‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 3 sur 130 · D'APRÈS DES PIERRES TOMBALES · texte numérisé non relu

D'APRÈS DES PIERRES TOMBALES

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L'armure complète de mailles fut celle du temps de saint Louis et ne commença à changer que vers la fin du XIII siècle. La cotte de fer était sans doublure; elle n'avait pas d’envers et se passait comme une chemise par-dessus un vêtement de corps en cuir ou en étoffe piquée, Cette tunique à manches est le gamboïson où gambeson. Le grand haubert où blanc haubert est l’armure complète que les chevaliers avaient seuls le droit de porter. — Tout entière de mailles, elle se composait : de chausses complètes, recouvrant la chaussure de cuir; d’une tunique longue dont les manches sans ouverture formaient à l'extrémité un gant divisé seulement pour le pouce, et d’un capuchon ou camail couvrant la tête et entourant le visage; cette coiffette de mailles était rembourrée, eb couvrait souventune calotte d’acier; on posait enfin sur le tout le *eaume, ou grand casque de forme cylindrique au timbre plat, à la visière immobile, que les contemporains appelaient le casque nouveau, lorsqu’en 1214 il apparut à la bataille de Bouvines, et que l’on désigne d'ordinaire comme le casque des croisades ; on y mettait aussi le casque normand avec son nasal fixe du XI° siècle, ou encore le capel de fer ou chapeau de Montauban, calotte au timbre arrondi, sans visière, munie d’un rebord large et plat.

Les mailles étaient d’une confection très-variée que nous représenterons; il y avait la double maille, dite de Chambly, souvent citée pour sa résistance, La cotte de mailles du XIIT° siècle pesait environ de 25 à 30 livres ; l’obstacle qu’elle opposait à la pénétration des armes blanches

fut cause de l’alourdissement des épées, des marteaux d’armes et des haches dont le choc se trouva augmenté; mais les garnitures intérieures, les doublures matelassées, auxquelles il fallut recourir pour y résister, devinrent telles que, vers la fin du siècle, l’homme de guerre étouffait littéralement sous les armes.

Depuis longtemps on portait à la poitrine, sous la maille , une plaque de fer. Ce système défensif, qui a l’avantage de répartir un choc sur une superficie, fut successivement appliqué aux jambes et aux bras et mit sur la voie de l’armure complète de plaques d’acier dite : armure à plates, des XV° eb XVI siècles.

La longue cotte d'armes, sans manches, qui recouvrait l’armure maillée, préservait de la pluie les pièces principales; ce pardessus devint une parure pour laquelle on employait des soies épaisses, des draps d’or ou d'argent, doublés de fourrures précieuses ; et lorsque les armoiries fixes et héréditaires, signes distinctifs de la famille, se peignirent sur l’écu, ce qui devint général vers la moitié du XIIT° siècle, on les broda en couleur sur les plis flottants de la cotte.

Après la mort de saint Louis (1270) la cotte de mailles se raccourcit ainsi que celle qui la recouvre ; les plaques de cuir bouilli ou de fer battu apparurent aux jambes et à l’articulation des genoux. Vers 1340 l’armure est entièrement changée de forme et de caractère ; les pièces d'acier couvrent les jambes et le genou , le camail n’est plus qu’un gorgerin (voir n° 4,

le duc de Bourgogne, Jean III, mort en 1341); enfin, vers 1330, l’armure d’acier est presque complète ; la cotte de mailles va toujours en se réduisant avec la cotte d’armes plus courte encore.

Les figures debout, n°2 et 3, dont les écus ne sont pas blasonnés, sont de la première moitié du XIII siècle; cet écu cintré, en pointe allongée et dont la forme en cœur était coupée horizontalement à la partie supérieure , avait été considérablement diminué vers la fin du XITI° siècle. À mesure que l’armure se perfectionne, il va ainsi en s’amoindrissant jusqu’à la targe du XV° siècle où les grands garde-bras et les passe-gardes de l’armure d’acier permettent la suppression des derniers boucliers.

Pendant cette première moitié du XIIT° siècle, l'épée, l’arme noble par excellence, subit, ainsi que nous l’avons dit, des changements de poids comme les armes d’hast ; le milieu de la lame de chaque côté est renforcé d’une crête saillante et la pointe est formée par le rétrécissement graduel du talon à son extrémité. Ainsi acérée, l'arme pénétrante attaque avec succès jusqu'à la double maille. Vers 1346, cette grande épée devint moins lourde, moins épaisse, plus large et plus tranchante.

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