctifs de leurs anciens usages ; le costume des femmes du Mâconnais, surtout, n’a presque pas subi de modifications. Toutes portent encore l’antique chaperon ou cape dont la forme offre une analogie frappante avec l’huiken des Rhénanes et des Brabançonnes du dix-septième siècle (voir les femmes houppées, planche la Pensée, Europe, X VIT siècle). |
Cette coiffure affecte deux formes : elle est quelquefois ornée à sa partie supérieure d’un épanouissement de dentelle additionné d’une houppe; tantôt cette même partie supérieure reste sans ornement, sauf le bord plat du chapeau garni d’une immense voilette entourant complètement la coiffure, laquelle offre ainsi le même caractère que celle en usage dans la Bresse.
Le costume des Mâconnaises et des Bressanes rappelle, par l'abondance des bijoux, la recherche dans les étoffes, les dentelles, etc., une époque et des usages disparus, et présente un souvenir très direct de la domination espagnole dans la Franche-Comté.
N°7. de dentelle à la partie supérieure et sur le bord plat de la coiffure. Pendants d'oreilles. Triple collier auquel sont suspendus de riches médaillons. Large collerette. Robe de soie rose avec une petite veste de
Bonnet à ruban bleu. Chapeau entouré d'un double tuyauté de dentelle tombant assez bas ; la partie supérieure, en ruché de dentelle et ornée d’un galon
: Fe : ; x même étoffe dont les manches courtes sont additiond’or, s’'épanouit autour d'une houpette de soie.
nées de brassards en soie blanche brodée. Cette petite N° 8. veste de soie et le corsage d'un tablier tissé se relient par derrière au moyen d’un bouillonné de dentelle. Sur le premier tablier, un #econd en dentelle noire. Mitaines, Petits escarpins.
Chapeau à bord plat, garni de peluche et d’un rang de dentelle ; il est orné d’une longue voilette ; sa partie supérieure à un large galon d’or bordé d’une petite couronne de peluche.
Sous ce chapeau un béguin tuyauté. Pendants N°12
d'oreilles. Colliers dont l’un est orné d’une croix.
Fichu de cou disparaissant sous la bavette d’un ta-
Riche costume de cérémonie,
Chapeau garni d’un rang de dentelle et d’un gland d’or tombant de côté; immense voilette. Double collier avec médaillon. Chaîne de cou à laquelle est sus-
N° 10. pendue une montre placée dans le gousset du tablier.
Collerette plissée. Robe de soie noire. Tablier de soie
claire avec corsage et manches brodées d’or ; le de-
vant de ce corsage est orné de chaînes et de médail-
blier au bord supérieur de laquelle est placée une petite broche. Collerette de dentelle,
Costume de fête.
Bonnet de dentelle fixé au moyen d’un ruban de soie
passant sous le menton, et sur le côté, par un large et long ruban tombant sur la robe. Chapeau posé sur le côté de la tête et maintenu par un ruban passant derrière les oreilles et sous la nuque : ruché
lons. Brassards et mitaines de dentelle.
Cette toilette, portée de nos jours, est fort dispendieuse. La soie, les dentelles fines, les nombreux bijoux, forment les caractères principaux du costume
traditionnel que modifient à peine les modes ac- En descendant la vallée de la Saône, le chapeau di-
tuelles. minue et ne consiste plus qu’en une petite coiffure de No 11 feutre noir enjolivée de rubans. Bonnet à coiffe de de dentelle. Robe en drap vert-clair avec corsage décol- Costume de ménagère de la première partie du siècle. leté. Tablier à bavette. BRESSE.
Les campagnes du nord du département de l’Aïn constituent la Bresse, tandis que la région du sud est connue sous le nom de Dombes; le Bugey est formé par la région de la montagne,
La population de ce département est un peu plus clairsemée que dans le reste de la France ; elle s'occupe principalement d'agriculture, de l’élève des bestiaux et de la fabrication des fromages.
On dit que les habitants de plusieurs villages des environs de Bourg-en-Bresse se distinguent de leurs voisins par une taille plus petite, des traits plus réguliers, une constitution plus nerveuse; ils se feraient remarquer par leur intelligence et leur esprit d'initiative, mais aussi par leur défiance et leur ruse. Quelques auteurs pensent qu'il faut voir dans ces Burins, les descendants de fugitifs sarrasins, auxquels les gens du pays auraient accordé des coins de terre incultes. Les anciens du pays appellent encore les Burins, les Surrasins.
N° 11 et 13. | Le costume se compose d’une robe de drap ou de soie à fleurs courantes et d’un corsage, également de
Anciens costumes des environs de Bourg. : ; drap, recouvert d’ornements en argent plaqués sur
La partie septentrionale du département de l’Ain où l’étoffe, Large tablier à bavette orñée de chaînes d’or est située la Bresse, confine au département de fixées à chaque épaule. La chaussure, suivant la Saône-et-Loire; c’est pourquoi la coiffure des Bres- saison, consiste en sabots, souliers ou galoches, avec sanes et celle des Mâconnaises sont absolument des chaussons de feutre, des bas de laine, de coton identiques, ou de fil,
BOURBONNAÏS.
(Le costume ci-joint fait suite à ceux de cette province donnés dans la planche C N.)
N° 9. Les cheveux, recouverts d’une coiffe, sont réunis sur
Bourbonnichonne, coiffée du chapeau de paille à forme la nuque en un chignon épais et s’attachent par un basse dont l'arrière se retourne en volute ; l'intérieur cordon ou se fixent au moyen d’un petit peigne. Orest garni de soie bleue. La paysanne riche et coquette nement en jaseran suspendu à un ruban de velours,
porte une dentelure de paille autour de son chapeau. | Cape en drap bleu.
Les n°° 1, 2,3, 4, 5 ct 6 sont tirés de la collection de Costumes de l'empire français, publiée par Martinet, au commencement du siècle.
Les n° 7 et 8 sont des documents photographiques. Les n° 10, 11, 12 ef 13 ont été reproduits d'après les modèles qui figurent 5 2 {| au Musée Elhnographique du Trocadéro.
Le »° 9 provient d'un croquis original.
Le n° 14 appartient au recueil de Costumes des femmes de Hambourg, du Tyrol elc. 5) , , de Lanté et de la Mésangère.
Voir, pour le texte : Statistique de l'empire, 1808. — Les Français peints par eux-mêmes, tomes Gel 7. — Ducourneau et Monteil, la France nationale. — M. Klisée Reclus, Géographie universelle.
FS
FRANCE
ALSACE. — COIFFURES DE CLASSES DIVERSES. — LE BÆNDEL, LE PELZKAPPE:; XVII° SIÈCLE.