POLOGNE. — XVI" SIÈCLE
I 2 ) 4 5 6 7 ë 9 10 11 12 Nos 1 et 2. No 9, Paysans de Lithuanie. Un échevin de la ville de Kazimierz, sur la Vistule
à seizième siècle), Nos 3, 4 et 5, ( )
Nobles, dernier quart du seizième siècle, N° 10. N° 6. Stanislas Zolkiewski (1547-1620), grand hetman (connétable) de Pologne; d’après un portrait du temps, Paysan des environs de Kalisz (royaume de Pologne). conservé à Varsovie.
Ce costume, ainsi que ceux des n° 1 et 2, sont \ 0 encore portés par les paysans. N° 11.
Ne Fille de grand seigneur.
; * ee e No: 19; Gentilhomme, fin du seizième siècle.
Roman Sanguszko, maréchal de camp de Lithuanie
N° 8, (fin du seizième siècle); d’après un portrait du temps, Étienne Batory, roi de Pologne (1576-1586); d’après conservé à la bibliothèque Ossolinski, à Léopol un portrait du temps, conservé à Cracovie. (Gallicie).
Nous n’avons que bien peu de choses à dire sur les costumes représentés dans cette planche, après toutes les explications qu’on trouvera dans la notice ayant pour signe L couronné.
Au seizième siècle, le vêtement de dessous chez les nobles polonais est le joupane (dont nous avons déjà parlé), à longueur variable. Les boutons en étaient généralement en orfèvrerie, garnis de petites pierres précieuses ou émaillées, parfois, simplement en soie ou en passementerie ; ou bien ils étaient remplacés par de petites agrafes dissimulées sous le rebord du vêtement. Les boutons riches affectaient le plus souvent la forme de l’églantine avec une perle ou une pierre précieuse au milieu. Assez fréquemment le joupane était agrémenté de brandebourgs de soie, d'argent ou d’or.
Le pantalon était très ample, sans atteindre toutefois les proportions démesurées du pantalon oriental. Il s’enfonçait dans les bottes qu’il recouvrait de ses plis quelques pouces au-dessus du genou. L’étoffe employée était le satin ou le damas, de préférence de couleur bleue ou amaranthe : la petite noblesse se contentait du drap. Les bottes se terminaient en une pointe légère ; la tige, d’une largeur proportionnée à son rôle, ne faisait que deux ou trois plis audessus de la cheville. Pour l’usage domestique la, botte était en cuir noir, mais en public un noble ne paraissait jamais qu’en bottes de maroquin jaune ou rouge, tout uni (c’est par erreur que les chaussures jaunes de nos n°“ 8, 10 et 12 ont été ornées de dessins). Le talon était garni en dessous d’un fer à cheval argenté où même d’argent, tant pour sa conservation qu’en vue d’une danse nationale, le mazur, où l’on accentue la cadence en faisant entrechoquer les talons l’un contre l’autre.
Les vêtements que les nobles et les bourgeois portaient par-dessus le joupane offraient une grande variété, mais, comme toujours, il faut établir à cet égard une distinction entre le vétement de la vie quotidienne et celui de cérémonie et d’apparat. La notice de la planche B N contient là-dessus des détails circonstanciés.
En ce qui concerne la planche dont nous nous occupons, le pardessus du n° 7 eb celui du roi Batory (n° 8) est une chouba sans manches, doublée de fourrure et à col très large. Le n° 12 en offre une variété rentrant à la taille. Le manteau du n° 10 est la délia. Tous ces vêtements, doublés de fourrure, étaient exclusivement d’apparat.
Ceux des n°° 3 et 4 présentent des variétés de la bekiécha, vêtement d’origine hongroise, introduit en Pologne sous le règne d’Étienne Batory, un des plus grands souverains de ce pays. Ce vêtement, rentrant un peu à la taille, était de quelques pouces plus long que le joupane, et boutonné au moyen de brandebourgs de soie ou bien de fils d'argent ou d’or mélés de soie.
Le complément indispensable du costume du gentilhomme était le sabre, marque distinctive de la noblesse, car, en dehors d’elle, il n’y avait que les bourgeois de Cracovie et les magistrats des municipalités de Posen et de Vilna qui eussent, en vertu d'anciens privilèges, le droit de porter le sabre. Il était recourbé modérément et à garde découverte. On a fini par l'appeler karabela, nom tiré de celui de la ville de Karbela ou Kerbela, à seize lieues de Bagdad, ville où l’on a, pendant longtemps, fabriqué des sabres renommés. Le gentilhomme possédait habituellement au moins deux sabres : l’un pour la guerre, l’autre pour la parade. La karabela de grande tenue était, à la mode orientale, l’objet d’un grand luxe : son fourreau, sa garde, ses lanières étaient ornés de pierreries et d'émaux. Les Polonais étaient très sensibles à l'étiquette. En visite, après nombre de révérences et de choses flatteuses, il se passait ordinairement un quart d’heure en prières d’une part et en protestations de l’autre, avant que le maître de la maison parvint à décider son hôte à déposer sa Æarabela. Dans une fête ou réunion, à l’arrivée de chaque invité de quelque distinction, tout le monde s’empressait de ceindre l'épée, et on ne l’ôtait qu'après un nouveau cérémonial. Une touchante coutume
se rattachait encore à cette arme, coutume qui doit son origine aux luttes continuelles contre les Turcs et les Tartares : à la messe, lorsque l’officiant commençait à lire l’évangile, tous les nobles polonais se couvraient et tiraient leurs sabres à demi, pour témoigner ainsi qu’ils étaient toujours prêts à défendre la religion catholique.
Au seizième siècle et plus tard, un gentilhomme sortait rarement sans avoir encore en main son oboukh, canne dont la partie supérieure était une simple poire en métal, tandis que la partie inférieure était armée, à l’instar d’un marteau d'armes, d’un fer dont l’un des bouts était en forme de marteau et dont l’autre était terminé en bec-de-faucon ou bien en guise de hachette. Dans les rixes, c'était une arme terrible, et elle est encore en usage chez les montagnards des Carpathes.
Pour les costumes populaires représentés dans notre planche, voir la notice de celle ayant pour signe le P couronné.
Costumes tirés du recueil de M. Mateyko : Costumes polonais (Ubiory w Polsce) de 1200 à 1795 ; Cracovie, 1860 (2° édition, 1875) : in-Jolio, sans texte.
Les ouvrages à consulter sont indiqués dans la notice de la planche L couronné.
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