‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 107 sur 130 · ORFÈVRERIE, JOAILLERIE. — OBJETS DE PARURE · texte numérisé non relu

ORFÈVRERIE, JOAILLERIE. — OBJETS DE PARURE

No 1.

Chaîne de grâce en or et en lapis-lazuli, XVIIe siècle.

Moitié d’une chaîne d'honneur en or émaillé, même époque. — Le collier adopté par la chevalerie du moyen âge était une réminiscence du collier militaire antique. Cette distinction qui, par la suite, prit le nom de chaîne, fut longtemps recherchée comme une marque d'honneur, On donnait des colliers aux personnes que l’on estimait. Louis XI en décora les députés suisses qui lui apportèrent la ratification du premier traité d'alliance que la France aït signé avec la confédération helvétique. Le même roi, assistant au siège du Quesnoy et ayant vu avec quelle valeur avait monté à l’assaut Raoul de Lannoy, l’un de ses plus braves capitaines, lui dit à la fin de la journée, en lui jetant autour du cou un collier d’or de la raleur de cinq cents écus : & Par la Pâques-Dieu, € mon ami, vous êtes trop furieux en un combat; il « faut vous enchaîner, car je ne veux point vous « perdre, désirant me servir de vous encore plus « d’une fois, » (Ch. Laumier, Æncyclopédie moderne, Didot.)

Dès la seconde moitié du XVI siècle, on mettait des chaînes d’or partout : dans la coiffure, au cou, sur la péitrine, aux entournures de la robe, et d’autres encore qui pendaient sur les flancs, descendant des deux côtés de la ceinture ; à l’une de ces dernières était attaché un petit miroir, à l’autre un livre d'heures ou un éventail, (Quicherat, ÆZist. du costume en France.)

Le collier ou la chaîne après avoir été longtemps un privilège de noblesse, fut, dès le XVI® siècle, porté à volonté. Une ordonnance de 1532, concernant les financiers et gens d’affaires de France, leur @ intimait seulement sur ce sujet, de ne pas porter « des chaînes d’or d’un trop grand poids, et de ne pas & faire leurs filles trop belles et trop riches lorsqu'ils « les marieraient. »

Nos 4, 8 et 15.

Ceintures d'argent avec couteau, portées par les femmes nobles de la ville d'Augsbourg, seconde partie du XVIIe siècle. N° 15 : couteau dans la gaîne. — La ceinture, avant d’être devenue une parure commune à toutes les classes de la société, enjolivée par chacun selon son gré, avait été aussi une distinction qui investissait de certains privilèges. Il en avait été ainsi chez les Francs dans les premiers temps de leur établissement dans les Gaules, et longtemps après que l’usage en était général, l'abandon de la ceinture était un signe de dégradation, de détresse ou de renonciation à de certains droits. Les débiteurs insolvables et les banqueroutiers étaient forcés de quitter la leur; et quand Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, fut mort l’an 1404, en laissant une succession fort obérée, sa veuve déposa sa ceinture avec ses clefs sur le tombeau du défunt, pour indiquer par là qu’elle renonçait à la communauté des biens. La noble ceinture d'argent des filles d’Augsbourg du XVII* siècle avait donc une origine ancienne, Quant au couteau, à lame de poignard, d'usage patricien en Italie, il ne paraît pas qu'au

XVI® siècle il fût resté en Allemagne un privilège de noblesse, L’épouscée de Damtzick, de Cesare Vecellio, laquelle n’est pas qualifiée, a pour ceinture un cordon de soie rouge, très long, auquel sont suspendus des clefs et une gaîne avec un couteau. Le même auteur représente la matrone suisse ayant également, au bout d’un long cordon tombant de la ceinture, une grande bourse, divers objets, et entre autres le couteau dans sa gaîne, Le couteau ces dames nobles d’Augsbourg du XVII® siècle est une petite arme dont la monture et la gaîne sont trèsfinement ciselées ; c’est un véritable objet de luxe, en argent, comme la ceinture,

Nos 11 et 14,

Flacons à odeur, tous deux en argent, le premier du XVIe siècle, le second du XVIIe — Le n° 11 représente l’une des formes de vase qui, dès le XIVe siècle, eut le plus de vogue. Les boîtes rondes d'ivoire nommées barillets, qui étaient généralement de fabrication arabe, et la pomme d’ambre ou pomandre, en figure de pomme, dans laquelle on mettait du muse, de l’ambre et d’autres aromates, se trouvent dans presque tous les inventaires des grands personnages du XIV® au XVIesiècle. En 13638, « deux petits barils de cristal à mettre basme. » (Inventaire du duc de Normandie.) En 1379 (inventaire de Charles V) : «Une pomme d’ambre garnie de trois bandes d'or, € une chose d’or plaine d’ambre, ouvrée à la morisque », € une pomme d’ambre d'argent doré » et dans celui dû duc de Berry : & une belle pomme de must (musc) qui s'ouvre par le milieu. » Les comptes royaux de 1400 mentionnent & une pomme d’or garnie de musque » et ceux de 1528, & trois pommes rondes d’or à mectre senteurs, en chascune desquelles il y a un mirouer et ung caderan. » Charles-Quint possédait & une grenade d’or creuse et un cœur esmaillé, » tous deux servant au même but. On retrouve la pomme d'ambre en Angleterre aux mains de la reine Élisabeth, Elle existe encore en Orient, où sans doute elle prit naissance, seulement elle est de plus grande dimension; elle n’y est pas pour l’usage de la main, on la roule avec le pied snr le tapis. (E. Rimmel, Ze Livre des parfums.)

Beaucoup de portraits du XVIe siècle représentent des personnages tenant cette pomme à la main, La

peste fit alors de fréquents ravages en Europe, et l’on prit l'habitude de porter la pomandre sur soi en la respirant de temps à autre. Elle était regardée comme un excellent préservatif contre la peste. Le muse et la civette entraient alors dans la composition de presque tous les parfums.

La grandeur originale de ce barillet ou pomme d'ambre est de 5 centimètres environ; avec sa chaîne de suspension et l'anneau, la hauteur totale est de 23 centimètres. L’anneau est assez grand pour être passé dans le doigt,

Le n° 14 appartient à une époque plus avancée, où les objets de toilette étaient confectionnés avec le luxe le plus délicat. Les parfums, généralement délaissés sous Henri IV, étaient rentrés à la cour, sous Louis XIII, avec les Concini, Les flacons dont on s’y servait sont les plus finement sculptés de l'époque. La hauteur totale de celui-ci, avec son petit anneau propre à être suspendu à quelque bouton de gant, est de 16 centimètres.

Nos 9, 10, 16 et 17.

Les n° 9, agrafe à charnière, 10, pendeloque, 16, agrafe,

17, broche, sont des ornements en argent de 1650 à 1670. Le n° 10, donnant la proportion des autres, a 18 centimètres de hauteur.

Nos 5 et 7,

Les n°% 5 et 7 se mesurent à la même échelle; ce

coutelet et cette clef sont aussi en argent, La trousse complète du XVI® siècle renfermait trois couteaux à lames aiguës, dont l’un plus grand que les deux autres; parfois un poinçon à pommeau tenait la la place d’un des petits couteaux. Notre exemple est l’un de ces derniers. La clef porte sa date, 1625,

Ornement de 1700 à 1740. — Ce modèle est en fer

forgé, mais il est tout à fait dans le goût des parures orfévrées que l’on mettait sur les étoffes des robes, dans les chevelures, et auxquelles on donnait le nom d'agréments,

N°2 2 et6.

Ornements appartenant à des colliers de chien.

Ces différents objets proviennent du musée de Dresde ou sont la propriété des ducs d’Anhalt

et des grands-ducs de Weimar.

(Documents photographiques provenant de la publication des Musées et Collections d'Allemagne.)

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