COSTUMES POPULAIRES. — TYPES DE LA RUE ET FIGURES HISTORIQUES
(Cette planche est à rapprocher de la planche CT qui lui fait suite.)
No 1.— « Almanachs nouveaux ! »
N° 2,— « Cuisinières, avez-vous de la graisse à vendre? »
C'était sans doute à Londres comme à Paris qui, en 1620, avait une corporation de chandeliers allant d'hôtels en hôtels, de maisons en maisons, pour faire des chandelles avec les restes des graisses, (Sauzay. — Collection Sauvageot.)
N°8.— « Diddle, diddle, diddle, dumpleins, ho! »
C’est la vieille marchande qui s’avance péniblement, à petits pas, en s’aidant du bâton pour porter le barillet qui contient le boudin, une espèce de pudding.
N°4, — « Tiddy, diddy, doll, lol, lol, lol! »
À l'allure de ce gentilhomme de carrefour, d’une loquacité facile, on pressent quel peut être le genre de son boniment, C’est l’homme habile à confectionner certains électuaires, l’orvietano réparateur, si utile aux gens fatigués, qui ont besoin de se soutenir, Remède si précieux, que vouloir bien en réserver une portion pour ceux qui @ tirent la langue » (to loll) c'est vraiment faire œuvre de grand seigneur
N° 5. — & À mes gros oignons ! »
N°S 6 et 7, — &« Draymen. »
Le drayman est le conducteur de la charrette ou haquet
du brasseur, le dray.
C’est l'affaire du charretier de décharger les barils et de les placer convenablement dans les celliers des débitants. La manœuvre pour la descente et le placement des bufts, ou tonneaux de forte dimension, se fait très rapidement, Il y faut de l’adresse et de la force, Ce sont, généralement, de rustiques campagnards, bien trempés, qui conduisent le haquet des brasseries,
Les deux draymen, d'aspect jovial, qui forment le groupe n° 7, sont des portraits datés de 1820 : John Barrington et Thomas Neville, appartenant à deux brasseries différentes, qui étaient d'importants établissements à cette époque.
Le placement des pipes, ordinairement de 108 gallons chacune pour les cabaretiers, s’est heureusement effectué; le shilling, la pièce de douze pence, payé par le tavernier pour le labeur et les risques, est empoché ; eb on absorbe le pot écumant de porter, la bonne bière forte, que le cabaretier a l'habitude d'offrir aux charretiers convenables. Le coup est souvent doublé ; et avec cette coutume John Barrington, qui dut se modérer avec l’âge, but longtemps quotidiennement entre trois et quatre gallons de porter, soit
six à huit litres de cette bière forte accompagnée d’une trentaine de verres de gin. — Nos deux gaillards qui se repassent la pinte devaient être des consommateurs de capacité bien proche.
rons de Londres; ce qui était une rude besogne, car il leur fallait rarement faire moins de 20 milles par jour. (Voir pl. OI, n° 29.)
N° 12. — & Postman, » homme de la poste, le facteur
N° 8.— « Waterman to a coach-stand. » me À à À : Celui-ci est représenté lorsque, entre cinq et six heures
C’est le garçon des stations des voitures publiques. du soir, on recueillait les lettres qui, n'ayant pu être
Soigner les chevaux, les abreuver, leur donner leur nourriture pendant l’absence momentanée du cocher, tel est le rôle des Watermen ou & hommes de l'eau ». Ils ouvrent la voiture au voyageur, et en ferment la portière ; le cocher, quittant la station, leur donne un sou pour le service. Ces gens, tous pensionnés, portent une plaque de métal où leur numéro respectif est gravé. — Ils enveloppent leurs jambes avec du foin pour les préserver de l'humidité.
N° 9. — « Owen Clancey, the Frost-bitten sailor » ou le marin aux jambes gelées, mendiant historique,
Cet Irlandais du comté de Cork étant, en 1814, au service du capitaine Jones, commandant des Deux-frères, qui fit naufrage dans les eaux de l'Amérique du Nord, en revint avec les jambes gelées. Ne pouvant plus désormais gagner sa vie qu’en recourant à la charité publique, il en avait pris le parti. Vêtu de blanc et de nankin, toujours d’une propreté remarquable, il cheminait en se soutenant au moyen de jambes de bois et de béquilles. Ce gentleman circulait dans les rues de Londres, où Busby l’a dessiné, en
N° 10. — &« Drover, » conducteur de bétail.
Ces conducteurs accompagnés de chiens, amenant le bétail au marché, et, après l’acquisition par les bouchers, dirigeant leurs bestiaux vers les divers abattoirs, se montraient souvent cruels pour les animaux qui leur étaient confiés. Lorsque en 1814 notre drover fut représenté, il ÿ avait déjà quelques années que, en vertu d’un règlement, les conducteurs de bestiaux étaient obligés à porter ostensiblement une plaque numérotée qui permît de les retrouver lorsque quelque personne indignée par un acte blämable trouvait ütile de les dénoncer.
No 11.— «Fish-woman, » marchande de poissons.
Lorsque ce croquis a été tracé, dit Busby, cette femme était de passage, et la marchande criait son poisson, » On voit que c'était une personne alerte, de celles qui approvisionnaient les villages des envi-
déposées en temps utile dans les bureaux de quartier, devaient néanmoins être expédiées le soir même, Il fallait alors qu’elles fussent portées à l’administration générale. Le postman parcourait les rues en agitant une sonnette pour faire l’appel des missives en retard, et était payé de sa peine par le droit au pence qui lui était dû pour chaque lettre remise dans cette tournée supplémentaire ; — habit écarlate, à revers et doublure de couleur bleue, cravate blanche
Nos 13. — Tête de fortune-teller, la diseuse de bonne aventure.
La femme âgée, dit Busby qui a tracé ce portrait, était comme beaucoup d’autres du même genre ; elle ne pratiquait aucune religion, n'avait reçu aucun baptême, et ignorait entièrement où et quand elle était née. »
N° 14, — & Sailor, » le marin, le matelot.
Son chef, dit le texte anglais, le trouve toujours prêt à obéir à ses ordres, quels qu'ils soient ; et il est à la fois consolant et glorieux de penser que le succès couronne, presque toujours, ses efforts, Son humanité pour l'ennemi vaincu n’est surpassée que par le courage déployé dans la victoire ; car aussitôt après, cette main, qui vient de pointer le canon, s'étend pour sauver les victimes qui luttent contre les vagues, ou se cramponnent aux fragments brisés de leurs navires. » Always!
N° 15. — Tête de pedler où pedlar, porte-balle colporteur, petit mercier ou quincailler.
Ce nom vient de pedling, qui signifie de néant, de
peu, de petite valeur.
N° 16. — « Shoe black, » le noircisseur de souliers.
Ce portrait représente Henry Thrale, né en 1760, an:
cien apprenti du pénitencier de Saint-Martin, qui s'installa vers 1805 et qui figurait encore dans le Strand en 1820 comme un remarquable personnage qui s'était suffi à lui-même en nettoyant les chaussures.