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Enp. Firmin Didot et Cie Paris
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Chez les Bayeusaines et les Caennaïses (voir les n°“ 10 et 11), la passe est droite, couverte de rubans ; le fond presque perpendiculaire se trouve haut, large, évasé; les barbes, rapprochées l’une de l’autre au milieu de la passe, se séparent et vont se rattacher à chaque extrémité du fond, d’où elles retombent sur les épaules.
A Lisieux, au contraire, le fond, très petit, placé tout au sommet, ne coiffe pas la tête; la passe très élevée est aussi un peu flottante ; les barbes cousues à l’entour lui servent de bord, elles sont habituellement tuyautées dans la partie qui tourne par derrière.
Le bonnet des Argentinaises a quelque ressemblance avec celui des Zexoviennes (de Lisieux) ; mais il est plus retroussé, plus coquet, plus hardi.
Quelques femmes des bords de la Seine, à Jumièges, à Duclair, ete., se coïffent comme les ouvrières de Rouen de la première partie de ce siècle (voir les n° 1 et 4). Dans ce bonnet, la passe et le fond sont entièrement recouverts par les barbes. Celles-ci se composent d’une longue pièce de mousseline doublée dans le sens de sa largeur et posée par le milieu sur le front ; où on relève ensuite les extrémités pour les entrecroiser l’une sur l’autre, après avoir formé des deux côtés un large pli tombant jusqu’au-dessous de l’oreille.
À Honfleur, le bonnet se réduit aux proportions d’une modeste cornette. A Vire, il découvre entièrement le front et est posé presque horizontalement,
Dans le département de la Manche, les barbes ressemblent à de grandes ailes, les fonds se développent dans des proportions extravagantes, quelques-uns se replient sur eux-mêmes comme un cimier démesuré ; de plus, ils se partagent en deux parties et forment ainsi, au-dessus des barbes, une seconde paire de larges aïles blanches dont le contour est maintenu par un fil de laiton.
La calipette de Caen (voir n° 11) est un serre-tête dont le bord, agrandi et relevé, entoure la tête d’une sorte d’auréole formée d’une large dentelle ruchée, à gros tuyaux; un cercle de carton de la largeur de trois doigts environ soutient la partie supérieure du fond ; le haut du bonnet est maintenu par un grand peigne ; un nœud, dont les longs bouts descendent jusqu’au milieu du dos, s'attache par derrière.
Le bonnet de coton se porte chez les femmes de la basse Normandie, surtout dans les environs de Lisieux et de Falaise.
L’arrangement des barbes fait toute l’originalité du bonnet de Granville, Il esb collant sur la tête; on couche les deux barbes l’une sur l’autre au lieu de les entrecroiser, puis on les ramène du côté opposé où elles restent flottantes. Les plis qu’elles forment des deux côtés découvrent les oreilles ; mais cette coiffure ne demeure point aplatie sur le front comme elle est posée d’abord; on y chiffonne au milieu, avec les doigts, deux espèces de petites cornes.
D'après les dessins originaux publiés par M. Philippe en 1834, il est facile de suivre les variantes de la coiffure normande dans le département de l'Eure. — Les jeunes filles de Quillebœuf se montrent parées du bavolet des Rouennaises ; les femmes de Louviers et de Pontde-l’Arche portent un bonnet dont la passe très haute se développe en longues ailes plissées,
le fond est éntouré d’un petit ruban, forme qui se rencontre aussi d’Évieux à Nonancourt ; dans le Liévin, les passes deviennent flottantes ; puis on les voit se rejoindre derrière la tête chez les paysannes de Beaumont-le-Roger. Ces localités ont lear coiffure de deuil consistant en une grande pièce de tulle noir “Aoee autour du bonnet, lequel possède alors toutes les apparences d’un haut turban.
Le complément indispensable de l’ancienne coiffure normande, c'était le chignon. Il formait une énorme coque étalée sur le cou entre les barbes flottantes du bonnet. Son ampleur représéntait la fortune escomptable de celle qui le portait, car le chignon ne se composait que de faux cheveux, et loin de vouloir le dissimuler, les belles Cauchoises affectaient plutôt de le choisir d’une couleur différente de leur chevelure, afin qu’on ne doutât pas que leur bourse seule en avait fait les frais.
Les costumes qui accompagnent les bonnets ont varié suivant les époques; mais ils sont toujours, plus ou moins, la reproduction des modes déjà arriérées de la ville.
Les Cauchoises avaient autrefois adopté les doubles jupes ; les catholiques et les protestantes se distinguaient entre elles par la couleur de ces vêtements : les catholiques portaient la jupe de dessus, rouge; les protestantes la mettaient bleue,
Au dix-huitième siècle, le costume d’une Cauchoise se composait d’un corsage de soie jaune brodé d’or, à longue pointe, orné au milieu de nœuds à rubans ; jupe et manches d’étoffe bleue, ouvertes, rattachées de place en place par des nœuds et laissant voir par leurs onvertures une robe rouge plus longue de quelques doigts que la première ; tour de gorge très haub et tuyauté.
Au dix-neuvième siècle, ce costume s’est complètement transformé ; on a porté le bonnet cauchois avec le soulier beurre frais, les jupons en fourreau de parapluie et les petits corsages du premier empire.
Aujourd’hui, les riches fermières du pays de Caux, comme celles du Ve exin, ont complètement adopté les modes de la ville.
Figures provenant de l'ouvrage intitulé Costumes des femmes du pays de Caux et de plusieurs autres parties de l’ancienne province de Normandie, dessinés par Lanté, gravés par Galine; Paris, 1827, in-4°.
Voir, pour le texte, les rensoignements fournis par La Mésangère dans le recueil de Lanté. — La remarquable Normandie illustrée publiée en 1852 sous la direction d'André Poller el de M. Georges Mancel. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier français, à l’article Coiffures. | on