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dit un voyageur. Les garçons comme les filles de cet orphelinat ont un costume mi-parti de rouge et de noir, conversion des couleurs mi-parti de ce costume à l’origine, où ces orphelins étaient vêtus de rouge et de blanc comme les bourgeois de la ville; aux temps où la mode des couleurs sombres prévalut, le noir prit la place du blanc, le rouge est resté.
L’uniforme des filles comporte, en outre, un mouchoir blanc s’ouvrant en cœur sur une chemisette montant jusqu’au cou. La coiffure, assez jolie sur de jeunes têtes, est particulière. Elle est d’un linon léger, transparent, et, sur le devant, cette mousseline épousant la forme de la tête tombe jusqu'aux sourcils ; mais ce voile écourté et à plat ne recouvre pas entièrement le front. Celui-ci reste découvert au milieu et assez haut pour laisser voir les cheveux à leur naissance, Sous la mousseline transparait la plaque d’or ou d'argent doré assouplie comme le casque, et dont les extrémités viennent aboutir de chaque côté du sommet de la tête, en une espèce de petite corne au dessous de laquelle, et pour la mieux marquer, est fichée une épingle d'argent ne montrant que sa petite tête ronde. Le soutien commun de l'édifice est la pièce 12 et 14, vue de profil et par derrière, qui prend la tête et se prolonge par derrière en une petite queue autour de laquelle la mousseline enroulée se lie. Ce soutien de la coiffure qui disparaît entièrement sous le bonnet, est en drap noir, et légèrement en coussin, de manière à faciliter l’usage des épingles. Les deux pièces détachées qui avoisinent l’orpheline, fig. 8, sont le profil et le derrière du bonnet vu d’ensemble.
Nous nous arrêterons peu au sujet de la paysanne de l’île de Schouwen, fig. 15, allant au marché de Ziérikzée, datant du commencement du siècle. Sous son chapeau, qui est de ceux que l’on peut baisser à volonté sur le devant pour se garantir de la pluie, et sous le béguin blanc dont sa tête est enveloppée, cette paysanne porte la lame d’or du casque des Nord-Hollandaises, et a les fers temporaux en spirale. Son collier de corail est d’un seul rang. ;
Le groupe 17 appartient à l’île de Walcheren, ainsi que la fig. 18, qui est de Middelbourg, la capitale de cette ile et de la Zélande. Le chapeau des jeunes gens de Walcheren et de Beveland du nord (Noord-Beveland) est le chapeau en tuyau de poêle à très petits bords. Leur cravate est de soie de couleur éclatante. Deux gros boutons de filigrane d’or ferment leur col de chemise ; veste et culotte de velours noir, fermée au moyen de deux ou quatre plaques en argent de cinq centimètres de diamètre. Leurs borstrokken, gilets à manches, sont écarlates à grandes fleurs jaunes, bleues ou lilas à grands ramages, suivant la religion ; ceux des catholiques sont rouges à ramages jaunes, ceux des protestants sont plus sombres ; vingt boutons de filigrane à perles ou d’argent ferment le gilet. Les souliers s’évasent vers le bout du pied; ils n’ont pas de boucle, mais des cordons simplement noués.
La veste est courte ou longue ; le bas de la culotte descendant au-dessous du genou n’est pas arrêté dans l’habit de toilette, et l’on voit par la fente latérale de son extrémité le nœud de la jarretière. La culotte est à grand pont; on voit sortir de la poche droite le manche
d'argent ou de buis du couteau de la pl. 3. Les garconnets eux-mêmes portent le couteau, mais plus petit eb moins beau que celui des hommes,
Toutes les filles, sauf pour le deuil, portent le chapeau de paille blanche légèrement incliné sur le front ; des rubans bleus plissés en garnissent la base; des rubans de couleurs variées, rejoints par une agrafe d’or, serrent le chapeau sous le menton ; de larges et longs rubans bleus tombent sur le dos et sont réunis de même par une agrafe d’or. (Voir ces agrafes spéciales, fig. 16 et 25, pl. n° 3, et l’ensemble du chapeau dans la pl. présente, détail 28.)
On ne voit point les cheveux des femmes. Sur le front est le hoofdnaald, la plaque d’or ciselé, obliquée selon la condition de la femme, indiquant si elle est fille ou mariée. Le visage est comme encadré par les fers d’or en spirale (voir motif 15, pl. n° 3) avec leurs pendants les Zrullenne-bellekens, les épingles d’or, et le collier de b4ed-koraal.
Le corsage, mantellje, est ouvert en rond jusqu’à la ceinture; il découvrirait la poitrine si celle-ci n’était couverte d’un plastron de dentelle sur fond rose ou bleu, garni de deux ou trois morceaux de rubans variés, disposés horizontalement. On appelle buck en Kleuren cette partie du costume des paysannes. Entre le buck et le manteltje elles placent un foulard éclatant et à grands plis qui fait tout le tour du bord du manteltje.
Le corsage est brun, bleu ou noir, et bordé de rubans de velours. Les manches, très courtes, serrent le biceps au point d'y marquer une ligne. Les jupons, se mettent au nombre de six ou sept au-dessus d’une crinoline. Le jupon de dessus est de couleur sombre ; bordé au bas de ruban de velours. Le tablier est souvent d’un bleu azur et noué par des rubans violets.
Les filles aisées portent en temps de kermesse un sac de velours vert, à grand fermoir d'argent massif, de style rocaille. Il contient une boîte d'argent pour les parfums, une autre du même métal pour les pastilles, et la monnaie qui n’est pas de cuivre. Les boîtes, finement ouvrées, sont du genre rocaille ou du style de la Renaissance.
Sous le tablier, attachés à la ceinture par une chaînette d'argent pendent une paire de ciseaux et une aiguille à passer les rubans, également en argent massif. La main droite des filles semble couverte d’anneaux et de bagues; elles en ont une petite au petit doigt et deux grands anneaux en or de quinze millimètres de hauteur, ouvrés en filigrane et ornés, soit de pierres précieuses, soit de boutons en or bruni. La femme mariée quitte tous ces anneaux, sauf un.
La forme des boucles des souliers des femmes, ainsi que la dimension des boucles de ceinture de la culotte des hommes, varient selon les îles, et parfois suivant les localités.
Les filles maintenant laissent croître leurs cheveux au bord de-leur coiffe, au haut du front. On est loin du temps où des prêtres calvinistes en chaire, menaçaient la chevelure des femmes et même la moustache des hommes, avec des ciseaux et des rasoirs.
C’est en temps de kermesse qu’il faut voir la jeunesse de la Zélande; elle est dans ses beaux atours, et le penchant pour le plaisir, contenu pendant tout le reste de l’année, prend
une expansion qui contraste singulièrement avec le train de vie ordinaire. Les Jours de kermesse servent de prétexte et d’excuse à toutes les déclarations sentimentales, et c’est surtout pendant ces jours-là que le paysan, qui d'habitude se crée. son illusion dans Péglise, ose aborder franchement la fille qu’il âime.
L'habitant de Middelbourg en compagnie du parapluie que porte tout piéton, est ici dans son costume journalier. Sa culotte seule est de velours. Sa veste courte est en drap, et son gilet n’a pas la garniture des vingt boutons ronds et plats en argent du bordrok des grands Jours.
Nous n'avons rien à ajouter au sujet des élégantes du commencement du siècle qui forment le groupe 22.
Quant à la fig. 23, type moderne de la poissonnière de Scheveningen, continuant de crier dans les rues de la Haye, le merlan, la morue fraîche, les chevrettes ! dans le patois qui lui est particulier, elle diffère sensiblement comme type et comme élégance de celle du commencement du, siècle, fig. 15, pl. n° 2.
Fig. 27 et 29. Frisonnes de Hindeloopen.
La première, celle qui est assise dans son traîneau, est du commencement du siècle ; la seconde, en toilette des grandes fêtes, est moderne. L’éloignement relatif dans lequel la côte occidentale de la Frise, située au nord de la Néerlande, s’est trouvé reléguée par l’invasion de l'Océan, qui, en une-nuit terrible du treizième siècle et en quelques heures, à formé le golfe du Zuiderzée, a dû contribuer à la conservation du costume national de la Frisonne de Hindeloopen, dont on peut voir l’immobilité par nos deux exemples rapprochés, distants de quatre-vingts ans; on croit qu’il est encore le même que celui des ancêtres du cinquième siècle, lorsque les Frisons réunis aux Saxons, allèrent fonder des colonies dans la Grande-Bretagne,
Le costume national des Frisonnes est compliqué, et réglé par des coutumes des plus étroites, les habitudes les plus régulières. Ses dispositions varient selon les âges: à sa distribution on reconnaît l’état de la personne qui le porte; fille, femme ou veuve, on le sait de suite. Dès le berceau, dit M. Havard, l'enfant dont les pieds sont encore emprisonnés dans les langes du maillot est mis en possession du costume national ; sa tête est coiffée du bonnet et son corps habillé de la camisole traditionnels. De un à six ans, nouveau Costume de même caractère ; de six à quatorze, nouvelle transformation réglementaire, Au delà de quatorze ans, l’habit endossé par la fille n’est modifié qu’à partir du jour de ses fiançailles. Ensuite c’est le costume de l’épouse, et enfin celui de la veuve, dont l’ancienne tradition voulait que le deuil fût bleu.
La fille de Molkwerum, de Condum, de Warns, de Hindeloopen, commence sa toilette par faire de ses cheveux plusieurs tresses qu’elle réunit en cercles sur le sommet de sa tête, et qu'elle couvre d’un bonnet blanc autour duquel règne un ruban de soie. Le bonnet est à son tour recouvert d’un mouchoir très empesé, très symétriquement plissé, et dont les pointes
vont retomber en une seule évolution derrière la tête. La coiffure, selon un usage castant est aplatie pour les filles (détail 24); pour les femmes mariées, elle est haute, faite d’in tube de carton coupé transversalement, couvert de drap rouge et puis d’une toile de Cambai (détail 25). Ces femmes portent autour du cou un collier de soie noire formant le bord sipérieur de la chemise ; de ce bord descend une pièce de toile peinte à carreaux rouges, qui fome sur la gorge une cuirasse sans transparence prolongée jusqu’au bas de la taille. Les autretparties du costume des jours ordinaires consistent en un corset à longues manches bordéesde velours, avec des demi-manches postiches passées par-dessus à l’avant-bras, précautin de la ménagère propre. L’habillement du corsage se complète par une espèce de camisoë noire ajustée, veste sans manches, largement ouverte par-devant où elle est arrêtée vers lebas au moyen du va-et-vient d’un très long lacet d’une couleur éblouissante. La partie inféreure du corps est couverte d’une jupe noire sans ouvertures pour les poches, et terminée encore par un bord de velours. La jupe est recouverte d’un ample tablier bleu. Ce costume est :elui de la Frisonne dans son traîneau.
La fig. 29 est dans tout l'éclat de l'habillement des grandes fêtes. Le fond est absolument le même ; seulement on y ajoute une robe d’indienne à grandes fleurs, restant ouverte.car elle a trop peu d’ampleur pour se fermer, et allant aussi bas que les jupons. Les autres jièces ne diffèrent de l'habillement ordinaire que par la qualité ou la finesse des étoffes.
La véritable chaussure des Frisonnes ce n’est pas le soulier, c’est le patin. Dès que les canaux sont gelés, tout le monde le chausse : les jeunes et les vieux, les enfaits eux-
mêmes qui savent tous patiner avant que de savoir lire. Une fois l’eau solide, il nest plus possible de tenir personne à la maison. Le Frison le plus lourd et le plus indolent devient tout à coup vif, ardent, emporté. Les jeunes Frisonnes adorent l'exercice du patin où elles excellent, y recherchant d’ailleurs plutôt la vitesse que les fioritures, ce qui est un des traits du caractère national visant plus à l'utilité qu'aux ornements. Attacher les patins aux pieds d’une de ces reines rustiques est un honneur fort brigué par les jeunes gens ; il est vrai que la Jeune patineuse reconnaît ce léger service par un baiser.
Les fig. 15, 19 et 27, datant du commencement du dix-neuvième siècle, sont tirées du Recueil Maaskamp.
Les fig. 9, 10 eb 17, ainsi que les délails 12, 14, 16, 19, 20, 21, 24, 25, 26 et 28, ont ék fournis par la Sechion Néerlandaise de l'exposition internationale de 1878, à Paris. Les autres figures sont tirées de documents photographiques.
HOLLANDE
LA JOAILLERIE; LES FERS D'OR OÙ D'ARGENT A L'USAGE DES FEMMES. — PLAQUES, BOUTONS, CHAINES ET BRELOQUES, PORTE-PIPES ET