‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 83 sur 173 · FIGURES TYPIQUES ET HISTORIQUES · texte numérisé non relu

FIGURES TYPIQUES ET HISTORIQUES

1 2 3 + 5 6 7 8 9 10 11 12 N° 1 et 2. — Paysan et paysanne des environs de Craco- Piasts. D’après la statue de son tombeau à la cathévie, en tenue de travail. D’après un tableau du qua- drale de Cracovie.

torzième siècle conservé à la cathédrale de Cracovie. ; : ; ; N° 10. — Hedvige d'Anjou, reine de Pologne (1384),

N° 3. — Gentilhomme de la seconde moitié du quinzième petite-fille de Kasimir le Grand, et fille de Louis

siècle, D’après une chronique tchèque de Pulkawa. d'Anjou, roi de Hongrie et de Pologne. Par suite de son mariage avec Vladislas Jagellon, grand-duc de Lithuanie (ou mieux Litvanie), ce dernier État fut uni à la Pologne. Hedvige mourut en 1399, D’après

No 4. — Gentilhomme de la même époque. D’après un tableau de la cathédrale de Cracovie.

Nos 5 et. 6. — Bourgeois et gentilhomme. Costumes un sceau du temps. portés entre 1333 et 1434. D’après un tableau de là | No 11, — Viadislas Jagellon, grand-duc de Lithuanie et cathédrale de Cracovie. roi de Pologne, mort en 1434. D'après son tombeau à

N° 7.— Paysan du palatinat de Mazovie, la cathédrale de Cracovie,

N°0 12.— Vladislas, duc d'Opolé (Oppeln, en Silésie polonaise), palatin de Hongrie, neveu du roi Louis No 9. — Kasimir le Grand, roi de Pologne, mort en | d'Anjou. Il était issu de la dynastie polonaise des

N° 8. — Le grand-maître de l'Ordre Teutonique.

1370, à l’âge de soixante ans, après en avoir régné Piasts. D’après un sceau de 1378. (Armure princière trente-sept. Il fut le dernier roi de la dynastie des d’origine occidentale.)

Tout ce qui touche au costume slave en général, eb en particulier au costume polonais jusqu’au premier quart du quatorzième siècle est longuement détaillé dans la notice qui accompaone la planche ayant pour signe L couronné. Celle dont nous nous occupons montre la continuité des mêmes traditions eb ne donne lieu, pour le quatorzième et la première moitié du quinzième siècle, à aucune remarque nouvelle.

Nous devons néanmoins rappeler que les costumes royaux et princiers, dont nous donnons ici la reproduction, sont des costumes d’apparat, et s’éloignent notablement de ceux de la vie quotidienne, bien qu’on y reconnaisse dans la coupe les principales pièces du vêtement national.

En ce qui concerne le costume de la noblesse, dont le type pur se voit au n° 6, c’est toujours le foupane qui constitue l’habit national par excellence. Néanmoins il est essentiel d’avertir

le lecteur que de tout temps on rencontrait en Pologne, en plus ou moins grand nombre, les

costumes les plus divers empruntés à l'étranger, tantôt sans aucun changement, tantôt en leur faisant subir des modifications. L’invasion des modes occidentales prend des proportions plus grandes au quinzième siècle, à la suite du développement des relations internationales, par les mariages des rois de Pologne avec des princesses étrangères, par les voyages et la fréquentation des universités de l'Occident par la jeunesse polonaise,

Vers la fin de ce siècle apparaît un vêtement de dessous, à manches fendues (voir le n° 4), emprunté à l'Orient asiatique et qui fit ensuite partie du costume national, sous le nom de kontousch. Nous renvoyons ici pour les détails à la notice de la planche ayant pour signe le P couronné, de même que pour les costumes populaires (n° 1, 2et 7) de notre planche,

Le costume du grand maître de l’ordre Teutonique (n° 8) est absolument étranger à la Pologne, et ne figure ici qu'en raison du grand rôle que ceb ordre joua dans l’histoire de ce pays. Fondé en 1128, à Jérusalem, par les Allemands, cet ordre religieux, hospitalier et militaire à la fois, acquitsuccessivement tant de biens en Allemagne qu’un siècle après il en forma une province, confiée à la direction d’un maître résident à Mergentheim (Wurtemberg). Appelés vers cette époque par Conrad, due de Mazovie, pour combattre les Porussiens idolâtres et les Lithuaniens, les chevaliers teutoniques s’établirent sur les bords de la Vistule, dans la Prusse occidentale actuelle, et en peu de temps ils étendirent leurs conquêtes vers l’est (Prusse orientale actuelle). L'ordre ne conserva pas longtemps sa foi religieuse et sa pureté de mœurs. Toujours avide de conquêtes, il voulut s’arrondir au dépens de la Pologne et die la Lithuanie, et fut constamment en guerre avec ces deux pays. Après la célèbre défaite de Grünwald (1410), où la bannière de l’ordre, ses trésors et des milliers de prisonniers tombèrent entre les mains des troupes commandées par le roi Vladislas Jagellon, et après d’autres défaites encore, il fut obligé # de restituer successivement à la Pologne toutes les provinces conquises et ne conserva, à la prise de Thorn (1466), que la Prusse orientale, sous la condition d'hommage de vassalité, Enfin Albert de Brandebourg, le dernier grand maître des chevaliers teutoniques, se fit luthérien, sécularisa les biens de l’ordre, se maria et devint duc héréditaire de la Prusse proprement dite, duché qui vint ensuite grossir les possessions de la maison régnante de Brandebourg, et qui, avec d’autres provinces polonaises, appartient aujourd’hui au royaume de Prusse.

Le costume des chevaliers était, par-dessus l’armure, un manteau blanc avec une croix noire, à laquelle ils étaient autorisés à joindre la croix d’or de Jérusalem. Le grand maître, élevé au douzième siècle au rang de prince de l’empire germanique, eut le droit de porter l'aigle impériale à deux têtes,

Ces costumes sont tirés du recueil de M. Mateyko : Costumes polonais (Ubiory Polsce) de 1200 à 1795; Cracovie, 1860 (2° édition, 1875) ; in-folio, sans texte.

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