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et de la salade avec ou sans bavière. Ce casque était souvent garni d'argent; lorsqu'il n’y avait pas de bavière, elle était remplacée par un sous-gorgerin de mailles. Les bras étaient couverts de l’arrière-bras, de la cubitière et de l’avant-bras de fer. A défaut de la brigandine, les archers portaient le jacquet ou le haubergeon. Le cheval était harnaché à la légère, sans aucune pièce d’armure, ni hourds d'aucune sorte. Le carquois pour les flèches était une trousse de toile pendue au ceinturon et tombant droit sur le côté, quand elle n’était pas passée dans une agrafe tenant au dos de la brigandine qui l’empéchait de basculer, car sa position dans ce dernier cas était oblique. Le haut de la trousse était coulissé, de manière à ce que les flèches ou sagettes pussent toujours être serrées; on portait l’arc en sautoir, le bois en arrière. L’épée pendue à l’arçon de notre cavalier, est une arme à deux mains qui ne servait guère que pour combattre à pied d’estoc et de taille.
N° 16. — Nous avons énuméré plus haut l'armement du franc-archer; notre archer (n° 16) est en outre coiffé d’une salade à arête médiane pointue au sommet; sa trousse pour les flèches n’est point un sac comme celle du cavalier; elle est assurée par derrière pour l’empêcher de basculer et passe dans une ligature à nœud coulant qu’un simple mouvement suffit pour resserrer de manière à retenir les flèches, dont les deux extrémités, le fer et le bois empenné, sont en dehors de la trousse.
N° 15. — L'’arbalétrier, est occupé à bander son arme qui est une arbalète à tour ou à moufjle. Son pied passé dans l’étrier la maintient, pendant que des deux mains il tourne le treuil à l’aide des deux manivelles contrariées jusqu’à ce que la corde ait atteint l’encoche de la noix. On retirait ce mécanisme une fois l’arme tendue, pour l’accrocher à la ceinture ou le laisser à terre ; on posait alors le carreau sur l’arbalète où il était maintenu au moyen d’un ressort très-doux de corne ou d’acier. Le carreau était une flèche très-courte, de 6 à 8 pouces, empennée de deux plumes au lieu de trois, faite de bois dur et lourd, cylindrique; le fer fort et pesant était tantôt triangulaire, tantôt de forme conique. Les arbalétriers étaient armés, comme les francs archers, de la brigantine et du chapel de fer; la figure représentée porte un chapeau de feutre, mais c’est une des irrégularités dont nous avons parlé et qui se rencontrent à chaque instant.
N° 10. — Héraut d’armes, vêtu par-dessus la cotte de mailles du hoqueton fleurdelisé, armoirié, aux courtes manches sur la bordure desquelles on brodait le nom de la province représentée ; ce vêtement traditionnel a persisté jusqu'au XVI siècle.
N°11. — Page, ou enfant d'honneur du roi. Son élégante surcotte a de petites mahoîtres et son casque est un armet léger, sans gorgerin, sur le sommet duquel s'élève une fleur en métal; c’est une arme de parade. L’étendard qui se trouve représenté dans notre planche, d'après MM. de Noirmont et de Marbot, ne serait pas, selon M. Viollet-le-Duc, l’étendard royal de Charles VII. M. Viollet-le-Duc cite ses autorités et MM. de Noirmont et de Marbot n’ont pas cité les leurs. Alain Chartier, dans son histoire de Charles VII, parle à propos de l'entrée du souverain à Rouen, d’un pennon de velours azuré à quatre fleurs de lie d’or de bro-
deure bordées de grosses perles et d’un escuyer qui portait l’élendard du Roy, lequel était de satin noir. :
Dans une miniature du manuscrit des Chroniques de Froissart de la Bibl. nat., on trouve une vignette où se rencontre une bannière à deux longues queues, barlongue, d’étoffe rouge, sur laquelle est brodé en or un Saint-George terrassant le monstre. C'était une des bannières anglaises, conclut M. Viollet-le-Duc. Nous ne pouvions passer sous silence l'affirmation aussi décidée d’un pareil maître.
N° 3. — Parmi les armes détachées se trouve sous ce numéro une arbalète française de guerre à crie de la fin du XV° siècle, provenant du musée d'artillerie. Les arbalètes à cry ou à cric étaient les plus puissantes à cause de la force de leur arc. T’arbrier est court; l'arc d'acier était bandé à l’aide d’un cry à manivelle.
N° 7. — L’épée est de la même époque et du même musée; c’est une épée de connétable, une arme de cérémonie conservant la forme traditionnelle des épées de la fin du XIV® siècle ; sa lame est gravée d’un semis des fleurs de lis près du talon, et dans un cercle vers le milieu du fer. Les quillons et le pommeau sont ornés de même en relief plat, le tout doré sauf l’acier de la lame. La poignée est garnie de cuir, le fourreau en est également recouvert avec chappes et frettes de laiton doré et semis de fleurs de lis en relief. Le connétable portant l'épée devant le souverain la tenait droite, la pointe vers le ciel.
N° 1: — Fléau. Cette arme terrible a été employée jusqu’au XVI® siècle ; maniée par les
gens de pied qui s’attaquaient aux cavaliers elle avait un manche de cinq à six pieds. — N° 2. Maïllet d'homme de pied, composé en partie de plomb, d’où le nom de p/ommée qu'il porta; en partie de fer, on l’emmanchait au bout d’un long bâton. Vers le milieu du XV° siècle on abandonna les marteaux-plommées, et ils furent remplacés par les marteaux à bec de faucon. — N° 4. Couteau à scie. C'était une de ces armes de guerre qui permettaient aux coutilliers de blesser les hommes d’armes ou de les achever, lorsqu'ils étaient à terre.
N° 5et 6. — Hallebardes de guerre. Cette arme d’hast avait été introduite en France par les Suisses et les Allemands au commencement du X V° siècle. La hampe avait environ deux mètres de longueur. — N° 8. Guisarme, arme d’hast, composée d’un tranchant long, recourbé, et d’une pointe droite, d’estoc; aux XIV et XV° siècles, c'était une arme de piéton, pourvue d'un long manche, servant à couper les jarrets des chevaux, à faucher et piquer dans les escadrons ; on l’appelait aussi le fauwchon. — N° 9. Mousquet, représenté sur la bannière ou étendard pris sur les Bourguignons en 1472, par Jeanne Hachette, conservé à l'hôtel de ville de Beauvais.
Les documents sont empruntés à MM. de Noirmont et de Marbot, à Vieil-Castel, à Wallemin et au Musée d'artillerie de Paris.
EUROPE — MOYEN AGE
FRANCE XV° SIÈOLE. — COSTUMES DE GUERRE, DE JOUTE ET DE TOURNOI. — LES HAUTS CIMIERS.
Equipements de joute et de tournoi.
N° 5. Cavalier armé pour la joute. — N° 6. Cavalier armé pour le tournoi.
Le tournoi était un combat entre deux troupes égales en nombre ; la joute, un combat singulier à la lance. Les joutes, habituellement, précédaient le tournoi. Jouter à la lance s'appelait aux douzième et treizième siècles, bohorder; mais les deux choses étant généralement inséparables, la jouste ou jouxle et les tournoiements ou tupinets se désignaient d’un nom commun : bouhourdeis, belhourdis ; on les appelait aussi des trespignées, et des combats à la foule. Les chevaliers combattaient à armes courtoises, ç’est-à-dire avec des lances à fers carrés, obtus ; des épées dont le tranchant était émoussé, dont la lame, sans pointe qui pût pénétrer, valut à l'arme le nom d’épée rabatlue. La masse était peu pesante et sans aspérités. On ne devait assaillir l'adversaire que d’une certaine manière.
Geoffroy de Preuilly, mort en 1066, paraît être le premier qui aib établi les règles des tournoïs. Tacite a parlé des jeux des jeunes Germains nus, se donnant en spectacle au milieu des épées et des framées menaçantes ; ces passe-temps étaient dans les mœurs du moyen âge. Ces fêtes militaires dégénéraient souvent en combat sanglant ; elles devinrent l’occasion de dépenses ruineuses pour la noblesse. Les pontifes romains les punirent d’excommunication; les décrets des conciles, les ordonnances de certains rois les défendirent, mais pendant longtemps le goût que les femmes avaient pour les tournois prévalut. Elles y étaient souveraines : c’étaient elles qui, ordinairement, étaient chargées de distribuer les récompenses aux vainqueurs ; elles contribuèrent beaucoup à donner à ces assemblées un caractère de luxe qui les éloigna de leur institution primitive, du temps où cet exercice purement militaire, avait lieu dans un pré, sur un terrain plan, non boisé, sans clôtures ni tribunes.
Les armes défensives des tournoyeurs furent longtemps les mêmes que celles dont on se
servait à la guerre. Dès le quatorzième siècle, l'habillement diffère ; plus léger il devient spécial, et l'abandon du caractère primitif de ces jeux, qui ne paraissent avoir été utiles que sous le véritable harnais de guerre, est signalé comme l’une des causes qui hâtèrent la ruine de la noblesse féodale. On vit, en effet, à cette époque, se produre le contraire de ce qui s'était fait jusqu'alors : on ne se présentait plus sur le champ du tournoi avec les armes de guerre, mais on se montrait sur les champs de guerre avec laccoutrement des grands tournois, revêtu d’armes luxueuses, avec housses, longues cttes, lambrequins. Les simples archers, des coutilliers à pied, eurent aisément raison de cette cavalerie tout embarrassée dans ses harnais. Dans le péril, les cavaliers prirent le parti de combattre à pied, se déshabituant de l'exercice de la lance qui seule leur donnait la supériorité jusque-là.
On ne possède pas de descriptions d’habillements de tournoi quelque peu détaillées avant le milieu du quinzième siècle. Vers cette époque le jouteur n’est plus qu'une machine disposée pour produire un choc. Il n’a d’autres fonctions que d’éperonner son cheval'et de diriver sa lance dans un plan horizontal. C’est le faucre qui porte cette lance qu’il suffit de tenir à une hauteur convenable. Le cavalier est si parfaitement couvert qu’il ne peut être blessé que par une chute de cheval. Le heaume est énorme, pesant, maintenu au devant par une courroie fortement bouclée sur le plastron de la cuirasse, et par derrière, par deux autres courroies également bouclées sur la dossière. Les garde-bras sont articulés; la main gauche est d’une seule pièce avec la cubitière. Toute la force de la cuirasse est en avant, l'arrière, très allégé pour laisser le jeu libre aux omoplates, n’existant d’ailleurs que pour soutenir le heaume. Cet étrange armement était la conséquence d’une longue expérience. Le heaume tradi- - tionnel en façon de pot, avec la croix de renfort sur la face, avait été remplacé par le heaume à tête de crapaud. La vue y était percée sur une arête horizontale saillante ne présentant guère de prise à la pointe de la lance et de l'épée; les surfaces glissantes faisaient dériver les coups. La forme s'accentue davantage à partir de 1400. Le timbre est plus fuyant, la vue de plus en plus masquée par le bec de la bavière ; le col plus délié ferme hermétiquement la jonction des épaules. Les heaumes n'étaient plus façonnés au moyen de plaques de fer rivées que les chocs disloquaient: ils étaient forgés avec grand soin, d'une seule pièce, c’est-à-dire le timbre et le couvre-nuque d’un seul morceau, la bavière rivée latéralement. On posait ce lourd et fort habillement de tête sur les épaules en passant la tête par la large bavière servant de gorgerin, puis on le laçait en passant les courroies dans les boucles. Sous le heaume lacé, la tête, entourée d’une coiffe épaisse ne couvrant pas les oreilles et attachée par derrière, pouvait se mouvoir en tous sens, c’est-à-dire tourner à droite ou à gauche, mais il était impossible de la baisser en avant ou en arrière sans le mouvement du torse dont le heaume était solidaire. Lorsque l’homme d’armes chargeait, il portait tout le haut du corps en avant. On ornaït le timbre de plumes, de tortils, de couronnes ; sur les heaumes dont on se servait dans les tournois et les jontes, on posait des cimiers, on attachait des lambrequins qui tombaient au bas
des reins; on ne paraît pas avoir donné aux cimiers, en France, l'importance exagérée qu’on leur accordait en Allemagne et en Angleterre, dès le quatorzième siècle. L'Italie du nord excella dans la fabrication des heaumes. Du temps de Charles V , les hommes d'armes préféraient ceux de cette provenance, quoiqu'ils coûtassent fort cher. On en faisait aussi à Poitiers, avec les excellents fers du Berry, à Arras, dans les Flandres, et à Paris. En Allemagne on en fabriquait en cuir bouilli, d’une dimension énorme.
Les cimiers étaient de figure changeante, capricieuse ; ils n’avaient point la fixité de l’armoirie héraldique. Il fallait dire aux dames qui, l’avant-veille du combat, venaient voir les heaumes surmontés de leur cimier, rangés en belle ordonnance, le nom de chacun des tournoyeurs auquel le casque appartenait. C’est là que se faisait la recommandation, qui avait lieu pour des cas plus ou moins graves. Un chevalier était recommandé par une dame lorsque celle-ci, ouchant le heaume exposé, le faisait tomber à terre; cela voulait dire qu’on pouvait battre ce chevalier impunément. Tous ceux qui, dans la lice, se trouvaient en face du recommandé s’acharnaient après lui jusqu’à ce qu’il s’avouât vaincu; et celui qui avait tenté de ternir l'honneur des dames était battu jusqu’à ce qu'il leur criât à haute voix: merci! en promettant que plus jamais il n’en médirait.
Les chevaliers joutaient « par batailles et par bannières. » Le cavalier de joute représenté sous le n° 5 porte les armoiries du connétable de Richemont; son heaume en bec de crapaud est orné du tortil et du lambrequin d’hermine avec bordure de gueules, ayant pour cimier un chapeau à bords retroussés surmonté de cornes et d’une hermine. L’armure est pourvue du grand faucre, pour supporter la lourde lance, à fer à trois dents et à large rondelle. La &rge est revêtue d'ivoire et de corne, brêlée solidement à la cuirasse. Les étriers sont ce qu’on appelle les sabots-étriers, C’est une demi-chaussure de fer recouvrant l'avant du pied, mais ne pouvant retenir le pied engagé lorsque le jouteur était désarçonné. Ce cavalier porte la manche honorable. Cette manche d’étoffe longue, parfois traînant jusqu’à terre, que les chevaliers portaient au combat et dans les tournois, était une écharpe brochée attachée à l'épaule. Il en est fréquemment question dans les romans, depuis le douzième siècle. C’étaient les dames qui donnaient habituellement une manche, et non une paire de manches. T’usage de la manche honorable fut maintenu jusqu’au quinzième siècle.
Pour la joute, les deux adversaires étaient placés des deux côtés d’une haie ou d’une barrière charpentée en ligne droite, chacun ayant à sa droite cette barrière de séparation. Au signal donné, ils se précipitaient l’un contre l’autre au galop, la lance en arrêt, visant la poitrine de l’adversaire pour le désarçonner.
N° 6. — Letournoyeur a un adoubement qui diffère de celui du jouteur. Son habillement de tête est un bacinet ou capeline dont la vue est treillissée. On appelle cervelière, baviére et visière, les différentes parties de ce casque à grille. Son sommet est couvert par une calotte de cuir bouilli, couvrant seulement la partie supérieure du timbre ; elle est attachée par quatre
aiguillettes passant par des trous percés dans la cervelière; cette calotte sert d’assise à une broche de fer assez haute qui maintient le cimier posant sur l’appendice en cuir bouilli. Le bacinet est lacé en avant et en arrière sur la cuirasse; le surcot ou le hoqueton ont pour le passage de la boucle de larges boutonnières. Les armes offensives de notre tournoyeur sont l'épée rabattue, dont la lame devait avoir quatre doigts de largeur, afin qu’elle ne pût pénétrer par la vue grillée du heaume, et la masse de bois dur taillée à pans. Ces armes étaient visées et poinçonnées par les juges diseurs qui prenaient garde qu’elles ne « soient point d’outrageuse pesanteur ne longueur aussi. » A l’arçon de la selle du cavalier de tournoi, on adaptait une pièce particulière, appelée Lowr ou Lourd, destinée à protéger le ventre et les cuisses de l’homme. I] y en avait qui, emboîtant le cou du cheval, défendaient en même temps le poitrail du destrier. Une poignée enfer, fixée au hour, offrait un point d’appui à la main gauche du combattant, pendant qu'il frappait son adversaire de la main droite. Régulièrement, on ne devait porter les coups que de haut en bas. Le cavalier de tournoi représenté ici porte les armoiries du duc d’Albret. La couronne ducale de son cimier est surmontée d’une tête encapuchonnée avec des oreilles d’âne.
Henri IT ayant trouvé la mort dans un accident de joute, les tournois prirent fin. Ces jeux guerriers, après avoir été longtemps le principal attrait des fêtes les plus luxueuses, furent remplacés par les carrousels. C’étaient bien encore des espèces de tournois où les chevaliers se partageaient en différentes quadrilles distinguées par la diversité des livrées et des habits ; mais les exercices n’y étaient plus que jeux d’adresse, courses de bagues, de têtes, etc.
On portait le haut cimier sur le heaume de même que sur le bacinet grillé, ainsi que lemontrent le jouteur et le tournoyeur, et les divers exemples de casques isolés qui figurent ici. Au quatorzième siècle, le cimier était souvent une coiffure posée sur le heaume et le lambrequin, comme si elle eût été mise sur la tête même. Le chapeau n'avait assurément pas d’autre objet . que de contribuer à empêcher les rayons du soleil de chauffer le timbre. La statue tombale de Rodolphe de Thierstein, dans la cathédrale de Bâle, offre l'exemple de ce chapel de heaume, à forme ronde, à bords assez larges et horizontaux, coiffant le casque dont le voile pend à V’arrière. Ce chapel est surmonté d’une grosse houle de laine formant cimier. Au quinzième siècle (voir n° 5),le chapel de heaume entre bien encore dans la composition du cimier, mais il y est sans aucune espèce d'utilité ; il est bien au dessus du timbre, ses bords sont relevés; ce n’est plus qu'un ornement.
Les fantaisies des tournoyeurs vinrent, ainsi qu’on l’a vu, figurer sur les champs de bataille.
Les hauts cimiers donnés ici en exemples détachésappartiennent à de véritables armes deguerre. Les figures du cimier tiennent de l’héraldique, ainsi qu’on peut le voir par ces bizarres inventions. Les unes sont des armes emblématiques, comme la main tenant une crosse qui semblerait déceler un prélat; d’autres ont le caractère d’épouvantails : c’est une tête de mort, un bras levé et armé, etc. Parfois le nom de l’objet formant cimier est, comme dans l’héraldique;, un rébus approximatif faisant allusion au nom du chevalier ou rappelant sa devise, ete, etc.
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Nous avons dû couper les lambrequins de la plupart de ces casques, le n° 1 suffisant pour montrer le développement de cet appendice qui se termine invariablement par des pointes ou des glands.
Equipements d'ordonnance. Epoque de Charles VII.
N° 11. — Homme de pied.
Ce fantassin est armé de la hallebarde et du grand pavois, pavais on pavard (voir la fig. du pavois, n° 10). C’est un bouclier à l’abri duquel on combattait et qui servait pour s'approcher des remparts d’une ville assiégée. Sa large cannelure médiane permettait de maintenir cette défense le long d’un piquet, l’homme, arbalétrier ou pionnier, ayant la liberté de ses mains (il était surtout à l’usage des arbalétriers). Sa forme la plus ancienne est celle de notre
figure 40 ; elle est du quatorzième siècle. En marche, le fantassin attachait le pavois sur son dos; il en usait de même pour monter à l'assaut. Les courroies étaient disposées pour le placer de diverses manières. Le pavois de notre homme est en bois peint. Le piquet planté en terre, eb passant par la cannelure médiane, est inséparable de l'emploi de cette espèce de parapet mobile. Le corps de ce soldat est protégé par un corsage, une braconnière et des cuissards en brigandine. Cette armure, très souple et très en usage à cette époque, est composée de petites plaquettes de fer étamé en forme de tuiles se recouvrant, et rivée sur une enveloppe de soie, de velours ou de cuir. Le bras droit est pourvu d’une rondelle d'épaule; le gauche reste libre pour mieux manœuvrer le pavois; ils sont l’un et l’autre recouverts de manches en façon de gambison, c’est-à-dire formées de plusieurs doubles de toile et renforcées de cuir et de cordes longitudinales; celles-ci sont fixées par des piqûres à l'aiguille qui traversent toute l'épaisseur de l’étoffe. La coiffure est une salade sans visière, indépendante du collelin de fer, et à grandes oreillettes. La hallebarde, introduite en France vers le commencement du siècle, par les Suisses et les Allemands, eut des fers variés ; celui de la corsèque, arme des fantassins corses, différait de celui de la roncone, arme d’hast italienne. La corsèque avait un long dard, avec deux oreillons obliques et symétriques ; la roncone avait un dard plus long et plus aigu et deux oreillons également symétriques, mais recourbés. Celle que notre soldat tient en main est de la famille des hallebardes de guerre à oreillons différents, qui affectèrent des formes plus ou moins singulières. Les orcillons servaient à fausser les armures, à les accrocher; la hallebarde était une arme terrible. L'épée est à quillons droits.
N° 12. — Arbalétrier.
Cet autre fantassin porte une salade à couvre-nuque et oreilles pour défense de tête. La sorte de pèlerine de mailles qui couvre le cou jusqu'aux clavicules est le clavain. On le posa d’abord sous le camail, sous le haubert, lorsqu'on portait le vêtement de mailles. Plus tard le clavain devint une pièce de l’armure terminant le colletin. Notre sujet a des demi-manches
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et une jupe de mailles. Son armure est une brigandine, avec pansière et rondelles, sur laquelle figure la croix blanche, qui fut le signe le ralliement des Français pendant la guerre de @nt ans. Les genoux sont protécés par des cubitières. Les souliers sont à la poulaine. Le emnd pavois complète le système défensif. Celui-ci est formé d’une portion de cylindre et pate, parmi le semis des fleurs de lis royales, l’image de Saint-Sébastien, le patron de la COrpiration, dont la figure isolée se voit n° 7. L’une des armes offensives est la grande dague aux quillons à potences contrariées offrant deux branches en sens opposé, l’une s’avançant vers la lame, l’autre dans le sens de la poignée ; l’un de ces quillons servait à engager l’arme de ladversaire, l’autre à protéger la main. L’arbalète est de celles dites à moufle, ayant un étrier jour bander l’arme. Le carquois, ou trousse en peau suspendue à la ceinture, contient les carreaux ; le quarrel, quarriau, boujon, est le trait de l’arbalète à main ou de la grande arbalète à tr. Il diffère de la flèche en ce qu’il est plus court, possède un fer plus fort et pesant, et n’a que deux pennes au lieu de trois. Sa longueur variait, selon la force de l’arme, entre six et Iuit pouces. (Voir la fig. 8.) La tige du carreau était d’un bois dur, lourd, de forme cylindrique. Le fer se terminait en une section carrée, parfois triangulaire, formant pointe. Le carrau était maintenu sur l’arbrier de l’arbalète au moyen d’un ressort très doux de corne ou d'äcer. L’arbalétrier ne pouvait guère envoyer que deux carreaux par minute, à cause du enps qu'il fallait pour tendre l’arme; un archer décochait en cette minute une douzaine de flécles ; mais l’arbalète avait une puissance de projection et une justesse de tir bien supérieures. Le tour ou la moufle de cet arc-baliste, dont on voit l'emploi dans les peintures de manuscrit de la fin du dixième siècle, n'apparaît dans les miniatures de ce genre que vers 1425. Les ar)alétriers composaient une lourde infanterie; leur brigandine de lamelles de fer couvertes Cétoffe, qui était un excellent vêtement de gucrre, laissant aux mouvements du corps leur souplesse, était aussi pesante que le corselet de fer. L’arbalète de guerre, la trousse garaie de ses carreaux, la longue épée, le pavois, tout l’ensemble de l'équipement ne pesaient pas mans de quarante kilogrammes. On chargeait surtout les arbalétriers de défendre les positions et de couvrir les retranchements. La portée du carreau était de cent mètres environ de plein foret et beaucoup plus longue avec un tir courbe. Pendant le moyen âge les arbalétriers éaënt pris dans la bourgeoisie des villes et formés en corporations. C’est sous François Ie qu'is äsparurent des armées de France; à la bataille de Marignan, deux cents arbalétriers à cheval de la garde du roi rendaient encore des services signalés.
N° 13. — Chevalier; même époque.
Cet homme d’armes porte l’ensemble de l’armure de guerre désignée sous le nom de cite de fer. Après les tâtonnements, les essais des poitrines d'acier, dont les plaques posées pardessus le haubergeon couvraient seulement le milieu de la poitrine, entourant et protézesnt le buste à partir du creux de l'estomac, la cuirasse, dont la forme était oubliée, et que lon eut
beaucoup de peine à reprendre, réapparut vers l’an 1400. Elle se composait de deux plastrons, un pour le dos, un pour la poitrine, descendant tous deux jusqu’à la taille. A cette hauteur, était attaché un court jupon de mailles, recouvert de lames articulées, désignées sous le nom de faldes ou fauldes.
Notre chevalier à pour coiffure une salade avec visière; plus tard, on ajoutera à ce casque une garde pour le menton, et l’armet sera constitué : c’est-à-dire la meilleure défense de tête qui ait été mise en pratique. Des épaulières, coudières, brassards, gantelets, cuissards, genouillères et grèves nous n’avons rien à dire ici, pas plus que de la longue épée, de la dague et du faucre. À propos de la targe, en bois peint et argenté, aux armoiries de la Hire, portée par cet homme d'armes, on doit faire observer que, lorsque la carapace de métal fut complète, l’écu fut réputé inutile, et cette pièce de défense disparut de l'équipement de guerre ; elle ne servit plus que dans les tournois. Quant aux poulaines des solerets, que la mode maintenait malgré leur incommodité, il arriva plus d’une fois à ceux qui en portaient de les couper au moment de combattre. Le n° 2 est l’étrier de l’époque. Le marteau d'armes (figure isolée, n° 9) est armé d’un côté d’un long bec de corbin, de l’autre, de deux dents plates et carrées. Les seigneurs et les capitaines décoraient leurs bacinets de panaches ou de houppes de passementerie posées à la pointe, de cercles d’orfèvrerie, de couronnes faites en petites plumes couchées ou en étoffe de tripe. Les gens de pied ne portaient pas la cotte de fer.
Les n°° 2, 5, 6, 7, 8,9, 10, 11, 12 et 18 proviennent de la collection des costumes de guerre, organisée au Musée d'artillerie de Paris par son directeur M. le colonel Leclercq.
Les n°% 1, 3, 4, 14, 15, 16, 17 et 18 se trouvent dans le vestibule du palais du Prétoire, à Pistoie. Les parois et voûtes de cette pièce sont couvertes de bas-reliefs et de fresques héraldiques du quatorzième et du quinzième siècle, représentant les armoiries des anciens podestats,
Documents photographiques. — Dessins rapportés d'Italie. Voir pour le texte : iollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné du mobilier français ; armes de guerre
offensives et défensives. — X. Quicherat, Histoire du costume en France. — La Notice sur les costumes de guerre du Musée d'artillerie, publiée en 1876.
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