PLANCHE N
COSTUMES PORTÉS PAR LES MODERNES, RAPPROCHÉS DE QUELQUES HABILLEMENTS DU COMMENCEMENT DÜU SIÈCLE.
Fig. 1. — Pêcheur d'Urk, petite île au milieu du Zuiderzée,
Fig. 2. — L'aanspreker, le prieur d’enterrement à Middelbourg, dans l’île de Walcheren.
Fig. 8. — Prieur d’enterrement protestant, à Amsterdam.
Fig. 4. — Villageoise de Volendam, rive occidentale du Zuiderzée.
Fig. 5. — Pêcheur de Zandvoort, Hollande du Nord.
Fig. 6. — Matrone de l’île d'Urk.
Fig. 7. — Femme de pêcheur de l’île de Marken.
Fig. 8. — Orpheline bourgeoise d'Amsterdam. Le bonnet sous deux aspects qui l’avoisine et les fragments 12 et 14, sont des détails de sa coiffure.
Fig. 9 et 10. — Pêcheur et sa femme, habitants de Volendam. Le bonnet 20, vu de profil est celui de la femme,
Fig. 11. — Autre pêcheur de Volendam.
Fig, 18. — Pêcheur de l’île d'Urk.
Fig. 15. — Paysanne du hameau de Lagemaer dans l’île de Schouen (Flandre zélandaise, l’ancienne Flandre) dans le costume du commencement du siècle.
Fig. 16.— Chapeau de paille, doublé d’indienne à fleurs plissée ; exemple moderne, montrant que dans ces
localités, autour de la vieille ville de Zierickzée, la plus ancienne peut-être de toute la Zélande, les choses du costume sont d’une rare ténacité. Les femmes de la Flandre zélandaise portent encore le grand manteau noir des femmes de la Flandre occidentale,
Fig. 17. — Jeune homme et jeune fille de l’île de Walcheren, en habits des kermesses. Ce groupe représente une paysanne sur un ponceau (et les petits ponts de bois sont fréquents) payant son passage à son compagnon de kermesse ; ce paiement c’est un baiser, et ce droit de passage s'appelle keule, Chaque couple passant les imitera. Le chapeau aux rubars flottants, 28, est la coiffure de la jeune fille.
Fig. 18, — Jeune homme de Walcheren.
Fig. 19 et 21. — Coiffure sous deux aspects, calotte en paille, le bonnet à larges barbes en dentelle, avec l'avancée des fers d’or. Rive occidentale du Zuiderzée.
Fig. 22, — Dames Nord-Hollandaises des premières années du siècle, c’est-à-dire du temps de l'occupation française. Ces costumes se rattachent aux modes générales de 1800-1815, combinées avec les parures de tête nationales. On voit, par cet exemple, que déjà les dames des villes et des gros villages adoptaient sans affectation toutes les modes nouvelles dans leur habillement et leur chaussure, maïs en conservant dans leur coiffure les fers d’or qui n’ont rien du caractère éphémère des modes capricieuses,
Fig.28.— Marchande de poisson de Scheveningen, telle qu’on la voit actuellement à la Haye: À rapprocher de la fig. 15, pl. n° 2:
Fig, 26. — Coiffure de la poissonnière de Zandvoort. Le chapeau de paille entouré d’un fin ruban noué sur le devant et à bouts pendants, est tronqué droit comme celui des poissonnières de Scheveningen, et assuré. ment pour le même motif, c’est-à-dire pour y poser
la corbeille. Ce chapeau offre cette particularité, que
ses bords doublés d’indienne à fleurs rayonnantes selon un usage fort répandu, ont cette doublure pardessus et non seulement à l’envers, ainsi qu’on la dispose le plus généralement. La coiffe est de dentelle,
Fig. 27, — Fille de Hindeloopen, Frisonne des premières années du siècle, dans le steeksledje, le traîneau spécial au pays, chaise basse montée sur des patins, où l’on s’assied les jambes étendues et que l’on fait avancer soi-même sur la glace en se servant de bâtons ferrés.
Fig, 29. — Frisonne de Hindeloopen de nos jours, en grande toilette.
Fig. 24 et 25. — Coiffures de la Frisonne, selon qu’elle est mariée ou non.
Ile d'Urk. Fig. 1, 6 et 13. — L'ensemble du costume masculin est assez foncé pour paraître noir. Bonnet de fourrure, veste courte, gilet croisé, culottes plissées et bouffantes ressemblant à des jupes courtes, bas noirs, larges mules à grosses boucles d'argent; au dessus de la veste, très serrée au cou, une cravate rouge. La bande du'‘col de la chemise, bien fermée au moyen de deux gros boutons de filigrane d’or à perles brunies. A la ceinture du pantalon les deux grandes plaques servant de boucles.
Le costume de la matrone, fig. 6, n’a pas besoin de description. Son attitude convient bien au caractère de ces gens qui se nourrissent de la pêche, en y ajoutant le produit de quelques foins, mais qui, quoique vivant assez pauvrement, dédaignent de faire eux-mêmes leur fenaison, appelant pour cette tâche des faucheurs étrangers, bien reçus d’ailleurs , fêtés même par les gens qui les nourrissent, -
L’aanspreker, fig. 2, est une espèce de bedeau vêtu de noir, qui, d’un ton lugubre, annonce la mort des habitants et prie pour leur enterrement. Il est vêtu de noir et porte un costume dont la coupe appartient au passé. Ces bedeaux assistent aux funérailles, en plus ou moins grand nombre suivant l’importance du personnage. Celui qui conduit le deuil a le grand chapeau en longueur. Au commencement du siècle, l’aanspreker ne faisait pas qu’annoncer les décès ; on le payait aussi pour annoncer la naissance d’un enfant. Pour cette dernière tâche, il déposait son crêpe noir et son manteau, le rabat faisait place à une cravate blanche dont les bouts descendaient jusques au dessous de la poitrine; il ne conservait que l’habit noir, la vaste perruque, la façon singulière du chapeau, et le ton invariable de sa déclamation.
L’aanspreker catholique ressemble aux autres à quelques détails près de la toilette ; cependant le prieur d’enterrement protestant d'Amsterdam, fig. 3, diffère assez sensiblement de l’aansprèker de Middelbourg.
Volendam, village de pêcheurs, près d'Edam, à quelques lieues au nord d'Amsterdam. Fig. 4, 9, 10, 11 et 20. — On peut rapprocher ces exemples modernes du costume de la femme de Volendam, fig. 19, pl. n° 2. Il n’a pas changé, et les quelques différences que l’on peut remarquer tiennent surtout à ce que le costume d’il y a quatre-vingts ans esb moins exactement reproduit qu’il ne l’est maintenant par la photographie. Le bonnet pittoresque de
ces femmes qui ne portent pas les fers d’or et n’ont d'autre bijou qu’un collier de corail et un simple pendant à leur oreille dégagée (voir ce collier et ce pendant, fig. 8 et 11, pl. n° 3), est représenté ici en un détail isolé, fig. 20. Le fond est en laine et terminé par une floche, l'avancée en dentelle empesée fortement. Ces femmes qui laissent voir quelque peu de leurs cheveux ne dédaignent pas les boucles d'argent à leurs souliers lorsqu'elles s’habillent pour les jours de fête; celles qu’elles portent et qui sont rectangulaires sont même très larges. Leur jupe de flanelle est rayée de bandes rouges et de bandes en filets bleus. La partie supérieure du tablier de laine, est en soie dessinée en carreaux. La fig. 4, qui n’a qu’une coiffe fors simple rappelle que ces femmes de pêcheurs portent aussi les sept jupons, au besoin. — I:2 jeune homme de Volendam a le bonnet de fourrure brune en forme de calotte tronquée. Il porte des boucles d'oreilles. Sa veste en laine ainsi que son pantalon sont d’un bleu presque noir, Cette veste ou blouse est prise dans la ceinture du pantalon, lequel est à pont et fermé de chaque côté par un gros bouton d’argent en plaquette circulaire ; quelquefois il y en a encore une au milieu, ce qui fait trois boutons de ceinture. Ce faraud porte autour du cou un ample mouchoir en coton, bruyamment coloré de rouge rayé de bleu, et de la poche de son pantalon il affecte de laisser flotter largement son mouchoir également en coton, mais bleu ct pointillé discrètement de dessins blancs. Les bas sont noirs, et leurs jarretières de laine rouge brodées d'or ont des bouts pendants qui se prolongent assez pour dépasser le bord du pantalon. La chaussure jure avec ces élégances ; les souliers grossiers sont simplement de cuir et d’une forme rudimentaire ; c’est le ruban de cuir attenant aux lourds quartiers ramenés et noué sur le cou-de-pied qui en compose l’attache. La garniture de la chemise appartenant à ce garçon, faite de sept médailles d'argent qui se superposent en rangée, se trouve fig. 31 pl. 8. On voit, fig. 11, que, pour la montre de cette garniture, on tient la blouse entr’ouverte. Cet autre marinier de Volendam porte le bonnet rayé, en coton ou en laine.
Fig. 5. — Cet homme de Zandvoort est chaussé de la haute et double botte en cuir montant jusqu’à la ceinture du pêcheur de crevettes. Son chapeau rond à petit bord donne un peu plus de prise au vent que le bonnet de poil, mais il est approprié à la profession; on ne s’aventure pas à pied dans la mer par les trop violentes tempêtes. La blouse, dont les manches sont assez courtes, à un capuchon. Les manches de la chemise de flanelle prolongées . jusqu'aux poignets sont mi-parti rouges et blanches. Le col est maintenu à la base du cou par une cravate nouée en rosette. On ne voit dans ce costume de travail aucun des boutons, ni des plaques en disques ordinaires.
Fig. 7. — Fille de Marken (voir à son sujet la fig. 1, pl. n° D.
Fig. 8 — Fille de l’orphelinat de la Kalver-Straat, à Amsterdam. — Le Burgerweeshuis, fondation du seizième siècle, est exclusivement destiné aux enfants des owde-poorters, les vieux bourgeois de la ville, appartenant aux diverses confessions de la religion réformée. Cet établissement est un des types supérieurs des orphelinats, des maisons de refuge de toutes sortes, tous dûs à l'initiative privée, qui pullulent à Amsterdam, et y sont des palais,