‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 160 sur 173 · PREMIÈRE PARTIE DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE DU SIÈCLE

1 2 5 4 10 11 12 N°5 1 et 4. — Rouennaises endimanchées.

Ces ouvrivres portent le bavolet (voile qui déscend bas); leur chignon, tout en l’air, est séparé de la tête par un bandeau.

Nos 2 et 7. — Costumes du bois d'Embourg, à trois lieues de Rouen.

No 3. — Femme du Val-de-la-Haye, près de Rouen. No 5, — Parure de Pont-l'Évêque (Calvados). N° 6, — Jeune Hâvraise.

Le fond du bonnet s'élève en pointe; les femmes élé .gantes mettaient sur ce bonnet un ruban faisant deux tours et qu’elles nouaient en rosette. Un fichu blanc, garni d’une petite dentelle, est enfoncé dans la robe de soie.

N°s 8 et 16. — Costumes dessinés à la foire de Saint- Gorgon, près de Rouen.

Le bonnet à une échancrure pratiquée dans sa partie inférieure, et il est posé sur un bandeau de velours ;

à ce velours est cousue une garniture de batiste à petits plis.

N° 9. — Cauchoise dessinée à Limpiville, arrondissement d'Yvetot. C’est la prieure d’une confrérie; elle porte à l’église le pain bénit.

Le voile est coupé en deux parties et chaque moitié est froncée sur une bande étroite rapportée, Les jours de grande cérémonie, les jeunes filles portent un bonnet dont les barbes sont excessivement longues.

N° 10. — Bayeusaine,

Par leur arrangement, les barbes pendantes produisent un angle sur le devant du bavolet. Le juste-au-corps ou casaquin est échancré dans le dos et entre dans la jupe.

No 11.— Caennaise,

La calipette des femmes de Caen a une grande élévation et ses barbes sont croisées de manière à figurer une mitre ; une épingle d’or la fixe sur la tête.. Les cheveux sont retroussés en bourrelet. Par devant, la robe monte très haut. Deux tabliers sont placés l’un sur l’autre ; leurs bavettes ont des coins pointus,

N° 12. — Paysanne de Rolleville ; arrondissement du à la planchette et qui consistait à avoir, étant assise,

Hâvre. une planchette suspendue sous les pieds, — Brantôme, en parlant du butin que fit M. de Salvoison au château de Verceil qui appartenait au duc de Savoie, dit & qu’il y prit une planchette d’or qui étoit à la € haquenée de la duchesse quand elle chevauchoïit N° 13. — Costume de Saint-Valery en Caux. & dessus ».

Bonnet déjà très rare en 1827. La garniture du devant et celle qui tombe sur le chignon sont cousues au bonnet,

No 14, —— Cauchoise. Une des parures favorites des paysannes du pays de

; : Caux, est une grande croix d’or surmontée d’un cœur, C’est le costume cauchois tel qu’il s’est conservé dans

les campagnes. La manière de monter à cheval est N° 15. — Costume de Varangeville; arrondissement aussi très ancienne; c’est celle que l’on nommait de Dieppe.

En Normandie, le type féminin offre quelques variétés où se rencontrent les traits particuliers et personnels à chaque petit pays. Dans toutes les contrées de grande culture comme le Roumois, le pays de Caux, le Vexin, les femmes sont roides, longues, sèches, hâlées, mais vigoureuses ; la taille est plus petite chez celles qui habitent les bords de la Seine. Comme contraste, la Normande des environs de Bayeux est grande, forte, superbe, jouissant d’une fratcheur incomparable. Cette splendeur s’adoucit et se tempère dans les environs de Caen. En se dirigeant vers l'Ouest, les traits vont toujours en se féminisant : les Viroises sont fines et coquettes ; les femmes du département de la Manche ont encore plus de séductions ; enfin c’est chez les Granvillaises que se voit la beauté exquise, la perfection du type normand dans ce qu’il a de plus gracieux.

Le bonnet cauchois, que l’on a toujours pris comme base pour rechercher l’origine du bonnet normand, se composait d’une carcasse en soie richement brodée d’or ou d'argent et affectant

la forme d’un cône ou d’une longue corne un peu recourbée ; à l’extrémité supérieure de cette corne, s’attachaient des barbes plissées ou tuyautées en forme de sabot et retombant ensuite jusqu’à mi-corps. Quelquefois même ces barbes étaient assez longues pour descendre jusqu’au bas de la robe ; mais alors on les redoublait et on rattachait le bout à la hauteur du chignon. L'emploi de la riche carcasse, qui devint la pièce principale de la coiffure, et l’absence complète de passe et de fond, constituent la différence qui existe entre le bonnet cauchois et les autres bonnets normands.

Le véritable ancêtre du bonnet normand, c’est le hennin en forme de corne porté pendant de longues années en Allemagne, en Angleterre, et qui est une des coiffures qui persistèrent le plus longtemps en France où toutes les classes de ce côté-ci de la Loire l'avaient adoptée,

On pourrait peut-être aussi attribuer une origine scandinave à la coiffure normande : voir la jeune Islandaise de Reykiawik (pl. B R, Suède) qui porte, pour chevaucher les jours de fête, un mouchoir de tête surmonté d’un cimier donnant exactement le principe de certains bonnets de la Normandie.

Excepté ceux des Cauchoïises, tous les bonnets sont formés de trois pièces : le fond, la passe, les barbes qui sont un prolongement de la base et qui, quelquefois, s’en détachent complètement.

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