LES MAGYARS
La plus grande partie de l’ancien lac danubien est occupée par les Magyars, dits Hongrois, peuple venu des steppes de l'Orient, Quoique devenus aujourd’hui parfaitement européens par la civilisation, ils sont encore « Touraniens » par leurs légendes, leurs traditions, et sur-
tout par leur langue, d’origine finnoise.
RE
Tandis que dans toutes les autres parties de l’Europe les envahisseurs ouralo-altaïques n’ont fait que passer ou se sont perdus au milieu des populations d’alentour, les Magyars se sont solidement établis dans la plaine et les régions montueuses des Carpathes ; ils ont pu, après bien des luttes avec les races hostiles qui les environnaïent, constituer une nationalité ayant sa langue, sa littérature, et un passé belliqueux qui se reflète encore dans l'allure, le geste et le regard de leurs descendants.
Les Magyars, que l’on se représente surtout comme un peuple de cavaliers, sont devenus, pendant le cours de notre siècle, an peuple de bergers; les plus grands troupeaux se trouvent dans les contrées où les habitants de cette race sont le moins mélangés.
En dehors de la région centrale de la Hongrie, on rencontre encore beaucoup de Magyars à l’ouest parmi les Allemands, au nord parmi les Slovaques et les Ruthènes, et au sud avec les Serbes ; l’angle extrême du territoire hongrois, la Transylvanie, est habité par d’autres Magyars, les « Szekely », peuple qui sert d'avant-garde à la nationalité hongroise du côté de l'Orient.
Costume national du magnat.
Kucsma, coiffure de martre et de velours noir sur la-
quelle une agrafe artistement travaillée retient une plume d’aigle. Cravate de soie noire frangée. Attila, sorte de redingote, et mente, manteau, de velours noir, tous deux ornés de boutons en turquoises et de brandebourgs de soie. Une fourrure de martre garnit les bords, le collet et les manches pendantes de la mente. Ce vêtement est retenu sur les épaules par une chaîne aux riches agrafes et c’est à une ceinture de même richesse qu'est suspendu le sabre recourbé, au fourreau et à la poignée garnis de turquoises (voir la planche ayant pour signe le Tirebouchon, joaillerie de la parure masculine en Hongrie). Culotte collante. Bottes de cuir garnies de galons de soie aux bords supérieurs.
L’attila et la mente sont parfois d’étoffes différentes ; le premier vêtement peut être en drap et le second en velours. On choisit aussi, pour les garnir, tantôt de la martre, tantôt de l’astrakan ou d’autres fourrures de prix. Quant à la coupe, elle varie peu.
Au seizième siècle, le Hongrois portait alors journellement ce costume qu’il ne revêt plus que dans les Jours de gala.
Dame noble; costume de gala.
Kucsma ornée d’une broche de perles et d’émeraudes
surmontée d’une plume de héron. Pendants d’oreilles et lourd collier de perles. Corsage de velours rouge brodé d’or, à lacets garnis de pierres fines.
Ceinture d’orfèvrerie, enrichie de perles et d’émeraudes. Robe traînante de gros satin blanc, Petit tablier de dentelle. Sur les épaules, et retenue par une chaîne d’orfèvrerie, se trouve la mante brodée d'or et garnie de martre ; l’étoffe de cette mente est aussi de velours rouge. Éventail de plumes.
Dans les cérémonies, les grandes dames hongroises n’ont pas la mente, et portent, à la place du kucsma, un diadème garni de pierreries, et un grand voile de dentelle. L'impératrice d'Autriche, dans certaines occasions, est vêtue de ce costume,
Magyar de Kaposvar.
Costume de fête,
Chapeau de feutre orné de rubans et de fleurs natu-
relles. Parfois, il arrive à l’adolescent Magyar de parer son chapeau de plumes de héron on de cuscute, ornements qui, chez la plupart des nations européennes, caractérisent encore la coiffure des hussards. Les plis bouillonnés de la chemise apparaissent entre la veste brodée et la culotte bleuâtre soutachée de trèfles entrelacés. La partie de devant de cette culotte se rabat et est garnie d’une doublure d’étoffe brodée, en même temps que d’un mouchoir de dentelle qu’il est d'usage, le dimanche de placer en cet
endroit ; ces jolivetés sont mises en relief par l'attitude de ce jeune Magyar, qui, pour les faire valoir, s'en sert comme de contenance. Sur les épaules, et retenu par une torsade de soie, est jeté le dolman à manches pendantes et de même étoffe que la culotte. Bottes hongroises garnies de glands multicolores et munies d'énormes éperons Q à la sarmate », Presque toujours, le Magyar chausse des bottes à éperons; les domestiques des grandes maisons n’en portent qu'un seul, à la botte gauche.
C'est dans cet élégant costume de fête qu’il faut voir danser le paysan de la puzta (plaine), alors que la czardas fait tourbillonner les couples. « Le danseur hongrois est un artiste ; ses mouvements ne sont pas réglés d'avance ; il sait en improviser qui répondent à l’élan de ses sentiments et de sa joie, mais, dans sa fougue, il garde toujours une grâce virile. En poursuivant sa danseuse qui fuit, se dérobe, puis se rapproche, il aime à faire retentir ses éperons, il frappe ses bottes en cadence en s’exaltant par des cris de joie, fait voltiger ses franges, tourne et bondit, sans fatigue apparente, dans l’extase du mouvement et du bruit. »
No 11.
Femme du Banat.
Toque brodée, garnie de fourrure, d’où les cheveux s’échappent et retombent sur une veste plastronnée d’arabesques sur fond clair. Cette veste, qui n’a d'ouvertures que pour le passage de la tête et des bras, laisse voir les larges manches de la chemise, Robe de velours noir. Bottes de cuir.
Jeune fille du comitat (district libre) de Neutraer.
Petit bonnet encadré de dentelle et orné d’un ruban noué sur le côté. Collier de corail à plusieurs rangs.