BAVIÈRE
La Bavière contient des éléments divers de population. Les Bavarois proprement dits, ou les descendants des Boïovars, habitent la région du sud-est; le Lech, grand torrent situé à l'occident, est la frontière ethnographique qui les sépare des Souabes, Les Franconiens, descendants mélangés des Francs, occupent la Bavière septentrionale ; ils se distinguent, entre tous les habitants des autres cercles de la monarchie, par leur grâce et leur élégance ; ce sont aussi ceux qui, dans l’histoire, ont montré le plus d’ indépendance, Dans la basse bai ière, vit une population violente, batailleuse, prompte à saisir le couteau, comme dans la plupart des
pays méridionaux. Quant aux habitants des plateaux, ils forment une race robuste, mais complètement dépourvue d'avantages physiques.
Dans les contrées de la Bavière où la population se partage entre les deux religions dominantes, les catholiques et les protestants se distinguent par le costume. En général, les premiers préfèrent les couleurs claires, tandis que les seconds choisissent les couleurs sombres; le chapeau de la catholique est orné de rubans jaunes et verts, celui de la protestante a des rubans noirs ; le jeune paysan de la vieille religion porte encore la veste rouge, et le réformé l’a quitbée.
La coiffure féminine offre de nombreuses variétés se produisant dans plusieurs régions à la fois. Il en est une, le pelzkappe, calotte ronde de peau de loutre garnie d’un petit fond d’étofe brodée (n° 7), qui est depuis longtemps en usage dans tout le pays, ainsi qu’on peut le voir chez les dames allemandes du dix-septième siècle représentées dans la planche EK. Vient ensuite le petit bonnet au fond cambré, maintenu par des brides nouées sous le menton (n° 1, 17 et 25), porté non seulement dans la basse et moyenne Franconie, mais encore dans la Souabe ; l’une de ses variantes est l'espèce de bonnet phrygien orné de deux ailes (n°*2et16), ou seulement garni de rubans (n° 11), que l’on voit chez les femmes de la basse Bavière et du Palatinat. La pièce de toile, simplement posée sur la tête, ou encadrant entièrement le visage, est portée par la Franconienne de Wurtzhbourg (n° 4) comme par celle de Bamberg (n° 24) ; iln’y a de différence que dans la façon plus ou moins coquette dont les deux pointes sont nouées sur le front. Dans la haute Franconie, une autre sorte de bonnet de toile a sa coiffe s’avançant sur le devant de la tête (n° 9) ou formant une visière garnie de tulle (n°° 22 et 23) ; ce dernier arrangement se rencontre également chez les femmes souabes, avec une modification dans la coiffe qui, au lieu de rester en toile, est en soie brodée (n° 14). La dame de Schweinfurth (n° 19) montre un haut bonnet de soie noire garni de dentelle, au-dessous duquel de larges rubans descendent jusqu’au dos; les cheveux, disposés en bandeaux, tombent gracieusement sur les côtés du visage et sont relevés en chignon. Quelques femmes de la basse Bavière se coiffent d’une pièce d’étoffe foncée qu’elles disposent en calotte (n° 20). Les jeunes filles du Palatinat ont un simple bandeau sur leurs cheveux tressés (n° 13).
Sur leurs chemises, aux manches ne dépassant pas le coude, les Bavaroïses ont des corsets largement échancrés où montant jusqu’à l’encolure. Ces corsets sont accompagnés de fichus de cotonnade imprimée, ordinairement à fond rouge vif et à fleurs, remplacés, les jours de fête, par des mouchoirs blancs garnis de l’entoilage le plus fin (n° 22 et 28). On fait également usage de fichus noués sur la nuque, tantôt en nœuds serrés, tantôt en nœuds lâches (n°*4,7, 17, 20, 24 eb 25), ou retenus devant par un fermoir d'argent quelquefois orné de pierreries (n° 11). Les jaquettes de couleur voyante, aux manches rembourrées et bouffantes, sont portées dans la Franconie, la basse Bavière et le Palatinat. Les robes, toujours à plis serrés, descendent jusqu'à mi-jambe eb sont généralement de nuances très prononcées; rouge vif, carmin, vert, bleu, ete. Le tablier est soumis à la même variété de couleurs; les jours de fête, il est de soie