‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 82 sur 173 · COSTUMES DES SLAVES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COSTUMES DES SLAVES EN GÉNÉRAL

L'unité primordiale du costume de la race slave tout entière est indubitable, On peut la constater encore aujourd’hui, malgré les diversités secondaires, dans l'identité du caractère générique des costumes populaires des rejetons de tous les rameaux de cette race, dont quelques-uns sont en quelque sorte perdus au milieu des populations issues des souches diffé-

rentes, Pour établir cette unité, il est indispensable d’esquisser rapidement la distribution géo: graphique originelle de la race slave, ainsi que ses destinées ultérieures. Cette esquisse servira de point de repère pour toutes nos planches de costumes des pays entièrement slaves, et de complément pour celles d’entre elles dont les notices sont trop succinctes. Elle permettra en même temps de discerner l'élément slave dans les costumes populaires de certaines parties de l'Allemagne habitées par les débris de cette race, et de distinguer les costumes slaves parmi ceux des populations mêlées de l’Autriche-Hongrie et de la Turquie d'Europe.

De même que les races germanique et gréco-latine, la race slave appartient à la grande famille des Aryas, originaires des hauts plateaux de l’Asie centrale et qui émigrèrent en Europe à des époques fort reculées et qu’on ne saurait préciser. Toujours est-il qu’au début de l'ère chrétienne, les Slaves occupaient les vastes contrées comprises entre le Dniéper et l’Elbe, l’Adriatique et la Baltique. Ce sont les Scythes, les Thraces, les Gètes et les Daces d'Hérodote (les Sarmates étaient de race dite touranienne); ce sont les Germains orientaux de Tacite, désignés à tort par lui sous ce nom, car les peuplades qui s’appelaient alors les Chauques, les Suèves, les Semnons, les Marsyngues, les Burons, les Ligois, etc., étaient de race slave. Aïnsi les descendants des Suèves païens établis dans le nord-est de la Bavière actuelle ont conservé, dans les environs de Bamberg et de Bayreuth, un costume appelé slave jusqu’à ce jour.

Les tribus slaves de l’Illyrie, de la Dacie, de la Thrace et de la Macédoine furent subjuguées et civilisées par les Hellènes. Les prisonniers de la Thrace qu’on voit représentés sur la colonne Trajane ont les traits eb les costumes des paysans actuels de la Russie Blanche. La Dacie, qui comprenait la Roumanie, la Bukovine et la Transylvanie de nos jours, vit éclore ensuite sur son territoire une nationalité nouvelle (les Roumains), par suite du mélange de la population autochtone avec les légions romaines envoyées par Trajan ; mais bien que cette nationalité appartienne par la langue au monde latin, elle montre par son type physique une parenté évidente avec la race slave. Quant à l’Illyrie, qui s’étendait autrefois sur l’Adriatique jusqu'aux confins de l'Épire et de l’Albanie, elle reste encore éminemment slave par sa langue, ses mœurs eb ses usages.

La Hongrie, du temps des Romains, était habitée par des Slaves Pannoniens ; mais les invasions successives de plusieurs tribus finno-turques (Huns, Avares, Khazares, etc.) y amenèrent, au neuvième siècle, l’établissement parallèle d’une race toute différente, celle de Magyars, dits Hongrois. |

A l’heure qu'il est, la race slave se partage en trois groupes principaux : 1° les Slaves orientaux ; 2° les Slaves occidentaux; 3° les Slaves méridionaux.

Les Slaves orientaux sont : 1° les Russes, divisés en Grands-Russes et les Russes-Blanes (contrée occidentale de la Russie ); 2° les Petits-Russiens ou Ruthènes qui habitent le centre et le sud-ouest de la Russie, ainsi que la partie orientale de la Galicie et quelques districts du nord de la Hongrie et de la Bukovine (Autriche ).

Les Slaves occidentaux comprennent : 1° les Polonais, qui peuplent le royaume de Pologne;

la Russie occidentale, le grand-duché de Posen, la Poméranie, la Silésie et la Galicie ; 2° les Tchèques (en Autriche et en Prusse }); 3° les Serbo-Loujilches ou Serbes de la Lusace, débris des Slaves-Polabes (c’est-à-dire fixés sur les bords de l’Elbe), qui habitent un coin de la Saxe et du Brandebourg (140,000 envirôn), et qui ont résisté à tous les assauts de la germanisation ; 4° les Slovaques (2 millions environ), anciens Slaves Pannoniens (Hongrie occidentale ).

Les Slaves méridionaux comprennent : 1° les Bulgares (peuple de race turque qui se fondit avec les Slaves dont il avait occupé le territoire et dont il adopta la langue), habitant la Bulgarie actuelle, la Roumanie, l’Autriche et le midi de la Russie ; 2° Les Serbes et les Croates, qui ne formaient en réalité qu’une seule nation partagée en deux éléments par la différence de religion et d’alphabet ; les premiers habitent la Serbie, la Bosnie, l’Herzégovine, la Tserna-Gora ou Monténégro, la Dalmatie, une partie de l’Istrie, de la Slavonie, des Confins militaires et quelques districts en Hongrie; les seconds occupent les principaux centres de la Croatie proprement dite, le littoral, les îles, une partie des Confins militaires, et ont des colonies en Hongrie jusqu’à Presbourg ; 3° les STovènes (1,300,000), fixés dans une partie de la Styrie, dans la Carinthie, la Carniole, l’Istrie, et dans la Vénétie (Italie).

Du deuxième au dixième siècle de notre ère le costume des Slaves devait être à pet près uniforme, et d’une grande simplicité, sur toute l'étendue du territoire occupé par cette race. La raison en est non seulement dans l’unité de souche et la conformité du climat tempéré de l’Europe centrale, mais surtout dans l’organisation sociale de ces peuples d'agriculteurs qui se gouvernaient selon les règles de la plus parfaite démocratie, qui ne prenaient les armes que pour repousser l’agression et qui, n’ayant point alors de chevalerie, n’avaient pas de classes privilégiées. Pour cette période nous n’avons pas d’autres documents que les figures des Daces ou des Thraces de la colonne Trajane, et deux sculptures antérieures au dixième siècle (musées de Cracovie et de Berlin), représentant le dieu Syiatovid (qui voit l'univers ). Elles permettent de constater que les parties essentielles du costume consistaient pour les hommes en un pantalon plus ou moins large, en une robe longue, descendant au-dessous des genoux et serrée par une ceinture ; en un bonnet conique soit tronqué, soit à sommet pointu ; en chaussures faites d’un morceau de cuir attaché aux jambes au moyen de lanières; enfin en un manteau de grosse laine, sans manches, agrafé généralement sur l'épaule droite et couvrant ainsi le côté gauche. Par-dessus la robe les guerriers mettaient une armure d’écailles ou de cuir,sans manches et descendant jusqu’au bas-ventre, |

Le costume féminin consistait en une robe double; celle de dessous était longue et celle de dessus n’arrivait que jusqu’à la hauteur du genou et était munie de manches courtes, attegnant à la moitié de l’humérus. Ce dernier vêtement fut emprunté aux femmes slaves par les Romaines de l'antiquité, et désigné sous le nom d’amicula barbarica. Or, un par dessus semblable, mais à manches longues, a été depuis en usage en Pologne, et est encore porté par

des paysannes de certaines provinces, sous son nom antique d'amie (preyiaciolku). Un fichu servait de coiffure,

Le paysan étant dans tous les pays le moins sujet aux variations de la mode, c’ést donc dans les costumes populaires qu’il faut chercher les traditions primitives”à cet égard, sauf les modifications rationnelles résultant de la différence de conditions climatériques ou topographiques et du développement du goût. Ainsi la robe à manches du Dace, longue jusqu’à la moitié du tibia, est encore aujourd’hui l’habit du paysan en Pologne, en Bohême, en Moravic, en Lusace, sur les bords de l’Adriatique et sur le versant septentrional des Carpathes. La chaussure, en tout point semblable à celle des Daces, de même que l’habit long et le bonnet conique, étaient en usage chez les païens Suèves dont la conversion est représentée dans ư vangéliaire de la cathédrale de Bamberg, du onzième siècle (bibliothèque de Munich). Les paysannes de l’Istrie s’häbillent et se drapent la tête de la même manière que la femme dace, et les Lusaciennes des bords de la Sprée, aussi bien que les villageoïises sur presque toute l'étendue de l’ancienne Pologne, suivent le même modèle.

En ce qui concerne le costume de cette dernière contrée, son histoire ne commence réellement qu'après l’introduction du christianisme au dixième siècle. Avec lui arrivèrent en Pologne les influences féodales de l'Occident, et le régime démocratique fit place à une république des nobles sous l'apparence des formes monarchiques. Dès lors le costume devint le signe distinctif de la noblesse. La Pologne, placée entre deux civilisations bien différentes, entre l'Occident chrétien de l’Europe et le monde arabe de l'Asie, dut forcément subir des influences des deux côtés. Unie par la religion à l'Occident latin, elle en recevait les lumières et la civilisation, contrairement aux Slaves méridionaux et orientaux inféodés à Byzance, tandis que de nombreuses voies commerciales et plus tard les guerres continuelles avec les Tatares ct les Turcs la mettaient en relations fréquentes avec le monde asiatique. Inaccessible aux formes adoptées dans l'Occident, mais se pliant complaisamment aux modes orientales, le costume national slave se ressentit fortement du contact avec le luxe et la splendeur des Orientaux, d’abord dans l'emploi des étoffes, ensuite dans la coupe et la nature des vêtements.

Les documents pour les costumes polonais aux dixième et onzième siècles se réduisent à bien peu de chose, En revanche, la célèbre porte de bronze de la cathédrale de Gnezno, donnée à cette métropole de l’Église en Pologne par le roi Boleslas ITT en 1119, offre le recueil le plus complet de costumes du douzième siècle. Cette porte, en effet, est couverte de bas-reliefs représentant la vie et le martyre de saint Adalbert, sous le règne de Boleslas le Grand, vers l’an 1000, Toutes les ‘classes eb tous les états y sont représentés, depuis le mendiant jusqu’au couple royal ; depuis les hommes de guerre avec leurs grandes moustaches, leurs lances, leurs glaives et leurs boucliers lamés de fer, jusqu'au clergé et aux femmes de diverses conditions, |

Pendant tout le treizième siècle et une partie du quatorzième, la Pologne se développait dans l'esprit de ses traditions nationales. Le document le plus important pour cette période est un manuscrit, dit la Légende de sainte Hedvige, commencé vers la fin du treizième siècle et achevé en 1353. On y voit représentées la cour du prince polonais Henri le Barbu à Breslau, époux de sainte Hedvige (mort en 1238), ainsi que des batailles avec les Tatares et des scènes

Paris

Didot C®

mp. Firmin

de la vie quotidierine, La pièce traditionnelle du costume est toujours une tunique longue, collante sur la poitrine, ne faisant point de plis aux basques ; aux manches d’ampleur variable ; au col droit, d'environ trois centimètres de hauteur. Elle était boutonnée au milieu de la poitrine, du cou à la ceinture, et les basques se recouvraient de façon à ne pouvoir s’entr’ouvrir que dans une marche précipitée. Cette tunique c'est le joupane (zupan, nom qu’elle porte chez tous les Slaves occidentaux et méridionaux), dont la forme demeura immuable, ne variant quelquefois qu’en longueur, mais atteignant généralement à la moitié du tibia. Il fut porté en Pologne, jusqu’au commencement de ce siècle, par les hommes de toutes les conditions, à la différence toutefois de la couleur et du genre d’étoffe employée, conformément au rang et à la richesse du propriétaire. On ceignait sur le joupane une ceinture de cuir garnie d’une large agrafe ; pour la tenue solennelle la ceinture était de riche tissu d’or ou d'argent, ou même en orfévrerie. Par-dessus cet habit on mettait un manteau, parfois doublé de fourrure, retenu par une bandé à agrafes armoriées, ou bien par l’agrafe seule sur l'épaule droite. Il était souvent pourvu d’un capuchon (voir notre n° 5), et sous cette forme il peut être appelé manteau national ; il s’est encore conservé parmi les paysans dans plusieurs contrées de la Pologne. On employait des chaussures collantes où bien des chaussures à lanières montant jusqu’au mollet ; elles étaient munies d’éperons. Les personnes de la suite du prince Henri le Barbu ont un large fichu noué au cou en guise de cravate, et ce détail du costume ne se rencontre en Pologne qu’à cette époque. On portait les cheveux rasés tout autour de la tête, un peu plus haut que l'oreille, coutume qui à son origine dans une cérémonie religieuse des Slaves païens, et qui fut presque générale jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. La chevelure avait ainsi l’aspect d’une calotte. Cependant les princes portaient plus souvent les cheveux longs (voir aussi la planche ayant pour signe B couronné). Tantôt on laissait pousser la barbe, tantôt on ne conservait que les moustaches, tantôt on se rasait entièrement,

Les youpanes les plus anciens étaient d’abord gris et ensuite de couleur rouge : ponceau, amaranthe eb cramoisi ou écarlate. La noblesse s’est ensuite réservé le privilège exclusif de porter des vêtements de cette couleur, et le nom de Æarmazyn (équivalant à cramoisin) devint lé synonyme du mot gentilhomme. Cependant ce privilège était retiré à tout noble ayant commis un crime, ainsi qu’à ses descendants. Le port du sabre était inhérent à la qualité de gentilhomme.

Au quatorzième siècle les modes de l’Europe occidentale exercèrent une forte influence sur le costume polonais. Ce furent les princes de la Silésie qui, se trouvant en relations fréquentes avec les cours d'Allemagne, y contribuèrent pour la plus grande part.'Le morceau de toile en guise de chaussettes et la chaussure à lanières firent place à des haut-de-chausses d’une seule pièce, cousues, en drap, et à des souliers d’abord, à des bottes ensuite, Quelquefois le joupane était remplacé par une robe sans manches. D’autres changements secondaires eurent encore lieu, Comme on le verra ailleurs.

Le costume des femmes de la noblesse consistait à l'origine en üne longue robe, à manches d'abord élargies aux extrémités (du dixième au treizième siècle), ensuite boutonnées jusqu’au

coude par une série de petits boutons ; en une large ceinture et en un manteau retenu par des agrafes armoriées où en diamants, Au quatorzième siècle la robe devint plus collante à la taille, et le costume, en général, plus fastueux. Les jeunes filles portaient les cheveux flottants, retenus par une bandelette, ou bien reliés en deux nattes; plus tard elles s’ornaient la tête de couronnes de fleurs. La coiffure des femmes mariées était d’abord une énorme coiffe en toile (podwika), qui ne laissait paraître que le visage, remplacée au quatorzième siècle par des bonnets en éboffes de prix, surtout en brocart, bonnets garnis de perles et bordés de fourrures recherchées.

Il est clair que, comme partout ailleurs, le costume des membres des familles régnantes différait souvent complètement de celui de la noblesse, ou tout au moins s’en écartait dans certaines parties,

En ce qui concerne les armes et les armures de la chevalerie polonaise à cette époque, on y remarque une sorte d’éclectisme occidental et oriental. Les armures étaient de mailles, de plaques ou d’écailles, et ces dernières se maintinrent depuis le douzième siècle jusqu’au dix-huitième. Les casques étaient généralement pointus, forme empruntée à celle du bonnet slave primitif, Le nasal était d’un usage fréquent, et les guerriers du treizième siècle avaient souvent les bras nus jusqu’à l’épaule, à l'exemple des anciens Daces. Les armes offensives se composaient d’une large épée droite, parfois recourbée ; d’un long coutelas, d’une lance et d’une arbalète.

Le costume du clergé était conforme à celui de tout l'Occident chrétien ; celui des ordres religieux non spéciaux à la Pologne suivait la règle commune.

Quant à la bourgeoisie riche, elle empruntait volontiers, à toutes les époques, pour sc délire guer, les costumes étrangers : allemands et italiens surtout.

Ces figures sont extraites du vaste recueil colorié dessiné par M. Mateyko, dont les pages à sujets nombreux sont autant de tableaux chronologiques de la société polonaise à tous les degrés, depuis l'an 1200 jusqu'en 1795.

C’est avec l'autorisation la plus libérale de l'éminent artiste, directeur de l'Académie des beauxarts de Cracovie, et membre correspondant de l'Institut de France, que nous avons puisé dans la foule des documents dont se compose le grand in-folio des Costumes polonais (Ubiory av Polszcze), publié à Cracovie en 1860, et réédité en 1875. Ce recueil, sans texte, a été complété Pour nous par deux de nos souscripteurs, MM. Adalbert Gerson et Boleslas Laszczynski, peintres distingués de Varsovie qui, mus par un sentiment tout patriotique, nous ont spontanément offert un concours des plus précieux : d'abord en nous fournissant la provenance originelle des documents empruntés au recueil de M. Mateyko; ensuite en y joignant des études sur l'ensemble et le détail des costumes de la Pologne, de caractère slave. Enfin M. Gustave Pawlowski, l'érudit bibliothécaire de feu M. Ambroise Firmin-Didot, membre de l'Institut de France, a résumé méthodiquement ces divers travaux, dans les cinq notices consacrées aux coslumes polonais, en les complétant des renseignements les plus utiles et les plus sûrs, selon les

lois de la critique moderne qui veut que l'on laisse à l'écart les choses qui ne sont point encore suffisamment justifiées. Ce concours collectif assure à celte intéressante partie de notre publication tous les avantages d'une œuvre entièrement et véritablement nationale.

Ouvrages à consuller : Preezdziecki et Rastawiecki, Monuments du moyen âge et de la Renaissance dans l’ancienne Pologne (fexte français et polonais) ; Varsovie, 1853-1867 ; 3 vol. gr. in-8° avec planches en couleur. — Die Bilder der Hedwigslegende, publié par À. von Wolfskron; Vienne, 1846 ; in-folio, avec planches color. — Luchs (Herm.), Schlesische Fürstenbilder des Mittelalters (Z'Zconographie des ducs de Silèsie au moyen âge): Breslau, 1868- 1872; gr. in-8°, avec pl. — Golebiowski (Luc), Ubiory w Polszeze (Costumes polonais. décrits sous forme de dictionnaire); Varsovie, 1830 ; in-8°, avec pl.; Cracovie, 1861. — Ouvrages historiques et archéologiques de Lelewel (en polonais et en français) et de Macie- Jowski; journaux illustrés polonais : Tygodnik illustrowany, Klosy, Tygodnik powszechny, ele. — Weiss (Hermann), Kostümkunde, etc.

Les sources pour les costumes populaires sont indiquées dans la notice de la planche P couronné,

ssl tone Et dE RO)

Page 1