‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 62 sur 130 · DESCRIPTION DE LA PLANCHE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA PLANCHE

La grande chambre du premier étage, pièce sans

N° 1. — Fragment d’une maison riche, à trois étages. clôture ni vitrage, servait surtout pendant le jour, et

Portique à colonnes et arcades, voûté et disposé en

double galerie, cette construction, très régulière, est à la fois fine et solide, Elle supporte en partie le corps d'habitation, et pour le reste la Loggia, sans doute pavée de marbre comme le portique, on y remarque un cabinet de plein air, dont la couverture en claire voie garnie en tonnelle repose sur quatre colonnes, mode toujours très usité en Italie,

aux heures où le soleil ne permettait point la fréquentation de la terrasse découverte, Pour y être à l’abri des regards de la rue, on suspéndait des courtines à la rampe disposée en dehors ; de cette façon on y avait de l’airet de la tranquillité. Les chambres à coucher étaient closes et n'avaient point cette dimension,

N° 2, — Cet exemple, moins clair que ceux de Gozzoli, offre cet intérêt que le portique est préparé pour une grande réception, une riche tenture le garnit d’un côté, et on y trouve disposé une espèce d’autel sur un palier à la hauteur de trois marches ; c’est pour un sacrifice divin que ces préparatifs sont faits. Quant à la maison même, qui a deux étages, elle offre une succession de terrasses, — La loggia se montre ici avec sa galerie, une haute plantation végétale, audevant de laquelle se trouve un banc de maçonnerie, entouré de trois côtés et orné de vases de fleurs aux angles. La galerie de cette loggia est surmontée d’une terrasse de plain-pied avec le second étage, qui luimême se termine en plate-forme. L'amorce du velum que l’on voit à l'un des côtés du portique montre le moyen dont on usait pour empêcher le soleil d’échauffer trop cette salle, si largement ouverte, lorsqu’on s’y réunissait.

N°8.— Riche maison, dont le portique en retour d’angle faisait galerie sur deux côtés de l’habitation.

Les colonnes carrées sont ici des piliers. La voûte est un plafonnage en grands caissons. La Zoggia dont le parapet est richement orné a une galerie couverte par une toiture inclinée ; on voit ici les tapis dont on usait pour se mettre au balcon. Dans la peinture originale, le portique de cette maison sert à un festin de noces, qui a lieu au son des trompettes et avec tout l’apparat des treizième et quatorzième siècles, N° 4. — Cette petite maison carrée, en îlot comme disaient les Romains, n’a qu’un rez-de-chaussée pour l'habitation, et une terrasse, couverte pour la plus grande partie par une galerie en retour d'angle, Le portique en arcades s'appuyant sur des piliers en pilastres est d’un beau caractère ; on y voit un lit que, sans doute, on n’y disposait que pour les jours de certaines cérémonies ; on trouve encore ici le tapis du balcon, et la plate-forme pour toiture, du genre de ces couronnements dits à l’italienne, que l’on devait tant imiter sous d’autres cieux.

N°5, — Maison à deux étages ; portique large et long, clos d’un bout comme notre n° 1, mais plafonné et non voûté. La loggia est ici entièrement couverte, c'est une galerie et non une terrasse de plein air.

L'habitation se termine par le toit à double pente, formant pignon.

N° 6. — Cette maison est d’un caractère plus modeste

que les autres ; elle n’a point de portique, mais une espèce de salle commune pour entrée, n'ayant d’autre porte qu’un rideau, Les fenêtres du premier étage sont grillées ; au second étage et tenant lieu de la loggia, on voit une pièce haute, formant une galerie à colonnes, où l’on pouvait respirer à l’ombre l’air libre ; une femme y est au balcon sur son tapis ; le petit bâtiment latéral paraît être la cage de l'escalier qui aurait pris naissance dans la salle d'entrée, mais sans en réduire les proportions, et sans permettre aussi un trop facile accès dans les chambres d'habitation,

N° 7, — Riche portique à arcades et à colonnes, sur-

monté de deux étages de longues galeries ouvertes et tenant lieu de la loggia. — Ce portique orné de guirlandes de verdure est disposé pour une fête, et même pour une cérémonie religieuse, car les rideaux drapés ne parent point une porte, mais un sanctuaire. Le caractère privé de cet édifice est peu accusé; ila plutôt l'air d’un bâtiment public,

N° 8. — Ce charmant portique, que l’on croirait ins-

piré par les sveltes architectures des peintures murales de Pompéi, devait être en double sur la surface de la maison; c’est-à-dire qu'on en trouvait un de chaque côté, en laissant le milieu dégagé pour l’entrée des chevaux, des voitures. La loggia n’est encore ici qu'une galerie couverte ; on voit les fenêtres vitrées s’ouvrant au dehors en deux battants au-dessous d'une partie dormante, ou bien ouvertes en un seul châssis se détachant de la partie dormante et s’avançant en marquise.

Notre dernieret charmant portique, que nous avons dépeuplé comme les autres, est celui-là même où Grozzoli à représenté l'ivresse de Noé, et où se trouve la célèbre figure de la femme se couvrant la face avec la main, en ayant soin d'entr'ouvrir les doigts, alors que Sem en est encore à se dévêtir pour couvrir son père. Cette affectation, si heureusement mise en scène par le maître, fit créer en Toscane un proverbe que l’on employait pour désigner la fausse honte ; & come la vergognosa di Campo-Santo, » disait-on,

Ces fragments ‘sont tirés des Peintures à fresques du Campo-Santo de Pise, dessinées par Guiseppe Rossi; recueil publié à Florence, en 1832,

Voir, pour le texte : Ferrario, l'Italie. — Batissier, Histoire de l’art monumental. — J, M, Daussy, Histoire des beaux-arts ou les grands hommes de l'Italie, Paris, 1849. — I], H, Taine, Voyage en Italie, Elorence et Ve-

nise , 1881, /lachette, édit,

ÉTALIE Ve SICCER

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