ENGLAND
ANGLETERRE
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Le cri ancien € j'ai pierre noire pour notrcir pantoufles et souliers, » retentissait encore, les bourgeois de la cité s’entêtant aux vieilles pratiques ; mais la mode était pour le cirage à l’œuf, lustré par la brosse, en attendant les brillants souliers vernis, dont les Hunt et les Warren devaient faire un objet de négoce si important avec leurs somptueux équipages parcourant les rues en éclaboussant les passants, Thrale fonctionnait en plein air, et comme un des derniers représentants de ces décrotteurs des. rues dont la puissance était déchue dès avant la fin du dix-huitième siècle.
N° 17. — Tête de & milk-girl, » la Jille ou la vierge du lait.
Les milk-carriers ou porteuses de lait sont un des charmes de Londres. Le plus souvent ce sont des Irlandaises ou des Galloises, fortes et saines, montrant un visage gai et satisfait. Leur cri & milk, maïd, below ! » € Du lait, jeunes filles, en bas! » qui retentit jusqu’à dix heures du matin, pour recommencer dans l’aprèsmidi jusqu’à six heures, s'explique par la situation de toutes les cuisines de Londres, qui sont placées audessous du niveau des rues. (Voir pl. CI, n° 22.)
N° 18. — Q Fireman, » l'homme du feu, le pompier.
Les pompiers ont un uniforme particulier, suivant l’office d'assurance contre l'incendie auquel ils appartiennent. Ces offices d'assurance remontent au temps de la reine Anne, et chacune de ces compagnies à trente hommes à elle, complètement indépendants de la compagnie des porteurs d’eau, les Watermen, et de celle des débardeurs, les Lightermen,
Chaque pompier porte au bras une plaque avec une devise de son office respectif.
Notre portrait est celui de William Mead, chef de « l’Espérance » en 1820, et sa plaque porte ja figure symbolique du titre de la compagnie : habit et gilet rouge cramoisi, passements jaunes, doublure et parements bleus ainsi que la culotte; cravate blanche, (Voir pl, CI, n° 28.)
N° 19. — Maraîcher des environs de Londres.
Ce campagnard tout moderne porte un vêtement de
toile écrue, fendu sur le côté, d’un genre fort ancien rappelant le bliaut du douzième siècle. Ce bliaut que l’on mettait en passant la tête par le trou d’encolure se mettait en pardessus plus ou moins court. — Il était fait d'étoffe souple, et composé pour les hommes d’une sorte de corselet plus ou moins juste au corps et à manches longues; à ce corselet étaient cousues, soit une jupe, fendue des deux côtés pour ne point entraver la marche, soit deux pentes en manière de tablier, l’une par devant, l’autre par derrière. — Une ceinture, faite d’une bande d’étoffe, masquait la jonction de la jupe avec le corselet, à la hauteur des hanches.
L'origine des vêtements de ce genre est asiatique ; on en trouve des exemples dans les bas-reliefs de Persépolis, et sur les monuments des Sassanides. Le bliaut, bliat, blial, fut chez nous à l’usage des deux sexes parmi les classes supérieures pendant les onzième, douzième et treizième siècles. I1 y en eut un grand nombre de variantes ; celui des femmes différait de celui des hommes, etc. La robe courte qui figure ici, avec sa jupe fendue de chaque côté et son corselet plissé ainsi que les poignets, se rapproche surtout du bliaut du milieu du douzième siècle. Les plissés si fins et si multipliés de ce vêtement de toile qui lui procurent l’élasticité d’un tricot, tout en comprimant légèrement les parties du corps qui en sont recouvertes, sans nuire à la liberté des mouvements, sont un stratagème qui remonte aux influences byzantines, et une imitation en toile des étoffes de soie crépée comme on en fabrique toujours dans tout l'Orient,
N° 20. — & Tinker, » le chaudronnier ambulant, type d’un compagnon apprenti.
Cet enfant était l’un des vingt-quatre de l’étameur Jemmy Lovel qui, en exerçant son métier, était par: venu à élever sa nombreuse famille, sans avoir jamais été à la charge de sa paroisse, Les étameurs étant alors € remarquablement » rares à Londres, et mis sans cesse en réquisition, ne connaissaient point le chômage, Ils parcouraient les rues avec une boîte d'outils et un chaudron contenant le feu. Leur cri était toute une oraison : Q Pots, soufflets, cuivres, poèles à frire, bassinoires, chaudrons à raccommoder ! »
Voir, pour les sources, les indications de la planche CT, qui termine la série: