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PARIS PENDANT LA LIGUE

ASSOCIATION DES COSTUMES RELIGIEUX ET MILITAIRES. MILICIENS; BOURGEOIS; MENU PEUPLE.

En 1590, lorsque Henri IV disputait à la Ligue la capitale du royaume, celle-ci possédait peu de munitions, peu de vivres et n’était défendue que par des murailles en mauvais état ; mais l’exaltation religieuse entretenue chez les habitants par les pensionnaires de la cour d’'Espagne (c’est ainsi que les royalistes appelaient les prédicateurs populaires), en même temps que la vigoureuse domination des Seize, semblaient suppléer aux ressources qui manquaient à la ville assiégée. La force militaire de Paris consistait en une milice de trente mille hommes #rès bien armés, dans les rangs de laquelle se trouvait enrôlée toute la jeunesse ; cette armée ne comptait que peu de troupes régulières par la raison que la ville, épuisée par la ouerre, n'avait pas les moyens d’en avoir beaucoup à sa solde et aussi à cause de cette ancienne antipathie que les Parisiens conservaient contre tout ce qui ressemblait à une garnison quelconque.

Le Béarnais venait d’échouer dans l’assaut des faubourgs ; c’est alors que la Ligue, afin de réchauffer l'enthousiasme des masses, résolut de faire défiler en procession la nouvelle force armée qui s'était organisée en vue d'assister les compagnies bourgeoises et les quelques troupes régulières. D’après l’Estoile, le 14 mai, treize cents prêtres, moines ou écoliers, accom pagnés de quelques bourgeois qu'on appelait les catholiques zélés, firent leur montre (revue) en belle ordonnance. Guillaume Rose, évêque de Senlis, marchait en tête comme le colonel de ce bizarre régiment; le curé de Saint-Côme, Hamilton, était son sergent de bataille. Venaient ensuite les chartreux, les feuillants, les quatre ordres mendiants (jacobins, cordeliers, carmes et augustins), les capucins, les minimes, entremêlés d’écoliers de l’université,

tous avec la robe retroussée, la dague au côté, la pertuisane ou l’arquebuse sur l’épaule ; beaucoup portaient des casques, des corselets et des pétrinals; des crucifix leur servaient d'enseignes ; leur grand étendard était une bannière à l’image de la Vierge. L'Église militante défila quatre par quatre devant le cardinal Henri Cajétan, légat du pape, en chantant des hymnes entrecoupées de mousquelades. Le légat salua ces pieux guerriers du titre de vrais

Macchabées.

Les bénédictins, les célestins, les génovéfains et les religieux de Saint-Victor ne s’associèrent point à cette belliqueuse démonstration.

Les figures de cette planche, empruntées à deux tableaux du temps représentant la procession de la Ligue, nous montrent des moines-guerriers, au costume offrant l’anion étrange du froc et de la cuirasse, la bourgeoisie terrifiée venant contempler un spectacle dont Paris n’avait pas encore vu d'exemple, et enfin quelques figures populaires grossissant cette multitude en proie à une surexcitation fébrile, C’est cette cérémonie que les royalistes qualifièrent de drôlerie et que les peinbures et les estampes du temps s’efforcèrent de ridiculiser en reproduisant en grand nombre ses principaux épisodes.

Les troubles continuels et la misère du temps eurent en matière de costume des résultats que n’auraient jamais obtenus des lois somptuaires ; il s'établit à Paris une grande réforme de luxe; les classes aisées répudièrent complètement les pompes de la parure. Dans les autres villes liqueuses, on y mit moins d’austérité, et comme la capitale n'avait plus de cour, ce fut dans les grandes villes que les étrangers, dans leurs Recueils de costumes de diverses nations, alors très à la mode, allèrent chercher les types propres à montrer le peuple français sous son aspect général. La population parisienne ne se trouve donc véritablement représentée que dans les rares tableaux du genre de la procession de la Ligue.

Les questions somptuaires durent être considérées comme des préoccupations du dernier ordre par les classes populaires de cette époque, obligées, par l'extrême misère et des épreuves terribles, à satisfaire d’abord des besoins autrement impérieux ; aucune population ne connut mieux ces souffrances que le peuple de Paris, dont la prodigieuse constance et l’héroïsme inouï ne se démentirent jamais pendant cette cruelle période de notre histoire.

Yo CHEFS DE LA MILICE, N° 8.

Petit page portant la rondache du capitaine ci-dessus. No 7,

Capitaine, chine

; ï ï # “+ Un des curés de Paris armé de la hallebarde, Bourguignotte, cuirasse, épaulières, coudières, tassettes

et gantelets. La plupart des soldats ne portaient Bonnet à bords relevés. La barbe était portée dans plus que des armures couvertes d’un vernis brun l'Église de France aussi bien que dans les autres Égliou noir ; ce sombre uniforme dispensait les hommes ses de l’Europe. Fraise plate sur une capette ou d’un entretien presque impossible, vu la guerre in- manteau, garnie de larges ouvertures sur les côtés cessante où ils étaient occupés. pour le passage des bras ; longue soutane,

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La couleur noire pour le clergé ne pénétra en France qu'en 1583 et ne réussit pas universellement du premier coup; il fallut l'esprit ultramontain de la Ligue pour réduire notre clergé à la lugubre uniformité italienne.

Pendant cette époque de troubles (1590), il y eut quelques curés, comme. Pigenat et Lincestre, qui furent installés dans leurs cures par l’élection populaire.

Le supérieur des Chartreux, vêtu de la robe de laine blanche de son ordre.

Ce religieux est armé de la pique et porte la bourguignotte, coiffure guerrière fort en vogue à la fin du seizième siècke. Cuirasse avec tassettes descendant jusqu'au genou. Ceinturon de cuir auquel est suspendue une rapière.

No 18.

Petit coureur, transmettant des ordres,

Pourpoint à longues manches; mandille à manches flottantes ; cape drapée autour du buste,

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